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mercredi 28 décembre 2016
[VA] - Have A Rotten Christmas [vol. II] [1984]
[céhoel, céhoel, céhoel]
- Salut p'tit. T'en fais une sale tête. Ca a pas l'air d'aller fort hein ?
- Non m'sieur.
- Hum, je vois. Céhoel. Je comprends ce que tu ressens p'tit. Sale période hein.
- Oui m'sieur, sale période.
- Je comprends que t'aimes pas ça. Tu as peur, c'est ça ?
- ...
[céhoel, céhoel, céhoel]
- Des mauvais souvenirs ?
- Oui m'sieur.
- Vas-y, raconte, ça te fera du bien d'en parler.
- Bin, c'était...c'était l'année dernière.
- Ouais...
- Ils ont...ils ont disparus. Mes parents.
- Ouais je vois. Comment ils s'appelaient tes parents ?
- Tacchini m'sieur.
- Bien sûr. Tu les as vus...partir ?
- Un jour ils sont venus, ma mère m'avait caché, je n'ai rien vu. Quand je suis sorti de ma cachettte ils n'étaient plus là. Les autres m'ont dit qu'Ils les avaient emmenés Là-Bas...et je les ai plus revus.
[céhoel, céhoel, céhoel]
- Attention, planque-toi p'tit, j'entends des pas.
.....
- Ok, je crois que c'est bon pour le moment, j'entends plus rien. Mais Ils rodent, faut qu'on se méfie. Ils vont revenir. Chaque année c'est pareil, on sent la tension monter petit à petit, la peur gagne tout le monde autour. On se regarde tous, personne ne parle mais chacun sait ce que les autres pensent. Pourvu que ce ne soit pas mon tour, on n'ose pas l'avouer mais chacun préfère que ce soit un autre qu'on emmène. Certains sont prêts à vendre les copains pour essayer de sauver leur peau. D'abord on voit l'ombre qui s'approche silencieusement, ensuite on perçoit les pas qui approchent lentement. C'est une torture, tout le monde sait que plusieurs d'entre nous vont être pris. La porte grince, je te jure que c'est atroce. Certains sont pétrifiés, d'autres pleurent. On sent la sueur glacée le long du cou. Le pire c'est qu'on ne Les voit jamais, seulement l'ombre, les pas, le grincement de la grille. Je crois qu'on ferme tous les yeux de terreur à ce moment-là et quand on comprend que c'est fini, on regarde et certains d'entre nous ont disparu. Partis Là-Bas. Je suis là depuis plusieurs années, je ne sais pas pourquoi Ils ne m'ont jamais pris. La chance peut-être, ou un truc qui ne Leur convient pas. Je suis vieux maintenant, je ne Les intéresse peut-être plus. Mais quand j'entends les pas j'ai toujours la même peur, ça ne te quitte pas, jamais, les frissons d'horreur, les suées. [céhoel, céhoel, céhoel] Écoute-les, ils sont terrorisés. Ils savent tous que ça va se produire bientôt, plusieurs jours de suite. Leurs amis, leurs enfants, leur femme, peut-être eux. L'ombre, la grille et tout à coup tout est fini. On ne sait pas pourquoi, on ne sait pas ce qui se passe Là-Bas. On sait juste que ceux qui partent ne reviennent jamais.
Tu sais mon p'tit, depuis le temps que je suis là, des Tacchini j'en ai connu plein. J'en ai vu partir plus que tu ne pourrais imaginer. [céhoel, céhoel, céhoel]. Chaque année c'est pareil. Moi je suis vieux mais je crois que maintenant, malgré la terreur je préfèrerais qu'Ils me prennent.
Tous les jours je pense à ...Ca fait longtemps tu sais. Un jour Ils sont venus, l'ombre, les pas, la grille. Ils sont venus et Ils l'ont emmenée. Ca fait plusieurs années qu'elle est partie. Maintenant je voudrais partir aussi. Je suis terrorisé à l'idée mais je n'ai plus envie tout seul. Je l'aimais tu sais et je te jure p'tit que de toutes c'était la plus belle. Jamais de ma vie je n'avais vu une aussi belle dinde.
