jeudi 5 septembre 2013

Ukulele Orchestra Of Great Britain - Anarchy in Ukulele




 Le ukulélé dans tous ses états. Teenage Kicks revisité à grands coups d'accords aigrelets, un Should I Stay Or Should I Go qu'aurait adoré mon ami Joe, Kate Bush devenue supportable, Lou Reed servi rôti avec une sauce à la menthe, le mystère de la vie sur Mars enfin résolu, Morricone flingué à coup de 4 cordes.

Breaking news : Kurt Cobain n'est pas mort, il vit à Hawaï.

So british

Set List :

1. Devil's Gallop, Dick Barton Special Agent

2. Teenage Kicks 03:30
3. Leaning on a Lampost 06:00
4. Wuthering Heights 10:52
5. Smells like Teen Spirit 14:25
6. You don't bring me Flowers 20:00
7. Life on Mars 23:40
8. Hard to Handle 27:22
9. Mcarthur Park 30:03
10. Orange Blossom 36:27
11. The Good, the Bad and the Ugly 41:50
12. Hot Tamales, They're Red Hot 47:00
13. Satellite of Love 50:41
14. Fly me off the Handel 54:28
15. Should I stay or should I go 59:45
16. Le Freak 01:02:20

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 Till

lundi 2 septembre 2013

[Retour de concert] Et l'âne vit l'Ange...

  

Le 27 juillet dernier la foudre est tombée sur Lyon faisant environ 4500 victimes. Oh, on en a très peu parlé dans la presse, les journaux télévisés étaient déjà fort occupés à traiter des sujets brûlants comme la migration des poules d'eau dans le marais Poitevin ou la culture de l'andouille dans les boîtes branchées de Cannes. Et comment leur en vouloir ? Qui s'intéressait à 4500 bienheureuses victimes ? Bienheureuses ? Oui bienheureuses. Et consentantes.

Pourtant, rien ne laissait présager un tel cataclysme. Le ciel désespérément bleu rappelait aux plus étourdis que l'été s'était installé pour de bon depuis un mois, la température était estivale ce qui n'a rien d'extraordinaire un 27 juillet, la bière coulait à flot dans de pauvres gobelets en plastique prompts à se renverser sur les pieds maladroits et on apercevait même de maigres sandwiches et de tristes crêpes arpenter les travées d'un théâtre romain au bout de bras affamés.

Non, rien ne laissait présager un tel cataclysme. Sauf quelques oiseaux de mauvais augures espérant avidement qu'un séisme gigantesque vienne secouer la torpeur multi-millénaire des gradins en pierre. attendant impatiemment un déferlement d'énergie, un raz-de-marée électrique, un orgasme musical. Les dernières miettes de Belin rapidement dispersées, la tension était vite devenue palpable dans les rangs serrés des naufragés volontaires du proscenium. Au moindre frôlement, des étincelles jaillissaient des corps coupables et éclairaient joliment la fosse, jetant des ombres inquiétantes sur les âmes perdues en quête d'énergie vitale.

Puis, répondant à un signal mystérieux, une coutume ancestrale ou une décharge tellurique, tous ces corps se sont connectés en un immense réseau. Plugged. Ce réseau improvisé, vecteur d'un flux électrique dévastateur, s'est tout entier tourné vers la scène qui enfin, enfin, laissait germer ses mauvaises graines. Nous savons qui vous êtes.

Le flux électrique est instantanément absorbé par les mauvaises graines, transformant les semences diaboliques en un  monstre incontrôlable, créature mythologique, trou noir, noyau d'antimatière, générateur et amplificateur d'énergie. Le monstre saisit la foule dans sa gueule et l'entraîne en hurlant le long de Jubilee Street. Cours, galope, trébuche dans la rue devenue brasier, façades en flammes, immeubles en ruine, poursuivi par une boule de feu inarrêtable. I'm flying, look at me. Le monstre vole sur les flammes, s'y brûle les ailes, terrible et sublime. Trop tôt pour un paroxysme.

I want to tell you about a girl
She lives in room 29
That’s the one right on top of mine...


