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jeudi 20 mars 2014

Grand Jeu 8 - Thème 6 - Kid Congo And The Pink Monkeybirds - Philosophy And Underwear (2006] / Louis XIV - The Best Little Secrets Are Kept [2006]


GRAND JEU DES BLOGUEURS MANGEURS DE DISQUES - HUITIÈME EDITION
"IT'S JUST A REFLEKTOR."
Deux pochettes d'albums qui se ressemblent comme deux gouttes d'eau. Coïncidence?...

Kid Congo and The Pink Monkeybirds - Philosophy And Underwear
 
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Louis XIV - The Best Little Secrets Are Kept





Episode 6.

Où il est encore question de philosophie mais aussi de sous-vêtements, de petits secrets, de jouer à pile ou face, d'aspirateur et de geek.

L'acte d'écrire constitue d'un point de vue strictement neurologique - et là je m'exprime sous le contrôle de sa Sainteté BHL 1er, Grand Intendant de la Pensée Humaine - un enchaînement d'informations du type  pensée /commandes / action que l'on peut parfaitement synthétiser sous la forme de cet algorithme audacieux : synapse --> influx nerveux --> main --> stylo --> papier. Il est primordial que la simplicité biblique de cette formule n'occulte pas les facteurs essentiels au bon déroulement de l'opération. Que l'une de ces données nodales interactives manque à l'appel et on risque les échecs à la pelle. Avec pour résultat malencontreux, une liste de courses incomplète ou un pense-bête irrémédiablement classé dans les archives d'Al Zheimer. Qu'est-ce que je disais moi ? Ah oui. Vous avez déjà connu, je le sais, ce besoin urgent de noter un truc, une idée, une pensée. La marque de votre futur aspirateur cyclonique à double polarité inversée, le prix de la paire de moon-boots en crocodile de Norvège que vous venez de repérer dans la boutique du chausseur-poissonnier de la rue du Mulet, la référence du nouveau méga-linker firewire compatible IEEE 1394 version 5 qui fera de vous l'éleveur d'ordinateurs de combat le plus geek du quartier, et Dieu sait que la lutte est rude. C'est à ce moment précis que le bout de papier salvateur arrive au bout du rouleau. Et vous-même êtes à bout. Personne n'entend vos cris désespérés à travers la porte verrouillée et, de toute façon, vous vous rappelez que le stock est épuisé.  Vous êtes tout près de céder au désespoir, l'angoisse vous étreint et déjà vos sens vous jouent des tours. Vos actes deviennent irraisonnés, vos gestes ont cette allure empruntée qui doit autant à la panique qu'à la chemise qui vous serre aux épaules parce que vous l'avez achetée deux tailles en dessous de la votre pour vous la péter un peu devant les copains copines. "Ouais, euh moiiiiii je porte du 36 tu voiiiiiiis". Rassurez-vous, la panique a sa part de malignité dans cette histoire, elle qui vous empêche de fouiller frénétiquement le fond de vos poches à la recherche d'un hypothétique mouchoir en papier usagé. Et quand bien même l'auriez-vous trouvé ce mouchoir que vous vous seriez aperçu qu'il ne servait à rien sans le stylo que vous avez oublié de remettre dans la poche intérieure droite ce matin après avoir changé de veste / manteau / imper. Notez que, pour le stylo oublié, un sac à main fera aussi bien l'affaire. Alors quoi ? C'est comme ça que ça se termine ? On oublie le truc et fini votre glorieux avenir de geek passant l'aspirateur en moon-boots ? La vie est donc si cruelle ? Non. La panne de papier peut toucher n'importe qui, à n'importe quel moment. La panne de papier est un fléau universel qui frappe les individus sans distinction de sexe, d'âge, de race ou de numéro de Sécurité Sociale. Mais il existe aujourd'hui des solutions pour remédier à la panne de papier. Des solutions qui ont fait leurs preuves, des techniques abouties, éprouvées, imparables. Et finalement si simples qu'il suffisait d'y penser. Qui n'a pas eu, dans ces moments de grande souffrance intellectuelle, où les éléments déchaînés vous empêchent cruellement de poser noir sur blanc ces quelques mots si précieux pour la réalisation d'un avenir meilleur, qui n'a pas eu à ses côtés, un ami torse nu sous un blouson de cuir de marque inconnue ? Qui n'a pas eu à ses côtés une amie nue face un mur recouvert de carreaux de faïence blanche probablement d'origine portugaise, la faïence hein, pas l'amie ? Alors qui ? Et vous vous dites, ébahi(e)s par cette idée grandiose : "Pourquoi n'y ai-je pas pensé moi-même ?" Oui pourquoi ? C'est simple, la panique, la chemise trop serrée et vous perdez vos moyens au point de ne pas percevoir l'évidence de la solution. Et imaginez que cette technique, ô combien merveilleuse, fonctionne même pour réaliser des pochettes de disques. Il suffisait d'y penser.

Deux pochettes qui se ressemblent comme deux gouttes d'eau...

Pas tout à fait mais vous étiez à deux doigts d'y croire. Côté face, un torse viril mais glabre, qui évoque aussi bien Jim Morrison qui n'oserait plus montrer le bout de son nez que le culturiste du club de gym voisin au début de son traitement à la créatine. Côté pile un dos féminin mais glabre, qui évoque essentiellement un dos féminin. Et glabre. Mais qu'est-ce qui peut bien unir ces deux pochettes ? Peut-être une idée très claire de ce qu'on peut faire avec une guitare, une basse, une batterie et un micro. Un talent certain pour transformer cette idée en morceaux de rock à fleur de peau. Et un budget vêtement limité, tout le monde ne s'appelle pas U2.

