jeudi 8 janvier 2015
lundi 15 décembre 2014
The Boys Next Door - Live at Swinburne College - [19-08-1977]
HERALD SUN MELBOURNE
Edition du 20 août 1977.
La folie punk semble s'être emparée de la jeunesse australienne ces derniers temps. En effet depuis quelques mois sévissent, à Melbourne même, des groupes dont l'influence néfaste sur les valeurs fondatrices de la société australienne doivent absolument mettre en alerte les responsables politiques locaux et nationaux. Familles de la bonne société de Melbourne, craignez pour l'avenir de vos enfants. Soyons vigilants, ne laissons pas cette mauvaise graine germer, prendre racine et se répandre comme la chienlit.
Hier soir encore le Swinburne College, honorable institution de l'éducation Melbourniane, a été le théâtre des exactions d'une bande de jeunes voyous se faisant passer pour des musiciens. On se demande en effet comment ce Nicholas Edward Cave et ses petits camarades peuvent oser prétendre au titre de musiciens, eux dont le principal fait d'armes consiste à massacrer des chansons célèbres du répertoire de la musique populaire anglo-saxonne. Ce Monsieur Cave chante aussi faux qu'il hurle fort et ses acolytes font, de toute évidence, souffrir les pauvres instruments dont ils peinent à sortir des sons à peu près acceptables pour une oreille humaine.
Et encore faut-il dire un mot des "paroles". Quand ils arrêtent de massacrer les chansons des autres ces jeunes prétentieux se targuent de jouer leurs propres "compositions", dont le contenu aurait gagné à rester dans la poubelle au fond de laquelle ils les ont probablement ramassées. Qu'est-ce qu'un morceau intitulé "Masturbation Generation" a à faire sur la place publique ? Sans doute leur but n'est-il que de choquer l'auditoire par leurs textes orduriers et leurs provocations faciles. Probablement ont-ils à cœur de s'affirmer en piétinant bêtement la longue tradition australienne des groupes de hard-rock qui ont fait la fierté du pays et sa renommée à travers le monde. Certainement, ces jeunes dépravés, aux coupes de cheveux improbables, se trouvent-ils plus malins à sortir du glorieux sillon tracé par AC/DC, Rose Tattoo ou Cold Chisel.
De hurlement sauvage en accord raté, on n'a de cesse de s'interroger sur les motivations d'un public prêt à débourser quelques précieux dollars pour assister à cet effroyable spectacle. Toute personne saine de corps et d'esprit devrait avoir comme priorité absolue d'éviter à tout prix ce genre de représentations affligeantes. Et de prier de toutes ses forces pour que ce phénomène étrange qui pousse une partie de la jeunesse à adopter ces tenues vestimentaires provocantes, ces attitudes dépravées et ces grimaces répugnantes, pour que ce phénomène donc, reste confiné à la tristesse londonienne et à la grisaille mancunienne et épargne, tant que faire se peut, nos riantes métropoles ensoleillées.
Et pourtant, il faut bien reconnaitre qu'il y avait du monde à ce concert. C'est à croire que tout ce que la jeunesse australienne compte de marginaux et asociaux s'étaient donnés rendez-vous hier soir au Swinburne College de Melbourne. On remarquait sans peine la tristement célèbre Tank Girl, surmontée de sa ridicule houppette. Son petit ami, le kangourou mutant Booga (sic !) a eu toutes les peines du monde à s'extirper du tank, négligemment garé sur le trottoir, tant il semblait sous l'effet de substances psychotropes prohibées. C'est un pack de bières sous le bras que Tank Girl a accueilli ses amies Jet Girl et Sub Girl qui avaient laissé leur moyen de transport respectif dans un coin des Central Gardens voisins.
Parmi les pseudo-célébrités présentes on trouvait également Chris Bailey et ses soi-disants Saints, arrivés tout droit de Brisbane qu'on aurait préféré qu'ils ne quittent jamais. Il n'était pas plus étonnant de remarquer, au milieu de cette concentration de rebuts de la société, le sulfureux détective privé Glen S. Baster, qui ne recule devant aucune compromission pour associer son nom aux manifestations les plus scandaleuses, espérant ainsi glaner une pauvre gloire éphémère et futile au regard de l'indigence de sa misérable carrière.
Il semble réellement que tout l'underground de l'outback avait rappliqué backside et le leash en bandoulière pour se presser dans le backstage du groupe du soir. The Boys Next Door, un nom à oublier rapidement.
