Farniente : La chanson parfaite que l’on écoute le dimanche matin en traînant dans le lit, pour une grasse matinée bien méritée (ou pas).
Tom Waits "Tango 'til they're sore"
Dimanche, jour de farniente annoncé. Tu te dis que ça va être tranquille, enfin le grand moment de repos, un disque coooool, couché dans les plumes et à toi la belle vie. Mais tout n'est pas si simple n'est-ce-pas ? Parce que bien sûr, les éléments sont contre toi. Tu connais ça, tu as déjà vécu cette scène.
D'abord le lit, là-bas au fond, qui n'en finit pas de changer de place. A la rigueur ça ne t'inquiète pas trop, tu te dis, en toute bonne foi, qu'en visant bien tu en fais ton affaire. Mais l'exercice se complique hein ? Tu sens là ? Et ouais, le sol bouge. Un pas en avant et tiens, tout à coup, ça monte. Ça va l'équilibre ? La tête qui tourne ?
Vas-y, fais le point. Concentre-toi. Peut-être en t'accordant sur les mouvements du sol ? Rester synchrone, bonne idée. Attends un peu, encore un peu, chope le rythme. Attends...attends...Là, ça y est tu l'as ? Essaie, allez essaie. C'est trop bête, t'avais pas envisagé que les murs étaient farceurs. Au moment où tu te lances le mur de gauche pivote et se retrouve devant toi.
Il vaut peut-être mieux faire une pause................................................ le temps.................................d'analyser...........................la situation.
C'est là que tu remarques ce bruit étrange. Ça vient d'où d'après toi ? On dirait...oui oui, on dirait que ça vient...oui c'est ça, ça vient...de l'intérieur de ta tête. Incroyable ! Un piano bastringue dans ta tête. Tu luttes contre les éléments déchaînés pendant qu'un piano bastringue ? Ça t'évoque vaguement quelque chose non ? Un truc déjà entendu hein, ou une sensation bien connue.
Bravo, tu évites habilement une porte qui essayait malicieusement de s'ouvrir face à toi. Tu as encore de bons réflexes dis-donc. Mais tu manques d'attention, pendant ce temps le décor a encore changé, te voilà le nez contre un mur. Dans un sursaut de lucidité tu te rends compte que tu n'auras pas le dessus. Alors tu préfères contourner l'obstacle. Puis tu cherches à nouveau le lit.
Pas facile avec cette voix qui déraille dans ton cerveau. Une voix qui parle de pipeline et de tango. Une voix longuement travaillée à la clope et au bourbon. Aïe ! Le mot bourbon déclenche un roulement de tambour intempestif. Ça tape dedans hein. Des coups de marteau ? Ou un claquement de talons cubains au plafond ? Vertige. Cette fois c'est toute la pièce qui a pivoté, tu sens ? Bin non, tu as perdu le sens de l'équilibre.
Ca bouge, tu bouges, la pièce bouge. Qu'est-ce que tu as fait ce soir déjà ? Les souvenirs s'estompent. Sous l'assaut d'une nouvelle secousse tu te raccroches au rebord de la fenêtre. Penché en avant tu regardes, incrédule, une pluie de confettis s'échapper de tes cheveux. Tu trouves ça joli, tu trouves ça cool, tu trouves ça dingue. Toutes ces pensées en même temps ? Mais voilà que...
Sous l'effet d'un miracle, d'un heureux hasard, d'une conjonction favorable des parois ou sous l'effet d'un super-pouvoir que tu ne soupçonnais pas, te voilà à portée de main du lit, but suprême de ce périple vertigineux. Il est là tout près, si près que tu peux presque le toucher. Tout près, regarde, un pas dans le vide, en visant bien. Quoi ? On n'entend pas ce que tu murmures. Ah si ça devient un peu plus clair. Tu le fredonnes même. C'est quoi un souhait ? Un ordre ? Une supplique ? C'est ça hein, une supplique. Send me off to bed forever more.
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Till
Chez toi, la grasse mat' devient la grasse aprèm'. Un concept en tout cas à creuser.
RépondreSupprimerJ'ai revu avant hier Down by law. Un grand plaisir de revoir ce grand monsier. Et recouter Mule Variation 2 fois de suite la semaine dernière aussi.
Bon lundi à toi.
