Affichage des articles dont le libellé est John Zorn. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est John Zorn. Afficher tous les articles
jeudi 7 novembre 2013
John Zorn - Locus Solus [1983]
Toc toc ding dong toc toc toc diiiiiiiiing ça grince ça craque je marche sur des trucs qui croustillent ça craque des voix au fond dans la pièce à côté un lapin à piles traverse devant mes pieds en tapant sur son tambour je l'évite de justesse paf le nez contre l'horloge tic tac tic tac tic tac il est encore tôt les travaux ont repris juste derrière moi la poussière entre par la fenêtre ouverte le soleil réchauffe l'otarie qui dort sur le canapé en fonte de velours rose au milieu des gravats j'enjambe le canapé un morceau de mon pantalon se déchire et reste accroché au barbelé du dossier l'otarie le lapin aussi mais je vois clair dans son jeu j'aurai sa peau de lapin il tend une de ses oreilles et me fait une croche au pied je m'affale sur le piano aqueux qui s'écoule lentement dans l'entonnoir et blanches se mélangent avec le rose otarie du canapé et le roseau tari des rideaux soulevés par le soleil le vent qui inonde la pièce il y en a partout on ne sait plus où mettre les pieds à part sur le tapis volant tapis dans l'ombre de l'abat-jour en peau de lapin qui me barre le passage en tapant sur son tambour alors je le piétine il fait un drôle de bruit chlik chlak ça craque par terre sur le tapis inondé de soleil et d'eau tarie qui coule du plafond à ciel ouvert ou bleu parfois et rend le piano aqueux qui sourit de toutes ses dent quand je me prends les pieds dans le tapis volant je me raccroche de justesse au filet de pêche en répandant par terre le fruit de la pêche pas le fruit la pêche l'otarie est en colère elle voit ses poissons lui échapper à vélo dans l'ascension d'un col de cygne the fish needs a bike je lui souris de toutes mes dents pour m'excuser mais je me prends un rateau très tôt l'horloge tic tac je mets le doigt dans l'engrenage qui sourit de toutes ses dents en contemplant la scène le canapé rose le piano aqueux qui a une drôle de touche le ballon bleu et le rateau qui sourit de toutes ses dents il poursuit une souris qui traverse la pièce mais l'otarie est plus rapide elle croque la souris de toutes ses dents et elle retourne sur le canapé rose qui grince craque sous son poids elle cherche ses poissons pilotes en vélo un poisson grimpe aux rideaux les autres nagent sur le dos sur le tapis inondé de soleil et tâché de lapin à piles écrasé le tambour flotte dans l'eau tarie du piano aqueux qui coule des jours tranquilles dans l'entonnoir en couleur l'otarie jaune me jette un regard noir bondit du canapé rose et me poursuit en jonglant avec son ballon bleu je m'enfuis en courant d'air par la fenêtre ça y est je suis sauvé je me retourne pour regarder l'horloge qui rit mais les rideaux m'empêchent de revenir en arrière c'est bloqué impossible de rentrer toc toc ding dong toc toc toc diiiiiiiing ça grince ça craque je marche sur des trucs qui croustillent ça craque des voix au fond dans la pièce à côté un lapin à piles.
Personnel :
Peter Blegvad - vocal (1-8)
Anton Fier - batterie (9-15)
Wayne Horvitz - orgue, électronique (23-30)
Whiz Kid - platines (31-38)
Arto Lindsay - guitare, vocal (9-22)
Christian Marclay - platines (1-8)
Mark E. Miller - batterie (16:22, 31-38)
Ikue Mori - batterie (23-30)
John Zorn - saxophone alto, saxophone soprano, clarinette, appeaux
Paru en 1983 chez Rift Records
Réédité en 1997 par Tzadik Records
01.Bass And The Treble
02.The Acquisition & Control Of Fire
03.Honey-Cab
04.Switch
05.Juan Talks It Out Of His System
06.The Wish
07.A Case Arose
08.The Elf
09.Getting Curly
10.Don't Switch
11.Smooth Cheeks Of A Big Ego
12.Add Water
13.Cold
14.Friar T.
15.Too Me
16.You Rang ?