La chambre 29 elle aussi est emportée dans le grand incendie. Les planchers grincent, les poutres fument, personne ne sortira d'ici vivant. Flammes, ruines, débris, poussière, fumée, plus que les yeux pour pleurer. I hear her cryin'. Pleurer. Une chanson pour pleurer pendant que les femmes et les hommes dorment. Mais personne ne peut dormir quand l'orage continue à gronder. Les roulements de tonnerre déchirent les tympans, les éclairs zèbrent le ciel, magnifiques. Comme un soir d'orage sur Tupelo, Mississipi, comme un soir d'orage pour célébrer la naissance d'un autre mythe, un roi sans couronne.

Poursuivant sa course folle, crachant flammes et fumée le monstre écrase, piétine, broie tout sur son passage. Des sirènes exsangues lancent en vain leur chant vénéneux, les chœurs d'une église baptiste s'en remettent à ce qu'ils connaissent le mieux mais rien n'y fait, leur gospel endiablé échoue à son tour. Le monstre écrase, piétine, broie tout sur son passage. Poor Deanna.

Soudain, comme terrifié par sa propre férocité, il s'immobilise, pétrifié au son de quelques accords de piano. Le temps est suspendu, le monstre semble touché par la grâce, proche de la rédemption, la Belle et la Bête s'affrontent silencieusement. Rédemption. Grâce. Temps suspendu. Mais non, la voix intérieure le guide. Les gens ne sont pas bons, alors attaque, dévaste, détruit, pas de quartier, pas de pitié. Alors la bête rugit à nouveau, plus fort que jamais. La bête serre la foule dans ses bras et reprend sa course folle. La bête entraîne la foule dans une danse diabolique. Le fantôme de Robert Johnson surgit, une guitare à 10 dollars dans le dos. Avec un mauvais sourire il plante un archet dans celui d'Ellis.

La messe est dite, le diable s'invite au festin. Robert Johnson et le diable, qui sait lequel étripera l'autre ?
La lutte est rude, âpre, acharnée. Toutes griffes dehors, les coups pleuvent, les démons se mêlent à la transe. Stagger Lee, Jack l'Eventreur, une main droite ensanglantée arrache les âmes au son d'une cloche lugubre. Le monstre rugit, hurle, crache. La lutte est rude, âpre, acharnée, à en repousser les limites du ciel.

Le ciel désespérément bleu a cédé aux teintes de la nuit naissante. Dans le brasier 4500 témoins muets, essoufflés, épuisés regardent la bête se retirer lentement des décombres, repue, rassasiée, victorieuse. Personne ne sortira d'ici vivant, personne ne sera plus vraiment comme avant.

Thank you Mr Cave.
C'était le 27 juillet 2013. J'y étais.




Set-List :

We Know Who U R
Jubilee Street
From Her to Eternity
The Weeping Song
Tupelo
Mermaids
Deanna
People Ain’t No Good
Into My Arms
Higgs Boson Blues
The Mercy Seat
Stagger Lee
Push the Sky Away

Rappel :

We Real Cool
Red Right Hand
Papa Won’t Leave You, Henry
Jack the Ripper
Love Letter


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Till

jeudi 25 juillet 2013

[SINGLéS] The B-52's - Rock Lobster / 52 Girls 7" [1978]


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 Ça commence mal. La fête sur la plage tourne au cauchemar quand un convive perd malencontreusement son lobe d'oreille.  On le retrouve vite fait mais c'est définitivement le bordel sur cette plage. Un plongeur se noie dans un tourbillon de bulles et se fait bouffer par un coquillage géant, les sirènes sont des gorgones qui cherchent l'âme frère, les dauphins flippent, les hippocampes se la jouent surfeurs, les nageoires clapotent, sous les applaudissements de coquillages facétieux. Mais c'est bel et bien une langouste qui est responsable de tout ce cirque. Rock Lobster est un des plus joyeux bordels aquatiques qu'il m'ait été donné d'entendre.