Matt Mc Onery
Line-up :
Nick Cave : haaaaaaaaaaahhh !
Mick Harvey : gling gling
Tracy Pew : dong dong
Phil Calvert : boum chic boum
Track-list :
01 Blitzkrieg Bop
02 Ain't It Funny
03 I'm 18
04 Gloria
05 Masturbation Generation
06 Who Needs You? (That Means You)
07 I Put A Spell On You
08 My Generation
09 Big Future
10 These Boots Are Made For Walking
11 World Panic
12 Louie Louie
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Till
jeudi 16 octobre 2014
Marianne Faithfull - Before The Poison [2005]
Une Quête de Glen S. Baster
La bouteille avait roulé au fond de la pièce. Ouais. Mais j'avais parfaitement capté son regard torve. J'avais parfaitement lu dans son œil ouvert. J'avais saisi le message. Cinq sur cinq. "Tu reviendras un jour. Vas-y, essaie de m'oublier, tu ne pourras pas. No way, tu reviendras et je serai là." C'était une vieille histoire entre elle et moi et elle n'avait pas envie que ça s'arrête. Moi si. Désolé sweet heart, terminus, fin du voyage, Me and my bottle c'est fini. Le disque est rayé, bazardé, filé au Garbage man. Mon rayon de soleil était passé par là. J'avais vu la lumière divine. Rédemption, ouais, comme un vieux con de rocker mystique.
Hey ! Je ne pouvais quand même pas tirer le rideau comme ça sans un concert d'adieu. Alors quoi ? Alors je m'étais réfugié dans mon rade préféré. Mon pub de galère. Mon bateau ivre et j'étais bien amarré au zinc. Pour la millième fois j'avais franchi la porte du O'Malley's Bar. Mon tabouret m'attendait. Le comptoir m'attendait. Son ultime pilier pour chavirer. J'allai pleurer dans ma bière.
Derrière le bar, Lucy Jordan me matait du coin de l’œil. Lucy avait vu ma gueule se pointer. Lucy avait saisi le message. Cinq sur cinq. Elle avait lâché le verre et le torchon, elle avait fouillé dans un placard et elle avait posé le disque sur la platine. Spécial Baster. Spécial déprime. Mauvaise rime, good girl. Je savais de quoi elle était revenue. Du haut de son toit elle avait compris des trucs qui m'échapperaient toujours. Elle avait vu ma tronche et elle avait choisi le bon disque. Spécial Baster.
Elle connaissait peut-être les mystères de l'amour mais rien de ça entre nous. Lucy c'était mon ange gardien. Ma bouée quand le bateau ivre chavire. Les secours en mer. La bière me rendait bavard. Je m'étais laissé aller, Lucy savait écouter. Love is crazy, love is blind. "So what Baster ? Tu nous fais chier à te lamenter sur ton sort, bouge-toi putain !" Mes amis ont la fâcheuse manie de vouloir me secouer. Lucy pareil. Je ne voulais pas de pitié, juste besoin qu'on m'écoute. Oh Lucy can you hear me when I cry and cry and cry ?
Non Lucy avait décidé de me secouer. Conneries. Je lui avais raconté mon rayon de soleil, l'admiratrice de Springsteen, ma mystérieuse inconnue. Je lui avais raconté le parfum qui flottait encore dans mon bureau longtemps après son départ. Je lui avais raconté le bruit des pas qui s'éloignaient irrémédiablement. Ouais ouais ouais. Lucy se marrait. Lucy me chambrait. "Alors Baster qu'est-ce que tu nous fais là ? C'est ta crise de la cinquantaine ?" Je ne voyais rien d'autre à faire, j'ai repris une bière.
Le poison coulait lentement dans mes veines. C'était plus facile avant. Avant je buvais mon malt pour ne penser à rien. Maintenant je buvais pour ne plus penser à ça. Lucy se marrait. Lucy sifflotait. Lucy chantait. Down the road came a Junco partner, he was loaded as he can be, he was wobbling all over the street. Impitoyable. Entre deux bières j'avais sorti le bout de papier. Avec la grâce du privé à la recherche de renseignements, j'avais fait glisser le bout de papier vers Lucy. When you remember who I am, just call. Pas de signature mais j'avais reconnu le parfum. Sans l'ombre d'un doute.