Coïncidence ?

Côté face : Kid Congo Powers, prince des dandies guitaristes, au CV long comme une nuit sans coke, à la classe folle qui n'a d'égale que sa moustache extravagante, à l'humour pince-sans-rire, aux fréquentations lumineuses, au style fidèle à une certaine idée du rock'n'roll.

Côté pile : Louis XIV, roi du Soleil californien bien que formé à Paris, au CV maigre comme le chat de Blixa Bargeld, à l'avenir prometteur si Pierre et le Loup ne les mangent pas, aux fréquentations pas dégueus, aux goûts musicaux exquis, au style qui rappelle une certaine idée du rock'n'roll.

Deux disques qui sont parus la même année et ça c'est sûrement une coïncidence.
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Kid Congo And The Pink Monkeybirds - Philosophy And Underwear [2006]

01. The History of French Cuisine
02. Black Bag
03. Johnny
04. Richard Three
05. La Historia De Un Amour
06. Why Hurt Flesh
07. Even Though You Leather is Cliche
08. The Weather The War
09. House of Cards
10. The Last Word
11. And The Evening Sun Turned Crimson
12. Black Bag/Epilogue

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Louis XIV - The Best Little Secrets Are Kept [2006]

01 Louis XIV
02 Finding Out True Love Is Blind
03 Paper Doll
04 God Killed the Queen
05 A Letter to Dominique
06 Illegal Tender
07 Pledge of Allegiance
08 Hey Teacher
09 All the Little Pieces
10 Ball of Twine




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Till

mardi 18 mars 2014

Grand Jeu 8 - Thème 5 - The Heartaches - Too Cool For School [2006]

 GRAND JEU DES BLOGUEURS MANGEURS DE DISQUES - HUITIÈME EDITION
THEME N° 5 - "LET'S GET IT ON !"
Le disque qui vous donne envie de jouer des hanches... et pas pour danser...

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Abrégé de Sciences Naturelles - Classe laborieuse

L'évolution des Espèces expliquée aux plus démunis.

Tout le monde le sait, au début il y avait les dinosaures. Enfin, pour être précis, au début il n'y avait rien mais juste après il y a eu les dinosaures. Ils étaient lourds, ils étaient lents, ils étaient mous et esthétiquement, pas franchement réussis, même aux yeux de Gilbert Montagné. Pour tout dire c'était chiant à mourir et d'ailleurs on mourait jeune. Tout le monde s'emmerdait ferme. Les soirées étaient tristes, les radios n'avaient pas encore inventé le are and bee, on entendait que des mugissements lamentables et l'herbe ne leur servait qu'à se nourrir.  Et on voudrait me faire croire qu'il y a un créateur derrière tout ça ?

Heureusement, un samedi soir, le Diable inventa le rock'n'roll et tout devint plus gai. Les soirées s'animèrent, la consommation de drogue prit les bons rails et on put enfin pratiquer le sexe dans les endroits les plus appropriés, parcs publics, concerts, banquette arrière des voitures. Ou les trois réunis pour ceux qui fréquentèrent Woodstock.

Les derniers dinosaures disparurent piteusement, étouffés par leur énième triple album live et on vit alors apparaître des espèces nouvelles auxquelles les scientifiques donnèrent les noms les plus étranges : des iguanes, des T-Rex, des Troggs envahissaient les studios et les salles de concert. Les plus grands spécialistes scientifiques, musicologues, rock-criticologues, se lancèrent dans l'étude de ces animaux étranges et ne tardèrent pas à découvrir qu'à la suite d'évolutions et de mutations diverses, ces espèces avaient rapidement disparu pour laisser la place à de nouvelles.

C'est ainsi que l'on découvrit un jour les Ramones, le Clash et encore beaucoup d'autres dont la filiation directe avec les précédentes espèces ne laissait dans la communauté scientifique aucune place au doute. Même chez Descartes, c'est dire. Sex, drugs, rock'n'roll, la Sainte Trinité avait enfin éclairé l'humanité de sa lumière céleste pour les siècles des siècles.

Or, ceci se passait il y a très très longtemps, à une époque que les historiens appellent le punkernaire, et que l'on peut situer aux environs de 20 ans avant Britney Spears. Imaginez qu'en ces temps reculés, les gens ne connaissaient pas internet, n'avaient ni téléphones portables ni twitter. Même pas Facebook. Ce qui ne les empêchait pas de se retrouver régulièrement pour communier au cours de concerts, de gigs, de sets,  en partageant la bière sacrée et en s'adonnant à leur danse rituelle : le pogo.

L'histoire était en marche, et avec elle, l'évolution qui ne lachait pas l'affaire, quitte à transformer Billy Idol en marchand de soupe peroxydé. Les générations spontanées succédèrent à Generation X et c'est à la suite d'une évolution, à faire pâlir les Darwiniens les plus convaincus, qu'un beau jour, ou peut-être une nuit, près d'un lac où je m'étais endormi, naquirent The Heartaches.