A. Rock Lobster
B. 52 Girls

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Till

mardi 23 juillet 2013

Batlik - L'Art des Choix [2010]


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Recyclage du blog Lemieletlesoreilles


Pourquoi Batlik ? A priori ce n'est pas mon univers musical. Hé ho Till, keske tu racontes là ? Oui c'est vrai qu'est-ce que je raconte ? Mon univers musical englobe tous les gens dont la musique me fait quelque chose . Pour ceux qui ne voient pas plus loin que leur écran, désigne une zone de mon anatomie située approximativement entre le bas-ventre et le début de la cage thoracique. L'abdomen, le ventre, le bide, le buffet, appelez-ça comme vous voulez, moi je me comprends et c'est bien l'essentiel.

Voilà ! C'est ça la réponse. Pourquoi Batlik ? Parce que sa musique me fait quelque chose . J'ai mis du temps à m'intéresser au monsieur. Quand il s'agit de chanteurs français je suis toujours méfiant. Mon drame c'est que je parle le français couramment et que je comprends plutôt bien les paroles. Sauf celles d'Indochine. Donc je me méfie. Un texte qui me gêne, une musique qui fait du sous-Têtes Raides et aussi sec je mets de côté pour écouter plus tard, souvent aux prochaines Calendes grecques. Curieusement je n'ai pas la même réaction avec les étrangers qui chantent en étranger. Mais je sais que c'est idiot.

Donc Batlik c'est venu tardivement. Parce qu'un ami m'a offert L'art des choix. On se connait assez, lui pour savoir que ça me plairait et moi pour savoir que ça me plairait. Et réciproquement. Et donc je l'ai écouté et donc ça m'a plu. Parce que le monsieur écrit bien, parce que sa musique je ne sais pas en parler, parce que son phrasé sacca
dé, où parfois les mots sont reje
tés plus loin accroche mon oreille avec bonheur.

Et puis le monsieur je l'ai vu sur scène depuis. C'était une toute petite salle et ça c'était bien. Ils étaient trois musiciens sur scène avec une bonne ambiance et ça c'était bien. Les instruments n'étaient plus tout à fait les mêmes que sur le disque et ça c'était bien. Il a passé presque autant de temps à discuter avec le public qu'à jouer et ça c'était bien aussi.

Batlik j'aime bien. Batlik travaille en dehors des circuits commerciaux. Disques auto-produits, label indépendant. Batlik ne fait pas de buzz. Batlik est un pur. Batlik mérite bien qu'on parle un peu de lui.


01 - sage renoncement 3'06
02 - un bon français 3'14
03 - la main dans le sac 2'46
04 - le mal est fait 3'19
05 - l'effort de soumission 4'18
06 - l'indépendant 2'56
07 - na dé milyons d'années 3'35
08 - l'art des choix 2'59
09 - mauvais homme 3'28
10 - à la ronde 2'09
11 - nuisible retranché 2'42
12 - porte de Clichy 3'36


Batlik (guitare chant)
Jean Marc Pelatan (basse, clarinette)
Seb Brun (batterie)
Nicolas Brûche (trompette)
Julie Rousseau (choeurs)
Hugo Votocek (ingé son)

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Till

mardi 25 juin 2013

[SINGLéS] Téléphone - Métro (Live) 7" - 1977


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7 juin 1977. Téléphone et Television sont dans un bateau. L'Olympia, au top de la communication, est équipé pour un soir de Téléphone et de Television. Aubertignac vs Verlaine. Television a déjà sorti Marquee Moon, Téléphone a déjà sorti les poubelles. Rien d'autre.

Le lendemain se trouve être le 8 juin 1977. Le monde est bien fait. Téléphone, sans Television, est dans un bus. Le Bus Palladium  sera la scène de leur premier enregistrement qui verra la sortie du premier single. Auto-produit, pressé en 2000 exemplaires, vendu à la sortie des concerts. Moi je le tiens d'un pote. Merci Hyp.



A. Métro
B. Hygiaphone



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Till

samedi 22 juin 2013

Grand Jeu n°6 - Thème 7 - VA - A Salvo Of 24 Gunshots





GRAND JEU DES BLOGUEURS MANGEURS DE DISQUES - 6EME EDITION
THEME 7 - LA FETE DE FIN DE JEU

On va pas se quitter triste, allez ! Maquillage, paillettes, déguisements et cotillons... on va s'éclater.