Les punks du pays du Père-Noël :
A1 Xtract - Lies
A2 Rattus - Will Evil Win?
A3 No Choice - No Money
A4 Varukers - Will They Never Learn?
A5 Existenz - Stupid Girl
A6 Skeptix - Another Day
B1 English Dogs - Incisor
B2 Xtract - Dead Hero
B3 Existenz - Human Killer
B4 No Choice - Watzwar
B5 Rattus - Kukaan Ei Voi Toistaan Auttaa
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Till
dimanche 24 novembre 2013
Grand Jeu 7 - Thème 4 - Kortatu [1985-1988]
GRAND JEU DES BLOGUEURS MANGEURS DE DISQUES - SEPTIÈME EDITION
THEME N°4 - LIFE ON MARS ?
Une musique d'une autre planète ou presque.
Ils sont là ! Ils sont arrivés. Les aliens. Leur vaisseau a atterri, il est vert, il est rouge, il est blanc. Des mots étranges sont écrits sur la carlingue, une langue inconnue par ici. Les portes de la soucoupe violente se sont ouvertes et ils sont apparus. Ils étaient trois, menaçants, armés, portant des tenues étranges.
Lui il agite les bras dans tous les sens comme si ça pouvait aider à comprendre. Le ton monte, la colère gronde, la voix vocifère. C'est qu'il est en colère le monsieur et pas qu'un peu. Le général Marshall "Napster" Dumber aime être obéi. Il n'aime pas passer pour un imbécile et il a une réputation à défendre. Commandant-En-Chef-Des-Forces-Armées des États-Unis de la Culture Officielle, c'est un job à grosses responsabilités. Alors on aime être obéi.
Gling, gling, tching. Ca c'est le bruit des décorations qui clochettent sur la poitrine de son uniforme quand il agite les bras dans tous les sens. A gauche c'est la DMCA Cross. Là au milieu, regarde, l'insigne de Grand Officier de l'Ordre de la Sacem, ici la Croix d'Honneur de la Bataille d'Hadopi. Et ça, on dirait la MPAA Medal. Et quand il agite les bras ça fait gling gling tching. C'est joli, c'est musical. Normal, c'est un grand ami des Arts le général Marshall "Napster" Dumber.
Ses hommes l'ont surnommé Napster depuis qu'il a réussi à démanteler ce réseau de pirates communistes qui prétendaient partager de la musique sans passer au tiroir-caisse. Grâce à lui le Monde Libre s'en est sorti grandi. Depuis, il est de toutes les batailles pour la cause de la culture officielle. C'est que la vermine attaque inlassablement, sans vergogne, de tous les côtés. Même de l'Espace maintenant.
Là c'est le pompon ! A moins de 20 ans de la retraite c'est la tuile. Marshall "Napster" Dumber ne comprend pas ce qui se passe et ça le fout en rogne. Et quand il est en rogne il agite les bras dans tous les sens. Gling, gling, tching. La tuile. Un vaisseau d'aliens, occupé par des aliens qui prétendent jouer leur musique d'aliens sans être inscrits sur la liste officielle du Gouvernement de la Culture Officielle. Et puis quoi encore ? Est-ce que Céline Dion se permet de donner des concerts dans un champ ou de sortir des disques sur des labels indépendants ?