Sans empiéter sur le domaine de la génétique, qui fera l'objet d'un autre cours, on peut tout de même noter que le groupe se compose de cinq membres, ce qui constitue une anomalie génétique par rapport à la portée classique de cette espèce. En effet, celle-ci se caractérise généralement par des portées de quatre, les portées de cinq présentant souvent un individu déviant qui a la fâcheuse idée de jouer du synthé. Encore plus rarement on trouve des portées de trois, une sous-classe nommée power trio, mais là n'est pas l'objet de cette étude. The Heartaches sont cinq mais chez eux pas de déformation due au chromosome du synthétiseur. Ils sont cinq, c'est tout. Mais laissons-là la génétique, qui n'est finalement que l'acte sexuel agrandi au microscope électronique à balayage, le film de cul pour mal-voyants chez qui né cécité fait loi . Et concentrons-nous sur le fondement de ces cinq individus dont les peines de cœur font mal au cul.

Philosophiquement, la filiation ne fait pas l'ombre d'un doute. Je vous laisse le soin d'analyser le document d'étude, fourni en annexe, pour vous en convaincre. Les préoccupations sont, encore et toujours, centrées autour de la reproduction et de la survie de l'espèce. Je vous rappelle au passage les mots inoubliables de ce grand scientifique qu'est Ted Nugent dans son ouvrage live : survival of the fittest. Quant au disque de The Heartaches, Charles Darwin m'en a dit le plus grand bien, lui qui faillit un jour renoncer à sa théorie après avoir écouté un disque de prog. Les dinosaures étaient, par nature, appelés à disparaitre.  Les espèces les mieux adaptées pour survivre, avaient intégré les éléments naturels indispensables à la vie : sex, drugs and rock'n'roll.













01 King Kong Party
02 Dance City
03 Kamikaze Love
04 Prisoner Of Love
05 T.C.F.S.
06 Rock N Roll UFO
07 Deliver My Heart
08 Teenage Love Affair
09 Built For Speed
10 Outta My Head
11 Teenage Hypochondriac
12 Arrows
13 Seven & Seven Is
14 Zooed Out
15 Time


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Till

vendredi 24 janvier 2014

Mark Mulcahy - Dear Mark J. Mulcahy, I Love You [2013]


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Une enquête de Glen S. Baster

Juste un petit mot plié dans une enveloppe. Manifestement mon correspondant anonyme tenait à le rester. Étonnant : le type ne voulait pas me voir, pourtant, plutôt que de poster sa lettre, il l'avait glissé sous ma porte. Avec l'adresse sur l'enveloppe : Glen S. Baster, n°2 au fond de l'impasse. L'impasse j'y étais bel et bien et je risquais de ne pas en sortir de sitôt si je n'arrivais pas à donner du sens à ce message.

Bonjour.
C'est un ami qui m'envoie. Alors comme ça il paraît que t'es le meilleur en ville ?
Ca tombe bien, j'ai une mission pour toi, je te préviens c'est pas facile mais la récompense sera à la hauteur de l'enjeu. Voilà, je cherche un bon disque de Sting.
Je sais, tous tes collègues me l'ont dit, ce truc-là personne ne l'a encore jamais croisé mais si t'es vraiment le meilleur c'est le moment de le prouver. Une pleine caisse de Fanta orange pour toi en cas de réussite, ça ne se refuse pas hein ?
Je t'attendrai à l'angle de la 53eme et de la 3eme.
EWG

Un message dans une bouteille ne m'aurait pas rendu plus perplexe. Le ton familier, franchement narquois, le type me provoquait. Dans quel but ? Quelqu'un à qui une de mes enquêtes aurait causé du tort ? Une vengeance alors? Parfois dans le métier de privé il y a des dommages collatéraux, on ne peut pas faire gaffe à tout. Et puis ce rencard étraaaaaaange. La référence aux Ramones ne pouvait pas être un hasard. Bref, tout ça sentait l'arnaque à plein nez et là, même mon flair bidon ne pouvait me tromper.

Clic. Lux interior. Ma petite lumière intérieure venait de s'allumer à la lecture de la signature. Je n'arrivais  pas à toucher le truc, pourtant c'était là, tout près. Concentre-toi. Tu as déjà vu cette signature ?  Concentre-toi mieux. Qui est-ce ? D'où la connais-tu ?

Je repoussai ces réflexions à plus tard, j'avais besoin de m'oxygéner. J'avais besoin de rafraichir mes neurones. J'avais besoin d'air. RES - PI - RER. Ouvre la fenêtre mec et sens les fleurs de pêcher, les lys tigrés et les soucis. Quand j'ai refermé la fenêtre ma décision était prise. Mon client jouait la provoc. Mon client prétendait me faire trouver un bon disque de Sting. Mon client se foutait de ma gueule. Je décidai de mettre la Police dans le coup. J'avais gardé quelques bons contacts chez les cops. New-York City Cops...Toujours utile. Quelques coups de fils rapides et j'allais fouiller dans le stock de disques.

53rd & 3rd, debout dans la rue. Pile à l'heure. Je savais à quoi m'attendre. J'attendais à l'angle, mon single sous le bras. Fallout forcément. Pas besoin de vérifier, je sentais mes potes de la Police tout près. D'un bar voisin on entendait siruper une chanson parlant de Russes qui aimaient leurs enfants. Au carrefour de la 53ème et de la 3ème pas de EWG. Pas de surprise. 53rd & 3rd, tu es celui qu'ils ne chopent jamais hein ? Je savais à quoi m'attendre. Mon type ne m'avait pas cru capable de répondre à sa provoc. Il m'avait guetté au coin de la rue.  Il m'avait aperçu avec mon disque. Il avait filé. Comme une anguille.