Ouais on va faire la fête. Ça c'est sûr on va s'éclater, on va s'en mettre jusque-là. Ouais c'est sûr. Pour tout dire ce que je crains avec les fêtes prévues à l'avance, c'est le côté prévu à l'avance. Le truc bien organisé, venez comme ci, amenez ça, vous allez voir comme on va se marrer. Ouais c'est sûr on va se marrer. Et puis, n'en déplaise à Sorgual, le côté maquillage, paillettes, déguisement et cotillons, j'assume pas. Mais vraiment pas.

Alors je me suis dit comme ça : "Mon coco..."  - c'est un petit nom que je me donne quand je ne suis pas d'accord avec moi-même - "...Mon coco, après une intro comme ça, tu comptes faire quoi ?. Dire bonne nuit les petits et aller te coucher à 9h ? Tirer la tronche toute la soirée en te saoulant la gueule dans ton coin ? Rester dans la cuisine avec les écouteurs sur les oreilles ?".

Et non "Mon coco" - ça c'est  moi-même qui ne suis pas d'accord avec je, si vous suivez - car à force de chercher LE truc pour faire une fête différente, j'ai trouvé LE truc pour faire une fête différente. Noooooon ? Si ! Alors oui les copains, je vous propose une fête pas comme pas les autres, une fête comme je ne l'aurais pas imaginée dans mes pires cauchemars. A ce point-là ? Ouais, à ce point-là. Mais il va falloir me suivre et me faire confiance. Et ouais.

Donc vous fermez les yeux et vous me suivez. Bon, finalement gardez les yeux ouverts,ça sera plus simple pour me suivre. Je vous emmène dans un endroit cauchemardesque, un endroit où je ne vais jamais, un endroit où il faudrait me tirer par les pieds pour que je les y mette. Non, pire qu'un bowling. Non, non, pire qu'une boîte de nuit. Mais non, bien pire qu'un colloque sur le positionnement stratégique des vannes 6 voies dans une perspective hégélienne du marché des piscines à débordement.

Essayez d'imaginer. Ça peut se passer sur la place Robert Schumann à Mulhouse. Ou sur le boulevard de la Croix-Rousse à Lyon. Ou sur la place du marché de Caudry. Ou ailleurs hein, là je cite celles que je connais, faites un effort aussi. Allez je vous aide. Je vous emmène dans une fête foraine. Ah bin je vous avais prévenus hein. A Lyon on appelle ça la vogue, à Caudry c'était juste la foire, à Mulhouse la kilbe, mais pour les initiés. Bon, la fête foraine, la foire, la fête à neu-neu, la fête de beaufs, appelez-ça comme vous voulez, je déteste ça, ça me file le bourdon, des boutons et la nausée.

Alors oubliez les manèges, laissez tomber les autos-tamponneuses, contournez le train fantôme, faites comme si vous n'aviez pas vu les lumières clignotantes, pas entendu la Bande à Basile et le Bézu, pas senti les odeurs de barbapapa et de caramel chaud, pas vu les cornets de frites dégorger d'huile et de mayonnaise. Évitez la bière, elle est chaude et insipide. Et suivez-moi dans le seul endroit de cette foire qui m'intéresse. Le stand de tir.

"Quoi ? Non mais Till tu rigoles ou quoi ? Tu nous as baratiné pendant deux heures, tu nous traines dans cet...endroit, pour nous proposer le stand de tir ? Non vraiment tu déconnes vraiment là". Attendez les copains, ne partez pas, ce soir c'est Midnight Special, '38 special, la soirée spéciale, mais sans les Specials. Installez-vous vite ça va commencer. Ce soir on ne fait pas les marioles avec les carabines à fléchettes. Ce soir on ne joue pas les durs en explosant des ballons baudruches pour frimer devant les copines. Ce soir j'ai invité spécialement pour vous des tireurs d'élite. Pas du chasseur de chevreuil du dimanche, pas du serial killer à deux balles, pas du commando des marines en mission spéciale, pas du représentant fascisant de la NRA.