17.Self-Satisfied
18.Agora
19.Dot Dot, Dot
20.Moi Non Plus
21.Liver
22.The Footman's Eyes Get Crossed
23.Heike Cipher Mystery
24.Jedi Mind Trick
25.Mysterious Island
26.You Only Live Twice, Mr. Bond
27.When Arrows Meet
28.Never Say Never Again
29.Sign Of The Four
30.Locus Solus (Parts 1&2)
31.Where Are My Victims ?
32.Disco Volante
33.Kaiser In Borneo
34.The Saint
35.The Violent Death Of Dutch Schultz
36.Thunderball
37.White Zombie
38.The Slaves Of Vesuvius
Si vous cherchez un mot de passe, essayez donc downgrade.
Merci aux visiteurs qui laissent une trace de leur passage.
Till
samedi 8 juin 2013
John Zorn - The Big Gundown [1985/2000], Spy vs Spy [1989]
Si l'initiative d'origine de cet hommage à Ennio Morricone ne vint pas de John Zorn mais de son producteur de l'époque, Yale Evelev, c'est que ledit Zorn, trop fan de l'œuvre du compositeur italien et ne voyant donc pas l'intérêt de revisiter la perfection, renâcla à s'attaquer à pareil Himalaya culturel.
De fait, on sent l'immense respect que voue Zorn à Morricone dans des reconstructions fidèles à l'esprit comme à la mélodie quoique formellement déviantes. D'ailleurs, sans doute trop occupé à donner une deuxième vie aux compositions spécialement choisies pour l'occasion, Zorn ne joue que marginalement sur l'album d'origine laissant même Tim Berne assumer le saxophone hurlant de Peur Sur La Ville. Au lieu de ça, directeur et "maquilleur" du projet, il use de la voix, d'appeaux, du piano ou de scie musicale (!) et, bien sûr !, du cerveau hyper-créatif dont Mère Nature l'a doté.
Le résultat, dans son acceptation originelle, contient dix titres dont une composition originale (Tre Nel 5000, largement inspirée de la star de l'album si pièce indéniablement la plus difficile du lot) et six de plus dans sa réédition Tzadik de 2000 célébrant le 15ème anniversaire du premier accessit "grand public" du compositeur/performer d'avant-garde. Parce qu'il faut bien l'avouer, avant c'est ce Big Gundown généralement très bien reçu au delà d'une petite sphére "à la pointe de la tendance", John Zorn n'était qu'une vague figure d'une scène certes palpitante et passionnante mais n'ayant que peu, voire pas, de retentissement en dehors d'un petit cercle d'initiés. Pas que la démarche apparaisse opportuniste, Zorn s'y applique tel le bon zélote morriconien qu'il est. Il pousse simplement dans leurs retranchements, les "avant-gardisant" ou "cartoonisant" (etc.) juste ce qu'il faut pour les ré-épicer, des compositions qui, c'est évident à l'écoute d'un Peur sur la Ville d'anthologie par exemple, ne demandaient que ça.
Respectueux mais pas timide, The Big Gundown est la totale réussite régulièrement louée depuis. Et encore un peu plus dans la réédition Tzadik avec ses exquis suppléments. C'est aussi une bonne occasion, pour ceux qui en sauraient encore, de louer l'admirable carrière d'un "faiseur" au talent mélodique incomparable et à l'œuvre si vaste qu'elle mérite bien qu'on s'y repenche... Souvent !
Viva Morricone ! Viva Zorn !