Après quelques bières avec mes amis flics je rentrai au bureau. Pas de récompense, pas cette fois. Heureusement j'avais évité un piège grossier tendu par un escroc sans vergogne. La petite lumière intérieure continuait de s'allumer en mode Alerte. Mon sixième sens me disait que je n'étais pas au bout de mes surprises. Bingo ! En ouvrant la porte, un nouveau mot glissé dessous. Même papier, même enveloppe. Avant de l'ouvrir je décidai de me servir un verre de Lagavulin. Souvenir de Mr. X et de son disque de Dee Dee Ramone.

Calé dans ma chaise, les pieds sur le bureau. Phil Marlowe des temps modernes. Nestor Burma de la loooooose. Je déchirai délicatement l'enveloppe et j'étalai la lettre devant moi. Quelques mots tapés à la machine. Alors EWG, plus le cran d'écrire tes courriers à la main ? Si j'aimais les messages mystérieux, là j'étais gâté. Quelques mots tapés à la machine :  
Dear Mark J. Mulcahy, I love you.

La soirée promettait d'être longue. Mon Lagavulin 16 ans d'âge n'allait pas suffire.

01 I Taketh Away
02 Everybody Hustles Leo
03 She Makes the World Turn Backwards
04 Let the Fireflies Fly Away
05 He's a Magnet
06 My Rose Coloured Friend
07 Bailing out on Everything Again
08 Badly Madly
09 Poison Candy Heart
10 The Rabbit
11 Where's the Indifference Now?




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Till

lundi 18 novembre 2013

Grand Jeu 7 - Thème 1 - Kid Congo And The Pink Monkey Birds - Gorilla Rose [2010]


 GRAND JEU DES BLOGUEURS MANGEURS DE DISQUES - SEPTIÈME EDITION
THEME N°1 - THE WEAR DON'T MAKE THE MONK !
Pochette hideuse mais disque génial.


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UN BON CV C'EST IMPORTANT

Tout le monde le sait, un bon CV c'est le passeport pour la réussite. Ha, ha, ha. Bien sûr dans votre CV vous ne manquerez pas de parler de vos hobbies, passions, passe-temps, distractions, activités en tout genre, ça donnera de vous l'image d'une personne ouverte, sociable, aimant partager, propre à évoluer au sein d'un groupe. Par exemple si vous jouez de la guitare, parlez-en. Mettez en avant votre côté à la fois artiste et technicien. Vous composez et écrivez des chansons ? Encore mieux, parlez de votre talent, parler de votre créativité, parlez de votre imagination. Fascinez les recruteurs avec vos compositions.

Attention toutefois à bien cibler votre public. Si vous êtes guitariste au sein d'un groupe de rock votre profil pourrait ne pas intéresser tous les recruteurs. Il est possible que ça ne vous aide pas à postuler pour la fonction de Directeur de la polyclinique Tamère à Pouale-sur-Le Naîthe. Il n'est pas certain que ça vous permette de décrocher l'emploi dont vous rêvez depuis votre enfance, à la direction du contrôle de la qualité de la chaîne de fabrication des boulons en acier doux destinés à la fixation des roulettes de bacs poubelles spécialisés dans le tri des déchets recyclables à l'exception du verre qui doit être déposé dans les conteneurs dédiés qu'on trouve au coin de la rue, à 50 mètres à droite en sortant. Je ne jurerais pas non plus que votre talent de guitariste rock facilite votre recrutement de responsable du développement du nouvel imachin de la marque Big (Brother) Apple. Donc ciblez votre public.

Mais quels que soient vos hobbies, passions, passe-temps, distractions, activités en tout genres, ils ne sont rien sans une expérience solide. Les diplômes c'est bien, mais soyons clairs, les diplômes on s'en fout un peu. Alors que l'expérience, ah l'expérience...C'est d'ailleurs le conseil que je donne régulièrement à ces jeunes diplômés qui, à 22 ans, tout frais bardés de diplômes rutilants, viennent postuler à un emploi : "Qu'espérez-vous faire sans expérience ? Commencez par travailler dix ans et quand vous aurez acquis ces dix d'expérience alors vous pourrez sereinement chercher du travail."

Donc votre expérience. C'est la clef de votre CV, mettez-la en avant, embellissez sans mentir, forcez le trait sans exagérer. N'hésitez pas à vanter même la plus petite, la plus insignifiante, elle fera peut-être pencher la balance en votre faveur. En un mot, vendez-vous. Par exemple, et pour reprendre l'illustration du guitariste,  supposons que vous soyez un membre fondateur du Gun Club, que vous ayez commencé l'aventure du groupe en 1979 aux côtés de Jeffrey Lee Pierce, que vous ayez joué en première partie de X ou des Blasters. Parlez-en c'est important.

Imaginons que vous ayez quitté le Gun Club en 1980 pour rejoindre les Cramps, que vous ayez côtoyé Lux Interior et Poison Ivy pendant 3 ans, que vous ayez participé à l'enregistrement de l'album Psychedelic Jungle. Parlez-en c'est nécessaire.

Imaginons toujours, que vous ayez quitté les Cramps en 1983 pour réintégrer le Gun Club jusqu'en 1988, que vous ayez enregistré avec le groupe des albums aussi importants que The Las Vegas Story et Mother Juno. Parlez-en c'est indispensable.