Non des tireurs de classe internationale, les rois du six-coups, les as de la six cordes, des shooters de bourbon et de tequila, réunis pour dire à Jeff que décidément il est pas tout seul. Ce soir j'ai fait sortir de leur garage la crème des groupes de rock venus spécialement jouer du flingue au nom du  Gun Club. Ce soir le stand de tir va chauffer, ça va sentir la poudre brulée et la graisse chaude, les tympans vont exploser, les salves des 24 fusils vont crépiter jusqu'à s'en faire devenir fou, le feu d'artifice va embraser la ville entière.  Et vive le feu !

Regardez-les mettre en joue. Mick Collins et sa voix de velour est venu de Detroit avec ses Dirtbombs, The Cool Jerks débarquent en rangs serrés de Californie, les Cowboys From Outerspace trainent leur perfectos depuis Marseille, les Dead Brothers, encore eux, arrivent en traineau de leur Suisse natale et ils amènent dans leur sillage DM Bob et ses Déficits. Et Elvis' Corpse Revisited et The Fatals et les Mighty Go Go Players. Les copains c'est la fête, ça shoote, ça flingue, ça tire dans tous les sens, y a le feu partout. Et Jeffrey est content, je le vois qui rigole dans sa bière. Jeffrey rigole,  c'est la fête !


01 - SEX BEAT - Elvis' Corpse Revisited
02 - PREACHING THE BLUES - The Cowboys From Outerspace
03 - PROMISE ME - The Come Ons
04 - SHE'S LIKE HEROIN TO ME - The Bare Ass Minimums
05 - FOR THE LOVE OF IVY - The Cool Jerks
06 - FIRE SPIRIT - The Magnetix
07 - GHOST ON THE HIGHWAY - Demolition Doll Rods
08 - JACK ON FIRE - Blanche
09 - BLACK TRAIN - Mighty Go Go Players
10 - COOL DRINK OF WATER - Speedball Baby
11 - GOODBYE WATERMELON JOHNNY - Flytrap
12 - MOTHER OF EARTH - DM Bob And The Deficits
13 - MY DREAMS - The Oubliettes
14 - SLEEPIN' IN BLOOD CITY - The Fatals
15 - LUPITA SCREAM - The Dirtbombs
16 - DEATH PARTY - Girl Trouble
17 - THE STRANGER IN OUR TOWN - The Jakes
18 - LIKE CALLING UP THE THUNDER - The Sonic Chicken 4
19 - BAD INDIAN - Andy G And The Roller Kings
20 - DEVIL IN THE WOODS - The Rebel
21 - THE HOUSE ON HIGHLAND AVE - Sunday Ada
22 - DEVIL IN THE WOODS - Teppaz & Naz
23 - YOUR MAN'S FEELIN LOW - Guitar Fucker
24 - MOTHER OF EARTH - Dead Brothers

25 - MOTHER OF EARTH - Lucas Trouble (Bonus 7inch)
26 - MOTHER OF EARTH - Ultralove (Bonus 7inch)

Gunshots 1 à 13
Gunshots 14 à 26

PS : Malheureusement le mp3 ne rend pas justice à ce disque qui a une histoire belle et tragique. Cette idée folle est née chez le petit label viennois (à côté de Lyon) Unrecording Records en 2005. Fred, fondateur du label et guitariste chanteur de Elvis' Corpse Revisited a tenu jusqu'au bout son pari insensé de produire un double vinyle, pressé en 1000 exemplaires, hommage au Gun Club en réunissant la crème des groupes rock / garage français associés à des pointures étrangères susceptibles de nager avec aisance dans les eaux poisonneuse du Gun Club. A line-up soigné, pochette soignée : double album cartonné épais avec une gravure noire et blanche d'un colt Smith & Wesson. Unrecording Records a mené son projet fou jusqu'au bout. Unrecording Records s'est suicidé de 24 gunshots dans la tête. Tragique et beau.



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Till

jeudi 20 juin 2013

Grand Jeu N°6 - Thème 6 - Bow Wow Wow + The Wailers

GRAND JEU DES BLOGUEURS MANGEURS DE DISQUES - 6EME EDITION
THEME 6 - LA MATURITE N'ATTEND PAS LE NOMBRE DES ANNEES
Précoces ou tardifs, étoiles filantes ou confirmations, la musique a produit des petits génies à tous les âges.