Les rapports succèdent aux rapports et son aide-de-camp va et vient entre le poste avancé et le QG de campagne. Les rapports : on a pu établir le contact mon Général. Et aussi, on ne comprend pas leur langue mais nos logiciels de traduction s'activent. Qu'est-ce qu'ils veulent ces enfoirés ? fulmine le fulminant général. Les rapports : ils ont dit Kolpes Kolpe. D'après nos hyper-logiciels ça signifie Coup pour coup. Bon sang ils veulent se battre refulmine Marshall. Les rapports : ils ont dit aussi Makurtu Gabe. Ça voudrait dire Sans plier. Des durs, ça va être rude. Mais ils ne sont que trois, on peut les écraser échafaude le général culturel. Les rapports : ils ont dit Ehun Gigen. On pense que ça signifie plus de cent. Ça va être dur mais on les aura clame le Clamant Stratège.
Les aliens ont branché leurs instruments et lancé l'attaque. Ça basse, ça riffe, ça tambourine et ça crie dans une langue inconnue. Ils bougent comme des guerriers. Ils jouent comme des sauvages. Dumber attend son heure, réfléchit, hésite devant l'inconnu. Les super-calculateurs du Monde Libre ont enfin pu retracer la trajectoire du vaisseau spatial et déterminer sa planète d'origine : Euskadi
KORTATU - 1985
01- Don Vito y la revuelta en el frenopático
02-Jimmy Jazz
03- La cultura
04- Nicaragua sandinista
05- Zu atrapatu arte» (Hasta atraparte)
06- Tolosa, iñauteriak
07- Hernani 15/6/84
08- Sospechosos
09- Sarri, Sarri
10- La familia Iskariote
11- Tatuado
12- Mr. Snoid entre sus amigos los humanos
13- Desmond Tutu
14- Mierda de ciudad
15- El último ska de Manolo Rastaman
EL ESTADO DE LAS COSAS - 1986
01- La línea del frente
02- El estado de las cosas
03- Aizkolari
04- Hotel Monbar
05- 9 zulo (9 agujeros)
06- Equilibrio
07- Jaungoikoa eta lege zarra (Dios y ley vieja)
08- Cartel en el casco viejo de Bilbao
09- Nivel 30
10- Esto no es el Oeste, pero aquí también hay tiros (A Billy the Kid)
11- Hay algo aquí que va mal
12- A la calle
13- Desmond dub
KOLPEZ KOLPE - 1988
01- After-Boltxebike (After-Bolchevique)
02- Etxerat!» (¡A casa!)
03- Gernika 37-87
04- Denboraren menpe (Subordinado del tiempo)
05- A.E.K.'ko beteranoak (Los veteranos de A.E.K.)
06- Kolpez kolpe (Golpe a golpe)
07- ker nago (Estoy confundido)
08- Ehun ginen (Éramos cien)
09- Platinozko sudurrak (Narices de platino)
10- Makurtu gabe (Sin rendirse)
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Till
dimanche 27 octobre 2013
The Ex + Tom Cora - And The Weathermen Shrug Their Shoulders [1993]
FIGURE IMPOSÉE PAR LE ZORNOPHAGE
Le décor ? Urbain, très urbain. Disons l'hyper-centre d'une mégalopole, des tours, des gratte-ciels, un vertige à l'envers, la démesure. La ville ? Ça pourrait être New-York. Ça pourrait être Shanghai. Ça pourrait être Toronto. Ça pourrait être Sidney. Ça pourrait être New-York. Va pour New-York, c'est parfait / pratique pour former les images mentales. Le moment ? La nuit. Mais la nuit, la ville qui ne dort jamais ne dort pas. C'est parfait / pratique pour raconter une histoire. Ça se passe une nuit à New-York, dans l'hyper-centre, au pied des gratte-ciels. Si on lève la tête on est saisi de vertige. Démesure, vertige.
Zoom avant. Une avenue avec un numéro. Une avenue qui grouille d'une foule disparate, anonyme, désorganisée. Vue d'en haut la fourmilière intrigue, la fourmilière amuse, la fourmilière fascine. La scène est altérée par un malaise impalpable, impossible à définir pour l'instant. C'est parfait / pratique pour démarrer l'histoire.