Supposons encore qu'en quittant le Gun Club en 1988 vous ayez rejoint les Bad Seeds de Nick Cave, qu'avec eux, avec lui, vous ayez enregistré les albums Tender Prey et The Good Son, joué à Berlin puis à São Paulo, sillonné les scènes du monde entier. Parlez-en c'est primordial.

Supposons toujours qu'après les Bad Seeds vous ayez préféré prêter vos talents de guitariste à des groupes moins connus comme Die Haut, The Divine Horsemen, The Angels Of Light, que ayez ensuite joué en duo avec Sally Novell. Parlez-en, ça peut compter aussi.

Imaginons enfin qu'après vingt ans de travail en groupe, vingt ans de collaborations, vingt ans au service d'un collectif, vous ayez décidé de monter votre propre entreprise. Tout le monde sait qu'il est difficile de trouver le nom de sa société, le nom qui sonne bien, le nom qu'on retient, le nom qui situe tout de suite votre activité. Alors Kid Congo And The Pink Monkey Birds, pourquoi pas ? Ça ou autre chose après tout. L'important c'est surtout ce que votre entreprise propose comme produit, la qualité de votre travail, la créativité, l'innovation.

Mais que vous soyez Directeur de clinique, responsable qualité des boulons, développeur de itrucs en toc ou rock star, gardez en permanence à l'esprit une chose importante : votre CV est la première image qu'un recruteur a de vous. Alors soignez sa présentation, ordonnez-le clairement, hiérarchisez les informations, rendez-le attractif, agréable à lire. Tenez, pour reprendre l'exemple du guitariste : imaginons encore que vous sortiez en 2010 un album qui reçoit les faveurs de la critique, le contenu est bon, percutant, décalé, plein d'humour. Mais comment peut-on publier un aussi bon disque dans une pochette aussi hideuse ?


01. Bo Bo Boogaloo
02. Goldin Browne
03. Bunker Mentality
04. At the Ruin of Others
05. Bubble Trouble
06. Catsuit Fruit
07. Our Other World
08. Hills of Pills
09. Flypaper
10. Injun War Crimes
11. Lord Bloodbathington
12. Lullaby in Paradise
13. Gorilla Rose



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 Till

samedi 25 mai 2013

John Cale - The Island Years [1996]

Histoire de complèter l'affaire de Jimmy Jimmereeno sur son Club chéri (Fear, premier album de la période Island de Cale), et de moi-même chez l'ami Jeepeedee (qui se fait définitivement trop rare), voici The Island Years soit trois excellentes galettes sorties entre 1974 et 1975 et réunies par leur label en 1996 soir une courte mais intense période de la carrière de Mr. Cale.
 

Outre des enregistrements et des publications rapprochées, signe de temps où tout allait plus vite dans le monde de la rock music, il y a un vrai sentiment d'urgence sur la triplette enregistrée par John Cale pour le label Island et réunie (avec quelques inédits pas inutiles) sur un double cd bien fichu mais, surtout !, gorgé d'excellentes performances par d'excellents musiciens pour un résultat, ô surprise !... Excellent !

Or donc, au lendemain d'un triomphant et précieux Paris 1919, œuvre à laquelle nul ne niera une "panthéonienne" destinée, le gallois change notablement de ton en plus de label revenant à des amours plus brutales et donc à un rock'n'roll brut de décoffrage (mais pas idiot pour autant (intello un jour, intello toujours !) preuve qu'on peut bander ses muscles, tendre sa voix sans tomber dans l'agression machiste d'un Ted Nugent pour ne citer qu'un bon gros bœuf étatsunien) tout en continuant d'assurer l'héritage de ses expérimentations plus pop. Précisons aussi que la crème collectée par Cale dans les différents line-up qui l'accompagnent (en vrac : Manzanera, Eno, Richard Thompson, Chris Spedding, Phil Collins (ne riez/fuyez pas !), etc.) n'est pas exactement un facteur handicapant de l'entreprise... Mais bon, c'est Cale à la barre, c'est lui le chef et ces années Island sont définitivement marquées du sceau de sa divine colère, juste colère, sa glaçante colère... sa Belle colère ! Mais pas que de la colère, Cale est trop malin pour ça.

Si on rentre dans le "gras de la bête" et en isole chacune des ses composants, on dira que Fear, premier paru en octobre 1974, est aussi le plus varié du lot, le moins lugubre aussi, et qu'on y croise moult créatures chatoyantes qui ont sans aucun doute beaucoup influencé ce qu'est Nick Cave aujourd'hui devenu (tous projets confondus). Et c'est un magnifique album avec, en tête de gondole, un Ship of Fools tout simplement bouleversant.
Cinq mois seulement plus tard (ha les cadences infernales des joyeuses seventies !), en mars 1975, parait Slow Dazzle suite logique mais plus "rockocentrée" de Fear qui gagne largement en efficacité ce qu'il cède en diversité. C'est encore un album intense avec un Cale "à vif". On en ressortira l'hommage à Brian Wilson, Mr. Wilson, la reprise hantée d'Elvis Presley, Heartbreak Hotel, et un bien senti Dirty Ass Rock 'N' Roll qui en remontre facilement à son copain Lou.
Last but not least, en novembre 1975, Helen of Troy, l'album d'avant la rupture, est aussi le plus cohérent, celui qui donne le plus l'impression d'écouter un groupe des trois, pas un hasard puisque c'est celui au line-up le plus constant. Et pas le moins réussi donc parce qu'on y trouve des pépites comme la chanson titre ou le croquignolet (I Keep a) Close Watch où Cale croone comme un vieux pro. C'est aussi tout en étant le moins agité, le plus théâtral de ces années Island comme en témoigne le quasi-progressif Engine... Et une réussite de plus !
On ajoutera que les trois fonctionnent très bien les uns à côtés des autres et constituent un tout intéressant sur une période où Cale, visiblement, a quelques visées commerciales qui ne seront, hélas, pas payées en retour malgré la qualité générale des prestations et des compositions. Peut-être cette pop rock certes abordable mais encore un peu trop cérébrale et parfois un peu trop acide laissa froid un public amateur récurrent de prêt-à-mâcher... Peut-être aussi qu'un Cale, qui n'est pas un grand chanteur ni n'a jamais prétendu l'être, à la voix si particulière, n'était pas taillé pour le costard...