1. The Big Gundown 7:25
2. Peur Sur La Ville 4:16
3. Poverty (Once Upon A Time In America) 3:49
4. Milano Odea 3:02
5. Erotico (The Burglars) 4:26
6. The Battle Of Algiers 3:50
7. Giu La Testa (Duck You Sucker !) 6:06
8. Metamorfosi (La Classe Operaia Va In Paradiso) 4:37
9. Tre Nel 5000 (composée par John Zorn) 4:37
10. Once Upon A Time In The West 8:33
Bonus
11. The Sicilian Clan 3:20
12. Macchie Solari 3:29
13. The Ballad Of Hank McCain 5:27
14. Suegliatti E Uccidi 3:03
15. Chi Mai 3:06
16. The Ballad Of Hank McCain (Instrumental) 5:25
Orvin Aquart – harmonica
Cyro Baptista – cuica
Joey Baron - batterie
Tim Berne – alto saxophone
Laura Biscotto – voix italienne sexy
Vicki Bodner – hautbois, cor anglais
Polly Bradfield – violon
Anthony Coleman – piano, clavecin, orgue, voix
Trevor Dunn - basse
Carol Emanuel – harpe
Reinaldo Fernandes – tambour brésilien
Anton Fier – batterie
Duduca Fonseca – caisse claire
Bill Frisell – guitare electrique
Fred Frith – guitare electrique, basse
Diamanda Galás – voix
Melvin Gibbs – basse electrique
Jody Harris – guitare electrique
Shelley Hirsch – voix
Wayne Horvitz – piano, celesta, claviers électroniques
Bob James – bandes
Guy Klucevsek – accordéon
Arto Lindsay – guitare electrique, voix
Christian Marclay – platines
Mark Miller – batterie, timbales
Big John Patton – orgue
Mike Patton - voix
Bobby Previte – batterie, percussion, timbales, voix
Robert Quine – guitare electrique
Vernon Reid – guitare electrique
Ned Rothenberg – shakuhachi, ocarina, guimbarde
Michihiro Sato – tsugaru shamisen
Luli Shioi – voix
Claudio Silva – pandeiro (tambourin)
Jorge Silva – surdo (tambour basse)
Jim Staley – trombone, trombone basse
Toots Thielemans – sifflement, harmonica
David Weinstein – mirage, ordinateur
John Zorn – saxophone alto, scie musicale, voix, clavecin, appeaux, piano
Ornette Coleman by John Zorn... Il y a comme une évidence à rapprocher le compositeur, instrumentiste et cofondateur d'une démarche libre et prospective dans le jazz avec un de ses héritiers putatifs les plus actifs.
Du coup, on attend beaucoup de ce Spy vs Spy d'autant que la quatuor de furieux new yorkais qui accompagne Zorn (avec un co-altiste en la personne de l'excellent Tim Berne et deux batteurs !) a de la gueule et que le vaste répertoir d'Ornette se prête, dans l'absolu, idéalement aux débordements free dont il est coutumier... On en attend beaucoup et, à la condition obligatoire d'aimer se faire chahuter par un jazz chaotique et souvent dissonant, on y est largement comblé.
Evidemment, en 17 titres et 41 minutes, c'est quasiment la version "grindcore" du free jazz qu'on se prend en pleine face. Ca pilonne, ça bastonne (deux batteurs !), ça hurle "saxophoniquement"(2 altistes enragés)...Ca ne plaisante jamais ! Evidemment, ce genre d'extrême jazz ne plaira pas à tous et même pas à grand monde... Ce n'est pas grave, ce n'était de tout façon pas fait pour ça. Parce que, le but, la substantifique moelle de Spy Vs Spy est de faire vivre la musique d'Ornette, de lui faire vivre autre chose même, pas si éloigné des originaux, juste violenté avec amour... Et respect ! Parce que, c'est évident !, la démarche n'est pas élégiaque ou compassée mais vibrante et triomphale, ode à un trublion ici "re-trublié".
Zorn ne fait pas souvent dans le tribute, il n'a pas le temps ! Alors forcément, quelque soit l'année de publication et donc le placement de l'œuvre dans on cheminement intellectuel et créatif, quand il hommage, on se doit de prêter l'oreille quitte à se la faire joyeusement, glorieusement saccager et de se la voir restituée dans un état... différent. En la circonstance, on ne voudrait pas autre chose même si, on ne va pas se mentir, on en sort un peu rincé !