Bow Wow Wow - Your Cassette Pet [EP] - 1980
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C'est l'histoire du Grand Jeu des blogueurs.
C'est l'histoire du thème pour lequel j'avais peu d'inspiration et peu de temps disponible.
C'est aussi l'histoire du thème pour lequel j'avais fini par faire un choix. Mais dans cette histoire-là Devant m'avait coupé l'herbe sous le pied en choisissant le même disque pour le thème "Pictural".
Parce que c'est l'histoire d'Anabella Lwin qui n'avait que 13 ans quand Malcolm Mclaren l'a recrutée comme chanteuse de Bow Wow Wow. On peut bien parler de précocité non ? Et comme je me suis retrouvé Grosjean comme Devant, j'ai choisi finalement le tout premier enregistrement du groupe, sorti uniquement en cassette en 1980. Probablement rien d'inoubliable hormis les ambiances sulfureuses et les textes plus qu'ambigus voulus par McLaren (Louis Quatorze, Sexy Eiffel Towers...). N'oubliez par l'âge d'Annabella à l'époque.


A1 - Louis Quatorze        
A2 - Gold He Said        
A3 - Uomo Sex Al Apache        
A4 - I Want My Baby On Mars        
B1 - Sexy Eiffel Towers        
B2 - Giant Sized Baby Thing        
B3 - Fools Rush In        
B4 - Radio G String


The Wailing Wailers - At Studio One - 1965


C'est aussi l'histoire du thème pour lequel j'ai hésité entre mes maigres choix. A force d'hésiter j'ai fini par choisir de ne pas choisir. Alors je vous propose aussi les premiers enregistrements des Wailing wailers dans le légendaire Studio One. Sur la pochette, Nesta Robert Marley entouré de Neville Livingston et Winston Hubert McIntosh. Avec un peu d'imagination ils auraient pu opter pour des noms plus faciles à retenir, je ne sais pas moi, Bob Marley, Bunny Wailer et Peter Tosh par exemple. Mais non.

Et l'histoire des Wailing Wailers elle commence avec l'enregistrement du tout premier single "Simmer Down", alors que Bob a 19 ans, Peter 20 et Bunny 17. Une sorte de précocité aussi non ? Des dizaines de morceaux seront enregistrés en l'espace de deux ans dont une sélection de douze a pris la forme d'un LP.

01 - (I Am Gonna) Put It On
02 - I Need You So
03 - Lonesome Feeling
04 - What's New Pussicat
05 - One Love
06 - When The Well Runs Dry
07 - Ten Commandments Of Love
08 - Rude Boy
09 - It Hurts To Be Alone
10 - Love And Affection
11 - I'm Still Waiting
12 - Simmer Down


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Till

mardi 18 juin 2013

Grand Jeu N°6 - Thème 5 - Orchestre Rouge - Yellow Laughter [1982]



GRAND JEU DES BLOGUEURS MANGEURS DE DISQUES - 6EME EDITION
THEME 5 - FRANCOPHONIE
 Ici, on chante ou on est Français.
 La portière claqua au moment où il parvenait enfin à décoller le bas de l'affiche. Les autres avaient préféré se réfugier dans la bagnole. Théo grelotta. Le crachin insidieux s'infiltrait partout sous les vêtements. Humide et froid. Il roula rapidement l'affiche, elle irait rejoindre sa collection, toutes ces affiches récupérées à l'issue des concerts auxquels il assistait depuis plus de vingt ans. Vingt ans. La date écrite au dos et allez, bien rangée avec les autres. Pas qu'il soit un archiviste dans l'âme, ni un historien des concerts, il n'écrivait pas de compte-rendu des sets de ses groupes préférés. Non juste les affiches et leur présence rassurante, comme un fil conducteur de sa vie consacrée à écouter de la zik.

Théo ramassa sa bière et, son affiche sous le bras, traversa la rue en courant pour se caler à l'arrière de la voiture. Au sec. Pas tout à fait au chaud. Putain de pluie. La radio nasillarde diffusait les paroles insipides d'une speakerine qui n'avait rien à dire. Merde, on pouvait pas arrêter cette radio ? Le concert était terminé depuis plus d'une heure maintenant et la rue était déserte. Plus un chat. Plus une crête. Plus le moindre mec défoncé à l'horizon. L'horizon, façon de parler. Un réverbère paresseux balançait une lumière famélique qui peinait à éclairer les deux côtés de la rue. Mais la lumière, aussi faible soit-elle, faisait joliment briller les gouttes de pluie sur le pare-brise, dans des tons orangés. Théo les remarqua en même temps que le point rouge qui se déplaçait par à-coups dans la voiture.