Peut-être... Mais le petit drame de la période c'est qu'il faudra quelque années avant que Cale ne repasse par la case studio privant donc le monde, et les fulgurances de son début de catalogue solo, d'une suite immédiate. Il faudra ainsi attendre 1981, et le pas glop (mais pas honteux non plus) Honi Soit, pour retrouver du matériau original de Cale en solitaire... Le niveau s'améliorera heureusement dès l'année et la galette suivante avec le très bon, essentiel même !, et pourtant cruellement indisponible aujourd'hui Music for a New Society, mais c'est une autre histoire...

De l'objet proprement dit, outre quelques bonus tracks bienvenues, on appréciera de le voir doté d'une pochette classe et pas tapageuse, à l'image du ténébreux artiste qu'elle affiche. Il n'y a pas à dire, c'est du bon boulot où on regrettera simplement l'absence de paroles qui auraient joliment complémenté les notes de pochettes de Ben Edmonds (du magazine Rolling Stones US, qui s'y connait visiblement) et les quelques photos d'époque. Mais bon, c'est pour pinailler parce que, vraiment !, The Island Years offre une trop belle opportunité de découvrir John Cale dans une phase moins "commercialement faste" de sa carrière (c'est tout relatif, Cale n'ayant jamais été un gros vendeur) mais pas moins faste artistiquement comme ceux qui tenteront l'expérience s'en rendront joyeusement compte.

CD 1
- Fear (1974) & outtake

1. Fear Is a Man's Best Friend 3:52
2. Buffalo Ballet 3:28
3. Barracuda 3:46
4. Emily 4:21
5. Ship of Fools 4:36
6. Gun 8:04
7. The Man Who Couldn't Afford to Orgy 4:33
8. You Know More Than I Know 3:34
9. Momamma Scuba 4:23
10. Sylvia Said 4:07 (single B-side)
- Slow Dazzle (1975) & outtakes
11. All I Want Is You 2:55 (outtake)
12. Bamboo Floor 3:24 (outtake)
13. Mr. Wilson 3:15
14. Taking It All Away 2:56
15. Dirty-Ass Rock 'N' Roll 4:41
16. Darling I Need You 3:35
17. Rollaroll 3:57

CD2
1. Heartbreak Hotel 3:10
2. Ski Patrol 2:05
3. I'm Not the Loving Kind 3:07
4. Guts 3:26
5. The Jeweller 4:11
- Helen of Troy (1975) & outtakes
6. My Maria 3:48
7. Helen of Troy 4:18
8. China Sea 2:30
9. Engine 2:45
10. Save Us 2:20
11. Cable Hogue 3:30
12. (I Keep A) Close Watch 3:27
13. Pablo Picasso 3:20
14. Leaving It Up To You 4:33
15. Baby, What You Want Me to Do? 4:48
16. Sudden Death 4:36
17. You & Me 2:50 (outtake)
18. Coral Moon 2:14 (originally replaced Leaving It Up To You)
19. Mary Lou 2:46 (outtake)


- Line-up sur "Fear" (1974)
John Cale - bass guitar, guitar, keyboards, viola, lead vocals, production, writing, cover
Phil Manzanera - guitar, slide guitar on "Momamma Scuba", executive producer
Fred Smith - drums
Brian Eno - synthesizer, effects, executive producer
Archie Leggatt - bass
Michael Desmarais - drums on "Momamma Scuba"and "Fear"
Richard Thompson - slide guitar on "Momamma Scuba"
Bryn Haworth - slide guitar on "Momamma Scuba"
Brian Turrington - bass on "Momamma Scuba"
Irene Chanter - background vocals
Doreen Chanter - background vocals
Liza Strike - background vocals, girl's choir
Judy Nylon - lead vocals on "The Man Who Couldn't Afford to Orgy"



- Line-up sur "Slow Dazzle" (1975)
John Cale: piano, organ, clavinet, vocals, production, cover, writing
Gerry Conway: drums
Pat Donaldson: bass
Timi Donald: drums
Brian Eno: synthesizer
Phil Manzanera: guitar
Geoff Muldaur: harmony vocals on "Guts" and "Darling I Need You"
Chris Spedding: guitar
Chris Thomas: violin, electric piano



- Line-up sur "Helen of Troy" (1975)
John Cale - keyboards, guitar, vocals
Phil Collins - drums
Pat Donaldson - bass
Timi Donald - drums
Brian Eno - synthesizer
Chris Spedding - guitar
Robert Kirby - string & choir arrangement

lundi 20 mai 2013

Ceramic Dog - Your Turn [2013]

https://www33.zippyshare.com/v/BeTvRHb1/file.html

C'est Marc Ribot qui le dit, Ceramic Dog est son premier groupe de rock depuis le lycée. Diantre ! Forcément, avec Marc Ribot, qu'on situera comme excellent musicien de studio chez Bashung ou Tom Waits, pour ne citer qu'eux, ou comme crépitant guitariste surf & rock chez John Zorn ou encore comme artiste solo multiple capable de la plus grande ascèse comme du plus monumental bordel punk jazz, un groupe de rock ne peut pas être qu'une simplette entreprise à enchainer du couplet sur du refrain avec quelques bons riffs et un petit solo de temps en temps... Trop facile !