Zoom avant. Un taxi. Jaune évidemment. Attention cliché. La caméra bascule à l'intérieur du taxi et passe en vision subjective. Il pleut. En vision subjective le personnage assis à l'arrière du taxi jaune une nuit sur une avenue numérotée de New-York. Il pleut, suffisamment pour que les gouttes perturbent la vision à travers les vitres. Pas assez pour empêcher de voir à travers les vitres. En vision subjective le personnage assis à l'arrière du taxi décrit mentalement la scène. Les façades, les enseignes, les magasins crachent leurs couleurs jusqu'à l’écœurement. Les gouttes de pluie sur les vitres diffractent la lumière, les centaines de prismes renvoient des rayons rouges, bleus, jaunes. On dirait un clip diffusé sur MTV. Sauf que. Les lumières sont immobiles, le taxi est immobile.
Flash-back. Vue d'en haut la fourmilière s'active mais la longue file de voiture ne bouge pas. Panoramique. La file de voiture s'étend sur plusieurs blocs, immobile. Le long serpent mort attaqué par l'armée des fourmis. Cut. Retour dans le taxi, vision subjective. On perçoit le mouvement de la foule à l'extérieur. Des ombres anonymes qui s'agitent, courent, sautent. Du trottoir monte une colonne de vapeur échappée d'un réseau de chauffage défaillant. De la rue monte des colonnes de fumée d'origine inconnue. On les perçoit déformées à travers les gouttes de pluie sur les vitres. On dirait une vidéo arty d'étudiants de première année.
Le son ? La radio débite en boucle des infos sur le mode alarme. La radio dit émeutes, affrontements, pillages, état d'urgence. La radio débite en boucle des infos jusqu'à l’écœurement. Le bruit de fond ? Des cris, des appels. Les ombres anonymes s'agitent, courent, sautent en hurlant. C'est parfait / pratique pour mettre en place l'ambiance. Lumières colorées, jet de vapeur, colonnes de fumées, ombres qui courent, cris de la foule. On dirait l'Apocalypse filmée par Hollywood. Nemesis strike back.
Le personnage assis à l'arrière du taxi se tait. Le chauffeur du taxi se tait. La radio débite en boucle des infos sur le mode guerre civile / émeutes / fin du monde. La radio dit la Bourse s'effondre, la radio dit le Président en fuite. La police dépassée, NYPD à la mer. Écœuré le chauffeur du taxi éteint la radio et glisse un CD dans le lecteur. Le personnage assis à l'arrière du taxi se crispe dans l'attente du disque de rap qui va accompagner le clip MTV. Attention cliché. Mais écoute cette rythmique. Vise ce son. Sens cette basse. MTV n'émet plus. Pas de rap, plus de MTV. Dépassée, à la mer. Devant une guitare saturée un violoncelliste arrache à ses cordes la bande-son idéale. Un chanteur arrache à ses cordes le chant de la foule, prête sa voix aux ombres anonymes. La fumée sent le soufre.
Zoom arrière. Une tâche jaune immobile au milieu d'une foule bariolée. Le son ? La musique s'étend en dehors du taxi. Les accords résonnent d'une façade à l'autre. Dans les nuages de fumée colorés par les façades aux néons, les ombres anonymes s'agitent, courent, sautent. Sur une scène improvisée un groupe scande sa rage apprivoisée. Au milieu de la scène un violoncelliste arrache à ses cordes la bande-son idéale.
01 Dere Geliyor Dere
02 The Big Black
03 What's the Story
04 Lamp Lady
05 One-Liner from China
06 Everything and Me
07 New Clear Daze
08 Oh Puckerlips Now
09 Empty V
10 Okinawa Mon Amour
11 Dear House
12 Conviction Going Gaga
13 Stupid Competitions
14 Hickwall
15 War OD
16 Untitled
Line-Up :
Terrie : guitare
G.W. Sok : chant
Luc : basse
Andy : guitare
Katrin : batterie, chant
Tom Cora : violoncelle
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Till
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