1. WRU 2:38
2. Chronology 1:08
3. Word For Bird 1:14
4. Good Old Days 2:44
5. The Disguise 1:18
6. Enfant 2:37
7. Rejoicing 1:38
8. Blues Connotation 1:05
9. C. & D. 3:05
10. Chippie 1:08
11. Peace Warriors 1:20
12. Ecars 2:28
13. Feet Music 4:45
14. Broad Way Blues 3:42
15. Space Church 2:28
16. Zig Zag 2:54
17. Mob Job 4:24
John Zorn - alto saxophone
Tim Berne - alto saxophone
Mark Dresser - bass
Joey Baron - drums
Michael Vatcher - drums
samedi 11 mai 2013
John Zorn/Pat Metheny - Tap: Book of Angels Volume 20 [2013]
En l'occurrence, il n'y a pas pléthore, que ce soit pour la tracklist ou le line-up (6 et 2) mais les émotions sont bien au rendez-vous et la rencontre de deux univers à priori pas exactement compatibles porte magnifiquement ses fruits. Pas qu'on n'en attendait quoique ce soit d'autre, notez, quand deux géants se croisent, ça fait forcément quelques étincelles... Et si peu de musiciens interviennent ici, c'est tout bonnement parce que Metheny bouffe toute la place faisant montre, comme il l'a souvent fait sur ses récentes livraisons, de ses qualités de producteur/arrangeur/multi-instrumentiste. De fait, il n'a recours qu'au seul Antonio Sanchez, frappeur de peau de service, pour s'inviter sur les plates bandes d'un Zorn ô combien consentant.
Musicalement, la surprise est, finalement, de ne jamais en rencontrer vraiment. Je m'explique... Si, en effet, le traitement que se voient infligées les compositions de John Zorn est unique (tout en étant multiple, j'y viens), il est totalement dans les valeurs et inclinaisons stylistiques de Metheny qui s'est, en la circonstance, totalement réapproprié les notes de son compositeur. En introduction, ça donne un Mastema au "klezmerisme" discret occulté qu'il est par la folie fusion à bruitages électroniques que commet Metheny... Et ça fonctionne du feu de Dieu (ou des Anges, c'est bienvenu pour la série !). Suit Albim qui, plus respectueux des cannons du compositeur Zorn, est une charmante ballade nous emmenant presque jusqu'à Buenos Aires avec sa guitare acoustique, son discret bandonéon, son doux chaloupement et sa fin dramatique, parfait, et parfaitement maîtrisé, ça va sans dire ! Tharsis, piste 3, plus électrique et rapide n'est pas bien différent, comme si les deux thèmes qui le précédent se retrouvaient... Si l'empreinte Zorn y est impossible à rater, ça ne signifie pas que Metheny se soit laisser aller à la facilité, pièce à la fois rythmée et ambiante, elle bénéficie de son exceptionnelle qualité de guitariste en plus de ses capacités d'arrangeur/metteur en son, devenant "autre chose" au contact d'un imaginaire riche, "autre chose" de particulièrement prenant en son magnifique crescendo.
J'arrête là le menu non sans préciser que la seconde moitié des titres propose d'au moins aussi fortes émotions, d'au moins aussi belles révélations musicales pour une satisfaction finale évidemment acquise.
Formellement, les petits plats ont été mis dans les grands et, grande première dans la série sans doute motivée par quelques obligations contractuelles, ce Tap bénéficie d'une double sortie, chez Nonesuch (label attitré de Metheny) et chez Tzadik (la maison de qui vous savez). C'est finalement, sauf pour Tzadik peut-être, une bonne nouvelle qui, espérons-le, permettra à un compositeur toujours trop méconnu de récolter quelques suiveurs fanatiques supplémentaires dans l'opération, Zorn le mérite, Metheny le lui offre... Elle est pas belle la vie ?
Reste que cette rencontre (un sommet au sommet !) donne extrêmement envie d'en entendre plus, que John Zorn fasse plus de nouvelles rencontrent qui élargiront encore le spectre d'une série et d'un monde pourtant déjà si riche parce que, si vous ne l'aviez pas compris, ce Tap, 20ème Book of Angels, c'est de l'or en barre... Tout simplement !
- John Zorn: compositions
- Pat Metheny: production, arrangements, electric & acoustic guitars, baritone guitar, sitar guitar,
tiples, bass, piano, keyboards, marimba, bells, bandoneon, percussion, electronics, flugelhorn
- Antonio Sanchez: drums
1. Mastema 7:20
2. Albim 9:07
3. Tharsis 5:54
4. Sariel 11:09
5. Phanuel 10:55
6. Hurmiz 6:12
jeudi 9 mai 2013
The Golden Palominos - The Golden Palominos [1983], Visions of Excess [1985]
Formé par le batteur et compositeur Anton Fier en 1981, The Golden Palominos est un groupe à géométrie variable avec Fier, le bassiste/producteur Bill Laswell et le guitariste Nicky Skopelitis comme seuls membres récurrents.