Je te répondrais bien que c'était pour jouer à fond le thème, réveil tardif et tout, je poste en fin de journée. Mais j'y moi-même qu'à moitié.
SupprimerLa base ! (y)
RépondreSupprimerCette chanson a été écrite bourré,c'est pas possible autrement. Génialement bourré.
SupprimerToi aussi, qu'est-ce qui t'a pris de vouloir à tout prix rejoindre le lit ...
RépondreSupprimerOn m'a rapporté t'avoir vu danser la polka devant le cimetière, torché au bourbon et perché sur un canasson. C'est du propre.
Tu tiens la forme mec, continue !
Aïe, faut pas dire bourbon, y a les cubains qui frappent à nouveau.
SupprimerSacrée fête, j'ai même appris à marcher espagnol. Putain ça tape là, je me recouche.
Tom Waits, je connais mal. Pas toujours réussi à me faire à sa voix, mais ce disque, c'est bien le seul de lui qui m'a emporté, je l'aime beaucoup. Joli choix.
RépondreSupprimerTom Waits est LE plus grand. Certes, ils sont plusieurs dans ce cas-là mais quand même.
SupprimerPour chanter ainsi, le sieur Waits, a dû abuser de bonnes liqueurs ! C'est l'heure d'aller au lit, Tom… la preuve : je l'ai pas quitté de la journée !!! ;-)
RépondreSupprimerJoli coup, Tillou !!!
Et bonne semaine à venir !
Je crois que le décompte des bouteilles de Bourbon vidée par Tom a été interrompu il y a pas mal d'années. Personne n'avait les outils pour compte aussi loin.
SupprimerMerci merci. L'important ici c'est le vieux Tom. Celui-là traverse toutes les époques avec une classe folle sans rien perdre de son talent.
RépondreSupprimerGrâce à Tom Waits, je sais maintenant qu'un Tango en état d'ébrilété ressemble à du Jazz New Orlean ! Merveilleux en tous cas. Chez moi Tom Waits c'est ambiguë, certains morceaux je suis accroc, d'autres ça ne passe du tout ( je pense que c'est sa voix qui fait cette effet là, comme disait El Norton ). Celui-ci est du bon côté !
RépondreSupprimerMerci pour cette semaine et bonnes fêtes de fin d'année !
Ah l'effet que fait la voix ça se discute pas. Moi c'est un truc qui m'emporte, ce genre de voix raconte une histoire à elle seule, alors avec sa musique en plus tu imagines sans peine mon bonheur.
SupprimerUn dimanche de ienche, la tronche cabot sous la flotte..des remugles du cabaret de la veille la plèvre enfumée. Tom Waits et le dimanche, une évidence.
RépondreSupprimerEt dire que je ne voyais que par Asylum...y'a pas 2 ou 3 ans, j'ai plongé dans cette trilogie 80's rejetée à l'époque.. Dog, Trombone, Frank.. Il n'y a plus aucune zone d'ombre avec lui.
Ah mon pôv Charlu, comment tu as pu vivre 30 ans sans écouter ces 3 albums ? C'est pire que de la maltraitance à soi-même.
Supprimery'a pas d'âge pour rafistoler.. surtout qu'à l'époque, je n'aurais pas apprécier cette trilogie comme il se doit. Négligence.
SupprimerSo...t'as intérêt à rattraper le coup maintenant, y a interro bientôt.
SupprimerÇa fait du bien de voir que Tom Waits apparaît cette semaine...
RépondreSupprimerLe plus grand j'ai lu plus haut.
Je confirme cet avis totalement subjectif que je partage subjectivement en toute subjectivité.
Et c'est important la subjectivité, ça permet d'avoir raison et de savoir pourquoi.
Supprimerdeux jours pour se remettre de ce dimanche, je m'osmose de ton texte, même si l'agitation était plus sobre, petit souvenir de ce grand jeu ou un thème "hangover song" proposé par Charlu nous vait bien agité le texte à l'image du tien. Sourire et nouveaux bons souvenirs.
RépondreSupprimerJ'espère que ton blog ne retourne pas en grand sommeil , ce serai dommage pour nous.
Entre nous j'espère aussi. C'est déjà une bonne surprise pour moi d'avoir pu assurer ce jeu 7 jours d'affilée. Je vais essayer de retrouver un rythme de croisière.
SupprimerMerci de ta fidélité.