"Alors qu'est-ce que tu fous encore là Baster ? T'es un privé non ? T'es pas capable de la retrouver tout seul ?" Trois questions à la suite, c'était trop pour moi. D'habitude c'est moi qui les pose les questions. Ça m'évite de devoir répondre. A la dernière chanson du disque j'avais arrêté de compter les bières depuis un bon moment. J'avais finalement opté pour une position d'où je voyais parfaitement le dessous de mon tabouret. Là-haut le comptoir me narguait, me renvoyant la rutilance de son zinc. Plus haut les spots du plafond me menaçaient mais j'étais décidé à ne rien dire.
J'ai rouvert les yeux au moment où Lucy me déposait sur mon paillasson. Trop tôt pour essayer de comprendre comment elle avait fait. Sacrée Lucy. You're a friend of mine, I love these friends of mine. D'une paire de baffes elle m'a réveillé pour de bon. Elle m'a collé un truc dans la main et a tourné les talons. Sans un mot. Je me souviens du bruit de ses pas qui s'éloignaient dans l'impasse. Je me suis assis comme j'ai pu. Un lampadaire crachait péniblement une lumière minable. J'ai déplié le bout de papier.
When you remember who I am, just call.Ok. J'avais une tâche à accomplir. Un vrai boulot de privé. Une quête.
01. The Mystery of Love (PJ Harvey)
02. My Friends Have (PJ Harvey)
03. Crazy Love (Marianne Faithfull, Nick Cave)
04. Last Song (Marianne Faithfull, Damon Albarn)
05. No Child of Mine (PJ Harvey)
06. Before the Poison (Marianne Faithfull, PJ Harvey)
07. There Is a Ghost (Marianne Faithfull, Nick Cave)
08. In the Factory (Marianne Faithfull, PJ Harvey)
09. Desperanto (Marianne Faithfull, Nick Cave)
10. City of Quartz (Marianne Faithfull, Jon Brion)
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Till
vendredi 12 septembre 2014
He's back - J'entends des Bruits Magiques
Il n'a pas tardé à faire son retour. Tel Wiston Smith résistant encore et toujours à Big Brother, Jimmy nous reviens en beauté, en blog et en musique. Et pour ceux qui auraient raté l'info, ça se passe ici :
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Till
mardi 9 septembre 2014
Tombé au champ d'honneur - Le Club des Mangeurs de Disques
J'avoue, c'est un peu martial comme titre. Mais c'est un combat incessant que se livrent les partisans de la culture, de l'échange et de la liberté d'un côté et les suppôts de Big Brother de l'autre. Encore une fois, la Police de la Pensée remporte une petite bataille en collant au mur le très fréquenté Club des Mangeurs de Disques. Mais à vaincre sans péril...
Jimmy, comme tu l'as fait toi-même autrefois pour d'autres camarades tombés au combat, il fallait bien rendre un hommage à ton blog qui avait le bon goût de mettre en lumière des albums méconnus, des disques oubliés, des œuvres peu distribuées parce que si peu rentables aux yeux la Grande Confrérie de l'Industrie Musicale.
Jimmy, comme l'ont fait autrefois d'autres camarades tombés au combat, j'espère que tu vas vite te relever et nous offrir un nouveau lieu de résistance culturelle. Au pire, pour citer Kessel et Druon, "si tu tombes, un autre ami sort de l'ombre à ta place" et le combat inégal continue. Tu sais aussi que cet espace t'est ouvert, tu viens poster ici quand tu veux.
Le Club des Mangeurs de Disques n'est plus. RIP, c'est-à-dire : Reviens Immédiatement Poster !
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Till
jeudi 17 juillet 2014
Bruce Springsteen - The River [1980]
Une enquête de Glen S. Baster
Je n'en croyais pas mes yeux. C'est un truc qui se produit parfois, rarement, dans la vie d'un privé. On repose sa bouteille vide, le dernier mégot fume encore dans le cendrier plein et on s'apprête à se lancer dans une nouvelle enquête crasseuse. Imper miteux, filature foireuse et au bout du bout, une nouvelle cuite avec le pourboire laissé par le client. Et puis un jour, parfois, rarement, ce truc-là. Le rayon de soleil qui vient réchauffer une carrière de privé.
