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mercredi 12 mars 2014

Grand Jeu 8 - Thème 2 - Einstürzende Neubauten - Zeichnungen Des Patienten O.T. [1983]

GRAND JEU DES BLOGUEURS MANGEURS DE DISQUES - HUITIÈME EDITION
THEME N°2 - "THERE'S TOO MUCH, TOO MUCH, TOO MUCH."
Un disque beaucoup trop compliqué, indigeste, ampoulé; il y a un peu trop de tout partout, mais... c'est pour cela que vous l'aimez...

https://www106.zippyshare.com/v/4DyUWflg/file.html



Une enquête de Glen S. Baster

Non mais ils me prennent pour qui ces deux-là ? Les mecs imaginent se pointer chez moi comme ça et essayer de me manipuler sans que je m'en rende compte ? C'est pas les premiers illuminés qui débarquent dans mon bureau, des collectionneurs en quête d'OVNI (1), des chercheurs de chansons impossibles (2), tout les branques, soi-disant amateurs de musique, ont une fâcheuse tendance à se retrouver au numéro 2 au fond de l'impasse. Dead End Street. Ça doit être ça qui les attire ici comme des mods à un concert d'Uncle Ray.

Bref, mes deux lascars pensaient peut-être me la faire à l'envers, mais le vieux Baster en a vu d'autres. Et des plus coriaces. Je me remettais à peine de ma énième cuite de la semaine quand ils ont débarqué dans le bureau. Tout beaux, tout propres, bien coiffés. Et polis avec ça. Trop polis pour être honnêtes. Remarquez, la politesse au moins ça me changeait de l'affreux EWG (3) qui n'avait pas eu celle de se présenter en personne.

Au premier regard j'ai senti le malaise. L'embrouille. Bon commerçant, je leur sers quand même un verre avant qu'ils déballent leur boniment. En sirotant mon mauvais blend habituel je les ai écoutés débiter une loooooongue histoire tordue à propos d'un jeu, à propos d'un thème, à propos d'un disque à trouver. Pas net leur truc.

"Voilà Glen, on organise un jeu sur notre blog. On donne un thème et d'autres blogueurs doivent proposer un disque qui correspond au thème. On voudrait que tu nous aides sur un thème un peu compliqué." Merde, depuis quand on se tutoie les ptits gars ? On n'a pas gardé les punks ensemble. L'air de rien j'ai joué le mec intéressé. Le privé toujours sur le coup. Le mec cooooool. D'habitude quand on me propose une affaire, des engrenages s'activent au fond de mon cerveau. Ça sonne comme un tiroir-caisse et ça me joue Money en Dolby Surround. Là, que dalle. Ça sentait l’œuvre caritative à plein nez. Le Band Aid. Bon sang les mecs, y a pas écrit Bob Geldof sur ma plaque !

"Un disque beaucoup trop compliqué, indigeste, ampoulé; il y a un peu trop de tout partout, mais... c'est pour cela que vous l'aimez...." Voilà ce que cherche mon Boys Band. Un truc monté à la chantilly avec une crème au beurre. Un truc à gerber. Un truc à gâcher mon mauvais whisky. Un truc que je n'avais sûrement pas en rayon. "Attends Glen, c'est pas tout. On sait qu'il y a des mecs sans scrupule qui détournent les thèmes du jeu. On aimerait bien que tu mènes une enquête discrète là-dessus." Je ne me suis pas démonté, j'ai continué à jouer le mec attentif pendant que ma petite voix intérieure me chantait No one is innocent.

"Ok youngsters, je vais voir ce que je peux faire pour vous. Revenez me voir le 12 mars, j'aurai réglé votre affaire." Tu parles. Ça me laissait quelques jours pour voir venir. Ça me laissait quelques jours pour trouver la parade. Ça me laissait quelques jours pour me sortir de ce pétrin. Je me suis retrouvé seul avec mon blend. Seul avec cette affaire. Seul avec mon problème. Du coup je me sentais moins seul.

Dans ces cas-là j'ai une méthode quasi-infaillible. Je m'enferme dans ma pièce pleine de disques et je cherche, je fouille, j'écoute, jusqu'à ce que. Normalement ça marche. Mais allez trouver un disque indigeste dans une collection de si bon goût. Ceci dit, Baster ne recule jamais devant la difficulté. J'ai élargi mon champ d'investigations. J'ai mis des gants pour fouiller des discothèques douteuses. J'ai mis un masque respiratoire pour renifler des galettes de prog. J'ai eu le vertige, j'ai eu la nausée. J'ai même cru trouver. Yes ! Relayer précisément. Un truc ampoulé ? Yes ! Compliqué ? Yes ! Indigeste ? Yes yes yes ! Un lointain souvenir. A peine sorti du stade anal, j'avais acheté ce truc pas net. "c'est pour cela que vous l'aimez....". Ma petite voix me torturait. Non décidément, je ne pouvais pas.

Alors j'ai recommencé. J'ai fouillé, j'ai bu, j'ai gerbé. César de la loose. Comme souvent j'ai cherché l'inspiration dans la migraine. J'ai cherché looooongtemps. J'ai maudit mes voisins qui cognaient leurs radiateurs. J'ai ouvert les fenêtres, les travaux dans la rue ont envahi mon bureau. Le marteau-piqueur donnait le rythme, parfaitement synchrone avec ma migraine. Des vapeurs d'alcool a surgit l'idée. Siehst du Hyänen auf der Straße ? Siehst Du Kadaver Tanzen ?