De fait, dans la lignée d'un premier album déjà très réussi (Party Intellectuals), Your Turn est, une fois de plus, une relecture inspirée et libre de l'idiome rock (au sens large) par un musicien qui s'amuse visiblement beaucoup avec ses deux excellents compagnons, le bassiste Shahzad Ismaily (Laurie Anderson, Will Oldham, Jolie Holland, Secret Chiefs 3) et le batteur Ches Smith (Xiu Xiu, Secret Chiefs 3, Trevor Dunn's Trio Convulsant). Relecture libre mais relativement plus traditionnelle, pour ne pas dire traditionaliste, qu'elle ne l'avait été dans l'opus originel qui, plus expérimental que ne l'est Your Turn n'en était, en toute logique, que plus difficile à appréhender. Illustrant cette nouvelle abordabilité, on y trouve ce qu'on pourrait assimiler à du Satriani "garage" sur l'instrumental Your Turn, simple tournerie où Ribot laisse libre court à sa transe guitaristique, un swinging blues fun et désarmant (The Kid Is Back), ou à une fusion rap'n'rock'n'fun à classer entre Fishbone et les Beastie Boys (We Are the Professionals), mais aussi à de jolies folies comme l'arabisant et rigolard Masters of the Internet, les uns aussi irrésistibles que les autres, ceci dit en passant parce que, fondamentalement, tout ceci n'est pas sérieux même si c'est fait sérieusement... du Rock, quoi ! Une musique où Gene Vincent voisine Devo, où les Ramones ont autant voie au chapitre que Faust, où Link Wray (qui n'est jamais bien loin) en remontre à Led Zeppelin !

Dire, cependant, que toutes traces de l'appartenance jazzistique et expérimentale de Ribot ont disparues serait une exagération. Quand sur Ritual Slaughter, il trippe dans des soli free évoquant autant John Cipollina qu'Ornette Coleman ou quand, sur The Prayer, d'intimiste à explosif, il met à l'amende toute une génération de shredders ET de droners qui s'en trouvent, pour le coup, sur le cul, ou quand, encore, il reprend, dissonances et virtuosité combinées, le Take 5 de Paul Desmond, il rappelle clairement d'où il vient, le bagage qu'il transporte, ses credentials... Mais sans intellectualiste aucun, jamais !, parce qu'il y a chez Ceramic Dog et son patron, chevillée au corps, une volonté de se faire plaisir en "lâchant les chevaux" (dans l'inspiration parce que l'album réserve quelques belles plages de repos pas très éloignées de son poteau Waits, bizarrerie incluse) qui fait un bien fou à entendre et prouve qu'on n'est pas blasé à presque 60 ans après plus de 25 ans de carrière... et quelle carrière !

Party Intellectuals avait été, en son temps, une excellente surprise qui, sans totalement nous chavirer, donnait des envies d'encore, laissait un gout de trop peu tant il semblait que la formation avait encore moult pistes à explorer. On n'était alors pas sûr que lendemain il y aurait ni qu'il serait du niveau d'un Your Turn où tout le potentiel entrevu se voit démultiplié, comme le plaisir de l'auditeur ! Ca n'en fait que plus espérer que Ceramic Dog fassent encore des petits parce que, mine de rien, on tient peut-être déjà l'album rock de l'année... tout simplement !


1. Lies My Body Told Me 5:30
2. Your Turn 3:59
3. Masters of the Internet 4:04
4. Ritual Slaughter 4:04
5. Avanti Popolo 0:57
6. Ain’t Gonna Let Them Turn Us Round 3:54
7. Bread and Roses 5:17
8. Prayer 5:39
9. Mr. Pants Goes to Hollywood 4:31
10. The Kid is Back! 3:06
11. Take 5 5:25
12. We are the Professionals 3:53
13. Special Snowflake 1:39


Ceramic Dog
- Marc Ribot: guitars, vocals, eb horn (3, 5, 11, 12), banjo (3),
trumpet (3, 12), melodica (5), bass (5)
- Ches Smith: drums, percussion, electronic, vocals, keys (13)
- Shahzad Ismally: bass, vocals, moog (5), keys (3, 13),
additional guitar (1), samples (3)
&
- Eszter Balint: vocals (1, 6, 10), melodica (9), organ (10), violin (13)
- Keetus Ciancia: samples (3, 7, 8, 12)
- Dan Willis: Oboe, zurna (3)
- Arto Lindsay: additional guitar (10)

jeudi 9 mai 2013

The Golden Palominos - The Golden Palominos [1983], Visions of Excess [1985]

Formé par le batteur et compositeur Anton Fier en 1981, The Golden Palominos est un groupe à géométrie variable avec Fier, le bassiste/producteur Bill Laswell et le guitariste Nicky Skopelitis comme seuls membres récurrents.
 