Le rayon de soleil venait juste d'éclairer mon bureau poussiéreux. Et vu l'épaisseur de la porte d'entrée, il fallait qu'il soit sacrément motivé mon rayon de soleil. J'imaginais l'état de la rue à son passage, une éruption volcanique, un tsunami, Dead end street on fire. Tonton Ray en torche humaine. Dévastée la Jubilee Street de Nick Cave. Mon rayon de soleil a refermé la porte pendant que je rangeais précipitamment le fond de scotch sans âge. Le mauvais blend des mauvais jours.
Ceux qui ont suivi mes enquêtes(1), clients(1), criminels(1), imposteurs (1) en tous genres, même l'ignoble Everett, savent que la dernière femme fatale que j'ai croisée sortait d'un disque du Velvet. Avant mon rayon de soleil. J'ai fait ce que j'ai pu pour que mon bureau ressemble à celui de Phil Marlowe. Je rêvais éveillé, j'étais Nicholson, je proposais un fauteuil à Faye Dunaway. Dans un coin de la pièce Tom Waits s'est mis au piano histoire de soigner l'ambiance.
Mon rayon de soleil m'a rapidement ramené sur Terre. "Monsieur Baster on m'a dit que je pouvais vous confier une mission délicate, blah, blah habituel sensé éveiller l'intérêt du privé". Avec un soupir intérieur je me suis préparé pour le dialogue classique. "Qu'est-ce que je peux faire pour vous aider Madame ?"
"A vrai dire, Monsieur Baster, je cherche un homme." Non Baster, ne dis pas ce que tu es en train de penser, ne fais pas ça. "Vous avez frappé à la bonne porte Madame." Baster tu es le dernier des ringards. Va en enfer ! "Et quel homme cherchez-vous ?" me repris-je maladroitement. Mais mon rayon de soleil ne semblait pas avoir remarqué ma réplique lourdingue. Pour toute réponse elle me tendit une photo. "Cet homme." "Sans indiscrétion, risquai-je après un rapide coup d’œil à la photo, pourquoi le cherchez-vous ?". "Disons que...c'est mon genre d'hommes. Grand, brun, costaud, viril. Mon genre d'homme." Son genre d'homme...Imaginez l'opposé de ce pauvre Baster et vous aurez à peu près le portrait de l'homme idéal.
"Vous pensez pouvoir le trouver ?" "C'est comme si c'était fait Madame. Revenez demain, je vous dirai tout." "Demain ? Mais..." "Faites-moi confiance, revenez demain." Ça me laissait un jour pour méditer sur le sort pitoyable des privés. Un rayon de soleil, une enquête qui n'en était pas une, un misérable rendez-vous pour le lendemain. Ouais, j'étais à deux doigts de me lamenter sur mon sort. Alors, comme d'hab, j'ai accompagné ma bouteille de scotch dans la pièce pleine de disques. Cette fois je n'ai pas eu besoin de fouiller, je savais ce que j'allais prendre. Je l'ai pris. Je l'ai écouté toute la nuit. La petite lumière s'est allumée au fond de mon cerveau, en mode bourdon. En mode nostalgie.
Je crois que j'ai fini la bouteille avant le bout de la nuit. Bien avant. J'en ai ouvert une autre. J'ai bu mon scotch. J'ai bu le calice. J'ai bu la nostalgie. Le poison qui coule leeeeeeentement dans les veines, toujours dans le même sens, sans qu'on puisse revenir en arrière. Pas de touche Rewind, au pire la touche Stop. Une larme de scotch noyée dans le chagrin. Cry me a river. Ou un lac. J'ai ouvert une autre bouteille. J'ai bu le scotch. J'ai bu la nostalgie. Jusqu'au bout de la nuit. Jusqu'à ce qu'on soit demain.
Rainy day. Un temps parfait pour une enquête de privé. Un prétexte à sortir l'imperméable usé. Un beau cliché ouais. Un crachin XXL, London calling, un temps à ne pas mettre une femme fatale dehors. La pluie tapait sur les vitres au rythme du batteur fou qui martelait mon cerveau. Migraine XXL, spéciale blend minable. Spéciale nuit blanche.
Les coups sur les vitres se sont amplifiés, se sont étendus à la porte, quelqu'un essayait de défoncer l'entrée de mon bureau. Déformé par la migraine. C'était juste quelques doigts délicats qui demandaient à entrer, qui poussaient la porte, qui étaient là devant moi. Au bout des doigts, mon rayon de soleil. Assis en face de moi. Soudain le crachin avait disparu. Les eaux s'étaient retirées au loin, dégageant un coin de paradis. Get down Moses.