"Je cherche une drogue qui ne fait pas mal". En rigolant Denis lui tendit le pétard. Au moins quinze fois que Théo lui expliquait d'où venait cette phrase. Denis avait encore oublié. Denis s'en foutait un peu. Denis lui passa le pétard et Théo tira dessus un moment, songeur. Le concert était moyen, pas un des meilleurs qu'il ait vus. Mais le chanteur jouait du violon sur certains titres et ça lui rappelait de vieux souvenirs. Très vieux. Perdu dans ses pensées, Théo passa machinalement le pétard à Pascal qui s'impatientait sur le siège passager. La lumière rouge incandescente, les gouttes orangées sur la vitre. Et cette lumière bleue qui venait d'apparaître dans la rue. "Red Orange Blue". Théo sourit.

"Merde". Le cri de Denis le fit sortir de sa torpeur. Dans la même fraction de seconde il prit conscience du pétard que Pascal écrasait précipitamment dans le cendrier, de la panique de Denis et de la lumière  qui s'était immobilisée à proximité de la voiture. Malgré la pluie, facile de reconnaître les  six lettres peintes sur le véhicule. "Soon Come Violence". Denis et Pascal tournaient encore les manivelles pour descendre les vitres des portières que déjà l'uniforme leur demandait de sortir de la bagnole. Fait chier, il pleuvait encore plus fort. Tous les trois posèrent les mains sur le toit de la voiture, les deux flics derrière eux. Fouille rapide, palpe en haut, palpe en bas. "Mon seul contact physique est avec la police".  Obéissant à l'injonction Théo sortit lentement ses papiers de sa poche. Le flic les examina longuement à la lueur d'une petite lampe torche. Trop longuement. Merde, qu'est-ce qu'il fout, c'est quoi le problème ?

"Théo ? Comme le chanteur d'Orchestre Rouge ?" Pendant une seconde, pendant une éternité, Théo entendit tourner cette phrase dans sa tête. Les mots tournoyaient, heurtaient les parois de son crâne, rebondissaient, s'entrechoquaient, essayant de s'assembler dans un autre ordre, de prendre un autre sens. Mais non. Cette phrase il la répétait à l'envi autrefois. Autrefois. A l'époque où il zonait de squat en squat, de concert en concert, avec, avec...Pierre. "Putain Pierre ?" Pierre qui jouait un peu de gratte. Pierre avec qui il voulait monter un groupe. Pierre avec qui il écoutait en boucle les albums d'Orchestre Rouge. Pierre avec qui il avait vu la bande de Théo Hakola au moins dix fois en concert. Les guitares acérées, la basse  en avant, le violon, la voix bizarrement placée de Théo, son accent à couper au couteau quand il chantait en français. Pierre, l'ami, le pote, le frère. Pierre perdu de vue. Pierre devenu flic. Merde.

Théo tourna la tête et croisa le regard de Pierre. Manifestement les mêmes pensées traversaient son cerveau. Les mêmes connexions de neurones, provoquant les mêmes synapses, aboutissant aux mêmes souvenirs. Pareil. Curieuses retrouvailles, si longtemps après. Curieuses retrouvailles où les mots ont disparu, remplacés par le vide, la gêne. Rien à se dire. Un long regard, pas un mot. Interminable. Minable. "C'est bon, tu peux y aller Théo." Clac. Le silence rompu. L'instant d'après, ses papiers dans la main Théo regardait disparaître la bagnole, les flics et le gyrophare bleu. Plus de lumière bleue.

De retour à l'arrière de la caisse, Théo regardait le pétard qui finissait lentement de se consumer dans le cendrier, diffusant ses dernières volutes dans l'habitacle, sa lumière rouge à jamais disparue. Denis et Pascal se taisaient, respectant le silence de Théo. La radio éteinte respectait le silence de Théo. La pluie maintenant arrêtée respectait le silence de Théo. Plus un bruit. Le minable petit lampadaire se mit au diapason de l'ambiance, son ampoule rendit l'âme, plongeant la rue dans l'obscurité, effaçant du même coup les gouttes orangées du pare-brise. Noir complet.