Premier opus du projet mené par Anton Fier et, rien qu'à voir la splendide collection d'allumés que comprend la formation, on se doute que, si on risque fort de ne pas s'y ennuyer, on sera aussi mis à rude épreuve, sur le gril... Ou pris dans un furieux torrent, dont on risque de ne pas sortir indemne, à l'image des canassons de la pochette.
Il faut dire qu'on ne rencontre pas si souvent une fusion aussi étrange que celle proposée par l'éponyme des Golden Palominos, une sorte de funk mutant, blanchi aussi, où les bruitages, déviances sonores, grooves décalés et autres évènement percussifs inattendus tiennent le haut du pavé. Pas exactement le genre de machin à confier à toutes les (sensibles) oreilles mais pas non plus une œuvre si avant-gardiste qu'on ne puisse la conseiller qu'à quelques happy-fews. D'une part, il y a le côté historique de voir tous ces extraordinaires musiciens réunis (dont John Zorn qui rendra l'appareil à Fier en l'invitant sur son Locus Solus la même année) mais aussi l'impact d'un style, d'un son qui fera florès quelques années plus tard (par exemple chez les Talking Heads), évidence impossible à nier à l'écoute de l'introductif Clean Plate.
Ne le nions pas, The Golden Palominos, l'album, reste avant tout une étrangeté qui ne plaira qu'à ceux qui apprécient la "musique qui cherche", se donne le droit à l'erreur aussi (toutes les pistes ne fonctionnent pas ici avec le même bonheur) parce qu'elle se sent investie d'une mission prospective ô combien louable débouchant, qui plus est, sur une dose de fun plus que conséquente et même décisive dans le plaisir pris par l'auditeur.
Il n'en faut pas plus pour décréter qu'on tient bien là une vraie belle réussite en plus d'une odyssée sonique hors du commun.
1. Clean Plate 6:30
2. Hot Seat 5:16
3. Under the Cap 5:36
4. Monday Night 6:31
5. Cookout 4:40
6. I.D. 6:48
7. Two Sided Fist 7:43
- Anton Fier: drums, Oberheim DMX, percussion, production, mixing
- John Zorn: alto saxophone, clarinet, game calls
- Fred Frith: guitar, violin
- Bill Laswell: bass guitar, production, mixing
- Arto Lindsay: vocals, guitar, additional production
&
- Thi-Linh Le: vocals on "Monday Night", design, photography
- Mark E. Miller: vocals on "Hot Seat", turntables on "Hot Seat" and "Monday Night"
- David Moss: percussion on "Clean Plate", "Under the Cap" and "Two Sided Fist"
- Nicky Skopelitis: guitar on "Monday Night" and "I.D."
- Jamaaladeen Tacuma: Steinberger bass guitar on "Clean Plate" and "Two Sided Fist"
- Roger Trilling: tape on "Cookout"
- Michael Beinhorn: drums and Oberheim DMX on "Hot Seat", piano on "Cookout"
The Golden Palominos c'est, premièrement et avant tout, Anton Fier, batteur de son état et capitaine du navire ce que prouve clairement ce second opus au line-up ô combien différent de l'inaugural éponyme avec, cette fois, une sélection de musiciens/invités nettement moins versés dans la Downtown scene de la Big Apple et nettement plus vers un mainstream rock de qualité... Enfin, le line-up parce que, musicalement, si l'aspect bruitistes et les glissements avant-gardistes ont été largement revus à la baisse, le ton n'est tout de même pas à la facilité et au FM-compatible.
Concrètement, si on reconnait, via les éléments rythmiques et l'approche sonique des GP originels restants, de notables différences se font jour et les invités de l'occasion ne sont pas tout à fait innocents quand à ce renversement de tendance avec, en tête, un Michael Stipe de R.E.M. qui, présent sur les trois titres d'ouverture de Visions of Excess, donne le ton de l'ensemble. De fait, le format chanson, totalement absent des précédents ébats du collectif, est ici au centre des débats. Ca n'empêche évidemment pas quelques musiciens d'exception de faire montre de leurs sens artistiques et leurs capacités instrumentales au dessus de la moyenne. On citera notamment Bill Laswell, master bassiste, et Nicky Skopelitis, guitariste exubérant s'il en fut, ici particulièrement à leur aise et mis en valeur.