Premier opus du projet mené par Anton Fier et, rien qu'à voir la splendide collection d'allumés que comprend la formation, on se doute que, si on risque fort de ne pas s'y ennuyer, on sera aussi mis à rude épreuve, sur le gril... Ou pris dans un furieux torrent, dont on risque de ne pas sortir indemne, à l'image des canassons de la pochette.

Il faut dire qu'on ne rencontre pas si souvent une fusion aussi étrange que celle proposée par l'éponyme des Golden Palominos, une sorte de funk mutant, blanchi aussi, où les bruitages, déviances sonores, grooves décalés et autres évènement percussifs inattendus tiennent le haut du pavé. Pas exactement le genre de machin à confier à toutes les (sensibles) oreilles mais pas non plus une œuvre si avant-gardiste qu'on ne puisse la conseiller qu'à quelques happy-fews. D'une part, il y a le côté historique de voir tous ces extraordinaires musiciens réunis (dont John Zorn qui rendra l'appareil à Fier en l'invitant sur son Locus Solus la même année) mais aussi l'impact d'un style, d'un son qui fera florès quelques années plus tard (par exemple chez les Talking Heads), évidence impossible à nier à l'écoute de l'introductif Clean Plate.

Ne le nions pas, The Golden Palominos, l'album, reste avant tout une étrangeté qui ne plaira qu'à ceux qui apprécient la "musique qui cherche", se donne le droit à l'erreur aussi (toutes les pistes ne fonctionnent pas ici avec le même bonheur) parce qu'elle se sent investie d'une mission prospective ô combien louable débouchant, qui plus est, sur une dose de fun plus que conséquente et même décisive dans le plaisir pris par l'auditeur.

Il n'en faut pas plus pour décréter qu'on tient bien là une vraie belle réussite en plus d'une odyssée sonique hors du commun.


1. Clean Plate 6:30
2. Hot Seat 5:16
3. Under the Cap 5:36
4. Monday Night 6:31
5. Cookout 4:40
6. I.D. 6:48
7. Two Sided Fist 7:43


- Anton Fier: drums, Oberheim DMX, percussion, production, mixing
- John Zorn: alto saxophone, clarinet, game calls
- Fred Frith: guitar, violin
- Bill Laswell: bass guitar, production, mixing
- Arto Lindsay: vocals, guitar, additional production
&
- Thi-Linh Le: vocals on "Monday Night", design, photography
- Mark E. Miller: vocals on "Hot Seat", turntables on "Hot Seat" and "Monday Night"
- David Moss: percussion on "Clean Plate", "Under the Cap" and "Two Sided Fist"
- Nicky Skopelitis: guitar on "Monday Night" and "I.D."
- Jamaaladeen Tacuma: Steinberger bass guitar on "Clean Plate" and "Two Sided Fist"
- Roger Trilling: tape on "Cookout"
- Michael Beinhorn: drums and Oberheim DMX on "Hot Seat", piano on "Cookout"



The Golden Palominos c'est, premièrement et avant tout, Anton Fier, batteur de son état et capitaine du navire ce que prouve clairement ce second opus au line-up ô combien différent de l'inaugural éponyme avec, cette fois, une sélection de musiciens/invités nettement moins versés dans la Downtown scene de la Big Apple et nettement plus vers un mainstream rock de qualité... Enfin, le line-up parce que, musicalement, si l'aspect bruitistes et les glissements avant-gardistes ont été largement revus à la baisse, le ton n'est tout de même pas à la facilité et au FM-compatible.

Concrètement, si on reconnait, via les éléments rythmiques et l'approche sonique des GP originels restants, de notables différences se font jour et les invités de l'occasion ne sont pas tout à fait innocents quand à ce renversement de tendance avec, en tête, un Michael Stipe de R.E.M. qui, présent sur les trois titres d'ouverture de Visions of Excess, donne le ton de l'ensemble. De fait, le format chanson, totalement absent des précédents ébats du collectif, est ici au centre des débats. Ca n'empêche évidemment pas quelques musiciens d'exception de faire montre de leurs sens artistiques et leurs capacités instrumentales au dessus de la moyenne. On citera notamment Bill Laswell, master bassiste, et Nicky Skopelitis, guitariste exubérant s'il en fut, ici particulièrement à leur aise et mis en valeur.

Si on peut regretter la relative facilité de l'ensemble, dans lequel à un avant-gardisme funkoide de bon aloi s'est substitué un côté presque stadium rock, on est obligé de louer l'efficacité et la réussite générales. Ca donne, forcément, une œuvre plus classique, moins aventureuse mais aussi un album dans lequel on reviendra plus volontiers picorer tel ou tel titre particulièrement marquant (les trois de Stipe en sont !), et, en définitive, une réussite encore plus totale.


1. Boy (Go) 5:30
2. Clustering Train 6:07
3. Omaha 3:11
4. The Animal Speaks 4:07
5. Silver Bullet 5:09
6. (Kind of) True 4:47
7. Buenos Aires 3:48
8. Only One Party 4:30


- Anton Fier: drums, DMX, percussion
- Bill Laswell: bass guitar
- Jody Harris: guitars, slide guitar
- Richard Thompson: guitars
- Mike Hampton: guitar
- Henry Kaiser: guitars
- Nicky Skopelitis: guitars
- Arto Lindsay: guitar, vocals
- Chris Stamey: guitar, piano, vocals
- Bernie Worrell: Hammond organ
- Carla Bley: Hammond organ
- Syd Straw: vocals
- Michael Stipe: vocals
- Jack Bruce: vocals, harp
- John Lydon: vocals