 Red Orange Blue


01. Soon Come Violence
02. Je cherche une drogue (qui ne fait pas mal)
03. Soft Kiss
04. Red Orange Blue
05. Hole In His Thigh
06. The Consul
07. Speakerine
08. Slugs
09. Crows

Theo Hakola - chant, guitare
Pierre Colombeau - guitare
Denis Goulag - guitare
Pascal des A - basse
Pascal Normal - batterie

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Till

dimanche 16 juin 2013

Grand Jeu N°6 - Thème 4 - The Dead Brothers - Wunderkammer [2006


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GRAND JEU DES BLOGUEURS MANGEURS DE DISQUES - 6EME EDITION
THEME 4 - R.I.P.

A la demande de Jimmy, cette épreuve ne prendra pas de caractère morbide, nous acceptons les disparus par arrêt de carrière, split, manque de succès, les "chanteurs morts" comme disaient les Nuls.

La fanfare délabrée

Allez Mesdames et Messieurs, avancez, avancez.
N'hésitez plus, rejoignez le joyeux cortège
funèbre des Dead Brothers.
Entrez dans la danse, venez célébrer les noces funèbres.
Laissez-vous envoûter par Kaa, le serpent maléfique,
qui vous entrainera dans son ballet magique.
Allez Mesdames et Messieurs, la nuit sera longue.
Suivez Tom Waits, maitre de cérémonie
qui a accroché des étoiles filantes à son chapeau.
De sa baguette magique il récoltera les larmes
de couleur de bluesmen poussiéreux.
Allez Mesdames et Messieurs, la nuit sera belle.
Suivez la procession de notre fanfare délabrée
dans les rues de New-Orleans.
La foule en transe se joint à l'orchestre
et si vous y perdez le souffle
Dr John vous redonnera vie
et jeunesse pour l'éternité.
Allez Mesdames et Messieurs, la nuit sera chaude.
Vibrez au son acidulé des banjos,
le cœur des tubas bat la chamade.
Accordez l'aumône à l'accordéoniste fou
qui vous enivrera de sa tristesse infinie.
Ecoutez les incantations du sorcier vaudou
nimbé des brumes de son bayou.
Allez Mesdames et Messieurs, la nuit sera douce.
Goûtez l'amertume de la mélancolie,
et la douceur du poison
dans la farandole enfumée de notre fanfare déglinguée.
M. Loyal vous invite à entrer
dans son cabaret louche
où la décadence est beauté.
Allez Mesdames et Messieurs, la nuit est à vous.
Esquissez un pas de danse macabre
au son des cuivres poisseux.
Le grand Tom vous entraîne encore
et encore dans sa fête triste
et son manège enchanté.
Allez Mesdames et Messieurs, avancez, avancez.
N'hésitez plus, rejoignez le joyeux
cortège funèbre des Dead Brothers.
ici on chante la vie, on chante la mort,
Allez Mesdames et Messieurs
la nuit est courte, la vie est belle.


01. Trust In Me        
02. Old Pine Box        
03. Greek Swing        
04. I Can't Get Enough        
05. Mustapha        
06. Just A Hole        
07. Am I To Be The One        
08. Time Has Gone        
09. Marlene        
10. The Storry Of Woody And Bush        
11. Fred - Seaside Town In The Rain
12. Buried Alive
13. Les Papillons Noirs

Il s'agit ici de la version éditée par Lollipop Records qui contient les titres 12 et 13 qui n'apparaissaient pas sur la version de Voodoo Rythm.


Line-up :
Banjo, Vocals – Dead Alain
Drums, Vocals, Trombone – Dead Delany
Guitar, Accordion, Piano, Organ – Dead Pierre
Trumpet, Tuba – Dead Christoph



Si vous cherchez un mot de passe, essayez donc downgrade.
Merci aux visiteurs qui laissent une trace de leur passage.

Till

samedi 15 juin 2013