Si on peut regretter la relative facilité de l'ensemble, dans lequel à un avant-gardisme funkoide de bon aloi s'est substitué un côté presque stadium rock, on est obligé de louer l'efficacité et la réussite générales. Ca donne, forcément, une œuvre plus classique, moins aventureuse mais aussi un album dans lequel on reviendra plus volontiers picorer tel ou tel titre particulièrement marquant (les trois de Stipe en sont !), et, en définitive, une réussite encore plus totale.
1. Boy (Go) 5:30
2. Clustering Train 6:07
3. Omaha 3:11
4. The Animal Speaks 4:07
5. Silver Bullet 5:09
6. (Kind of) True 4:47
7. Buenos Aires 3:48
8. Only One Party 4:30
- Anton Fier: drums, DMX, percussion
- Bill Laswell: bass guitar
- Jody Harris: guitars, slide guitar
- Richard Thompson: guitars
- Mike Hampton: guitar
- Henry Kaiser: guitars
- Nicky Skopelitis: guitars
- Arto Lindsay: guitar, vocals
- Chris Stamey: guitar, piano, vocals
- Bernie Worrell: Hammond organ
- Carla Bley: Hammond organ
- Syd Straw: vocals
- Michael Stipe: vocals
- Jack Bruce: vocals, harp
- John Lydon: vocals
vendredi 3 mai 2013
John Zorn - The Mysteries [2013]
On prend les mêmes et on recommence.
Hé oui, voilà de retour Bill Frisell (guitare), Carol Emanuel (harpe) et Kenny Wollesen (vibraphone et cloches) soit la même (fine) équipe à qui nous devions, il y a une année de ça, l’excellent Gnostic Preludes. Cette fois, ça s’appelle The Mysteries mais le principe, l’univers sont fondamentalement les mêmes.
Entre jazz de salon et musique de chambre contemporaine, le trio égrène les mélopées précieuses d’un Zorn en mode « ear-friendly ». De fait, ça « bave » rarement, c’est (re)tenu et mélodique à souhait... à mille lieues d’exactions freejazzophiles ou d’explorations avant-gardistes bruitistes. Pas routinier, pour autant. Zorn aime à revenir en terrain connu pour creuser un filon encore riche de précieuses promesses et d'en profiter pour "pousser un peu les murs", ouvrir les fenêtres et voir/entendre ce que l'air du jour apporte.
Pas routinier, donc, mais pas réellement surprenant non plus, comme de réenfiler une veste légère à la remontée du thermomètre, de se rendre compte qu'elle a (rayer les mentions inutiles) élargi, rétréci, raccourci ou qu'elle vous va encore comme un gant (ce qui, pour une veste peut s'avérer problématique)... Mais trêves de comparaison costumières ! The Mysteries, nul doute !, plaira à ceux qui aiment leur Zorn harmonieux mais un peu savant quand même, ceux-là mêmes (les bonnes gens !) qui apprécièrent les deux volumes du Book of Angels du Masada String Trio, celui de Bar Kokhba ou l'entièreté de l'œuvre des Dreamers. Du "easy" Zorn, spirituel et éthéré, rythmé ce qu'il faut où il faut, enchanteur sans tapage, digne et beau.
Evidemment, "easy", quand on en vient à évoquer un gentil fou tel que l'hyper productif compositeur New Yorkais, ça n'empêche pas quelques charmantes et bienvenues sorties de routes, dérapages dans un virage en épingle... Toujours contrôlé par un compositeur/arrangeur malin bien entouré d'un trio d'instrumentistes dont l'expertise et la sensibilité n'est plus à démontrer.
Si on s'adonnait au petit jeu de la comparaison et qu'on étalonnait The Mysteries à l'aulne des mérites de son glorieux prédécesseur, on dirait que, l'effet de surprise passé, le charme agit toujours mais que l'œuvre fondatrice, forcément, l'emporte. Mais fi de mauvais esprit, un an après, la fine équipe des Gnostic Preludes a, une fois encore, merveilleusement servi son compositeur. L'essentiel est là, on ne boude pas sa joie.
Youpi !