En fait je n'ai rien vu mais j'ai tout vu. J'ai mis en marche le robot de la cuisine. J'ai allumé la télé et branché l'aspirateur. J'ai remonté de la cave la scie circulaire et le perforateur. J'ai fait sonner les réveils et les horloges. A clockwork symphony. J'ai fait hurler mes voisins. J'ai fait klaxonner les voitures sous mes fenêtres. J'ai respiré les hydrocarbures, les fumées d'usines, les vapeurs toxiques. J'ai mélangé tout ça, malaxé, pétrit. Et j'ai trouvé.

12 mars 2014. Alors youngsters, on y va ? Vous êtes prêts ? Je vous en foutrais moi de l'ampoulé, du compliqué, de l'indigeste.


(1) : voir les aventures précédentes de Glen S. Baster
(2) : il faut vous le dire comment ?
(3) : même plus envie de vous expliquer

01 Vanadium-I-Ching
02 Hospitalstische Kinder / Engel Der Vernichtung
03 Abfackeln!
04 Neun Arme
05 Herde
06 Merle (Die Elektrik)
07 Zeichnungen Des Patienten O.T.
08 Finger Und Zahne
09 Falschgeld
10 Styropor
11 Armenia
12 Die Genaue Zeit
13 Wasserturm
14 Der Herrscher Und Der Sieger
15 Affenroulette

Some Bizzare Label 1983.

Line-up :

Blixa Bargeld – lead vocals, guitars, misc.
Mark Chung – bass, backing vocals, misc.
N.U. Unruh – percussion, backing vocals, misc.
F.M. Einheit – percussion, backing vocals, misc.
Alexander Hacke – tapes, percussion, "thirsty animal", misc.
Jon Caffery – engineer
Beate Bartel – bass on "Falschgeld"


A tous les camarades participants : j'ai programmé la parution des articles mais je suis absent pendant la majeure partie du Jeu. Je ne peux donc pas lire vos posts, laisser les commentaires qui vont bien, ni écouter vos choix qui sont forcément pertinents. J'essaierai, à mon retour, de faire un tour des blogs mais aucune chance que je puisse lire les articles de façon exhaustive. Sic transit gloria mundi (j'aime bien placer cette citation).

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Merci aux visiteurs qui laissent une trace de leur passage.
Till

jeudi 16 mai 2013

This Heat - This Heat [1979] - Deceit [1981]


THIS HEAT [1979]


La pièce est grande. 10 [dix] mètres de long, 5 [cinq] mètres de large, 5 [cinq] mètres de haut. Surface 50 [cinquante] m². Volume 250 [deux cent cinquante] m3. Au sol, béton brut. Sur les murs, béton brut. En plafond, béton brut. La seule lumière naturelle provient de deux pauvres fenêtres en hauteur, inaccessibles, des jours de souffrance. JOURS DE SOUFFRANCE.

Au plafond quelques luminaires d'atelier distillent péniblement une lumière fade et froide. Température de couleur, 600 [six cents] Kelvins, blanc industriel. Pas de soleil, pas de chauffage, température basse. Froide, froide.

Tout autour de la pièce sont réparties des portes en acier gris sans inscription. 11 [onze] portes en acier. Aucune inscription. Comme dans un remake de Cube, chaque porte mène vers un destin différent. Inconnu, mystère, danger ? Sortie, lumière, liberté ? 11 [onze] portes en acier gris.

Porte 01 : l'obscurité est complète. On entend des sons électroniques de provenance inconnue. Leur résonance est amplifiée par des dimensions insondables.

Porte 02 : L'obscurité est complète. Au loin, des échos de musique, un groupe post-punk est en répétition. Il fait froid, froid, froid.

Porte 03 : obscurité complète. Plongée dans le vide, espace, cosmos. Incantations d'origine inconnue, paroles incompréhensibles. Froid.

Porte 04 : obscurité complète. Tintinabulement, cloches. Présence humaine ? Pas des cloches, des gouttes d'eau qui tombent et percutent des récipients métalliques. Ploc. Ploc. Ploc. Humidité.

Porte 05 : lumière aveuglante. Des rythmes tribaux emplissent la pièce sans qu'on puisse en voir l'origine. Musique lancinante. Voix quasi-humaine, endroit habité. DE LA VIE.

Porte 06 : semi-obscurité. Bruits  usine, sons  machines. Engrenages, roulements, acier,   machines tournent    suintent huile     vapeur.

Porte 07 : verrouillée. Nouvel essai. Verrouillée.  travers    porte     sons stridents aigüs acides. Verrouillée.

Porte    : obscurité  Bourdonnement  Voix .... lointaines .. choeurs .. étouffés souffle ..... puissant

Porte    : bruit....................bruit...............................................................bruit

Porte    : vue brouillée  ......m s que ..............................................ch nts.....sons d f rm s  *L RT* *L RT* *L RT* ....................5 1......35...................jkljihkghjg@#fdeffsgggggggggggggg

P r t    :  nt nds pl s r  n..... f n



 01. Testcard
02. Horizontal Hold
03. Not Waving
04. Water
05. Twilight Furniture
06. 24 Track Loop
07. Diet of Worms
08. Music Like Escaping Gas
09. Rainforest
10. The Fall of Saigon
11. Testcard


DECEIT [1981]



01. Sleep
02. Paper Hats7
03. Triumph
04. S.P.Q.R.
05. Cenotaph
06. Shrink Wrap
07. Radio Prague
08. Makeshift Swahili
09. Independence
10. A New Kind of Water
11. Hi Baku Sho (Suffer Bomb Disease)


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Till