1. Sacred Oracle 5:35
2. Hymn of the Naassenes 5:05
3. Dance of Sappho 4:05
4. The Bacchanalia 2:56
5. Consolamentum 5:48
6. Ode to the Cathars 6:55
7. Apollo 3:27
8. Yaldabaoth 3:54
9. The Nymphs 10:47
mardi 30 avril 2013
John Zorn - Lemma [2013]
Attention ! Ce Zorn ci fait peur à beaucoup. Ce n’est pas celui qui cajole les oreilles de douces mélopées où se rencontrent klezmer, jazz, americana, etc. Non, ce Zorn ci donne dans la complexité, dans la recherche aussi, il exprime la facette contemporaine d’un compositeur toujours aussi multiple, jamais vraiment là où on l’attendrait malgré l’immense diversité de son catalogue.
En l’occurrence, un instrument est mis à l’honneur sur ce Lemma : le violon. Et trois instrumentistes, (mais pas le « régulier » Mark Feldman, sans doute occupé alors à d’autres explorations) : David Fulmer, Chris Otto et Pauline Kim. Et trois sections distinctes habitant les 17 pistes de la livraison : Apohthegms, Passagen et Ceremonial Magic.
On commence par Apophthegms duo de violons entre David Fulmer et Christopher Otto, progression en douze courtes vignettes dans les méandres du cerveau Zornien à son "avant-gardissime" soit une musique se jouant de la mélodie (plus qu'en jouant) pour produire des effets, des impressions, des émotions différentes. La partition, en l'occurrence, n'épargne pas les bizarreries d'usage à l'auditeur même s'il lui arrive, c'est heureux, de s'apaiser jusqu'à évoquer furtivement Bach ou Bartók. Pas simple tout ça mais diablement attirant et, en définitive, réussi.
Suit Passagen et ses 14 massives minutes. Et quelle beauté ! Pas besoin de plus qu'une violoniste précise et passionnée telle que Pauline Kim pour habiter cette pièce pour laquelle Zorn avoue s'être inspiré de quelques œuvres de grands compositeurs ayant dédié une partie de leur art à l'instrument qui nous intéresse ici (le violon, donc, et, nommément, Bach, Paganini, Bartók et Carter). On reste, ceci dit, en Zornerie l'inspiration étant plus stylistique qu'harmonique... Et c'est parfait comme ça !
Last but not least, Ceremonial Magic, déjà présent dans une version rythmée dans Music And Its Double (avec Kenny Wollesen à la batterie), déjà joué alors par David Fulmer dont la maîtrise instrumentale et le feeling ne se démentent pas ici. Pas une découverte, donc, que cette suite en quatre mouvements, juste la confirmation de la grâce déjà entendue et ici confirmée mais pas forcément la pièce à la marge entre précision compositionnelle et improvisation échevelée qu'il nous avait semblé entendre précédemment tant la réplique présente s'approche au plus près de l'enregistrement originel.
On ne le niera pas, ce Zorn là, le Zorn contemporain, en déstabilisera certains. De fait, il faut connaître cette grammaire musicale, cet esprit à la fois revêche et ludique, cette volonté régulièrement réaffirmée de ne pas simplement "faire" pour pleinement goûter au festin présentement offert. Quoique les moments de pure grâce soient, finalement, suffisamment nombreux pour offrir une porte d'entrée viable à cet univers ô combien particulier.
- David Fulmer : violon (Apophthegms; Ceremonal Magic)
- Pauline Kim : violon (Passagen)
- Christopher Otto : violon (Apophthegms)
Apophthegms
01. Apophthegms I 0:45
02. Apophthegms II 1:06
03. Apophthegms III 1:44
04. Apophthegms IV 1:22
05. Apophthegms V 1:34
06. Apophthegms VI 1:50
07. Apophthegms VII 2:40
08. Apophthegms VIII 1:48
09. Apophthegms IX 2:05
010. Apophthegms X 1:20
11. Apophthegms XI 1:55
12. Apophthegms XII 2:46
13. Passagen 14:19
Ceremonial Magic
14. Ceremonial Magic I 5:27
15. Ceremonial Magic II 4:04
16. Ceremonial Magic III 5:50
17. Ceremonial Magic IV 3:49
Inscription à :
Articles (Atom)

.jpg)