Silence pesant. Elle a jaugé mon état. Pas reluisant. Sans un mot je lui ai rendu sa photo de Springsteen. Accompagné de mon vieil exemplaire de The River. Sans un mot elle a compris. Sa bouche s'est ouverte pour former un son qui n'est jamais sorti. Silence pesant. Jusqu'à ce que. "C'est un vieux disque Monsieur Baster, pourquoi celui-là ?" Croisement de regards. "Disons que... c'est mon genre de disque. Vieux, usé, poignant. Et chargé de souvenirs. Disons que l'écouter me flingue et ça c'est mauvais pour le business. Autant vous le donner, il ira bien avec la photo de votre type. Mais il a fait des trucs plus récents, cherchez un peu. Il suscite encore de grands espoirs."
La pluie a repris son martèlement assassin au moment où la porte se refermait sur elle. Migraine et crachin, mon cocktail détonnant. D'un coup de pied j'ai envoyé valser la bouteille à moitié pleine qui me lançait des regards éloquents. Comme un Ulysse de seconde zone j'ai résisté à l'appel des sirènes en écoutant les pas qui s'éloignaient trop rapidement dans l'impasse. La pluie a envahi mon bureau, j'étais submergé par les flots. Dans l'air flottait encore son parfum.
(1) Et ouais, Baster a déjà quelques aventures à son actif.
Disque 1
01. The Ties That Bind
02. Sherry Darling
03. Jackson Cage
04. Two Hearts
05. Independence Day
06. Hungry Heart
07. Out in the Street
08. Crush on You
09. You Can Look (But You Better Not Touch)
10. I Wanna Marry You
11. The River
Disque 2
01. Point Blank
02. Cadillac Ranch
03. I'm a Rocker
04. Fade Away
05. Stolen Car
06. Ramrod
07. The Price You Pay
08. Drive All Night
09. Wreck on the Highway
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Till
jeudi 5 juin 2014
lundi 28 avril 2014
[Retour de concert] The Strypes au Marché Gare - 28 avril 2014
You can't judge a book by looking at the cover. Bo Didley avait raison. Si je m'étais fié à leur look je n'aurais probablement jamais écouté The Strypes. Donc je les ai écoutés et bien écoutés, au point de me dire que ce serait une bonne idée de voir de quoi ils sont capables en live.
C'est pas souvent que je vais voir des baby-rockers, alors je soigne mon look de quinqua toujours jeune, y a pas de raison, moi aussi je peux le faire. Surprise - mais je suis un peu con j'aurais pu m'en douter - l'assistance est globalement plus âgée que moi. Concours de cheveux blancs, de crânes dégarnis, collection de papys rockers, rouflaquettes inside, en sortie dominicale. En groupe, en couple, en famille. Du coup mon look de jeune quinqua branché fait fureur. Auprès de moi-même.
Tower quoi ? Towerbrown(*). La première partie lance magnifiquement la soirée. Un rythm and blues élégant et énergique, du british beat 60's en veux-tu-en-voilà, avec un orgue hammond qui caresse délicatement l'échine. Excellent. Et tout à fait approprié à une délicieuse reprise de Green Onions. Et à celle du Responsable de Dutronc. Une première partie jouissive, c'est à noter, c'est pas toujours le cas. Merci Towerbrown. Au fait les mecs, j'ai voulu acheter votre album à la sortie mais il n'y avait plus que le merchandising des Strypes, c'est vraiment ballot.
Puis vinrent les Strypes. J'imagine qu'ils sont habitués à jouer dans des maisons de pré-retraite où leur allure teenager et leurs postures font fureur. Parce que postures il y a et, tout à fait entre nous, un peu trop. Le style mods et les coupes de cheveux soignées moi je veux bien. Je trouve ça même plutôt marrant. En revanche j'adhère moins aux attitudes bien répétées, lunettes noires et poses pseudo-provocante je-mate-le-public-d'un-air-arrogant-en-singeant-des-attitudes-de-guitar-hero. Surtout que le décalage avec le visage poupon de Josh McClorey est plutôt risible.
J'avoue qu'à cause de ça j'ai un peu de mal à rentrer dans l'ambiance. Finalement je décide de laisser le cynisme au vestiaire et de pardonner à mes irish boys ces petits défauts puérils. Je suis un vieux con les garçons, faut pas m'en vouloir. Surtout qu'entre temps She's so fine, Blue Collar Jane et Mystery Man sont passées par là, déversant un flot d'énergie rock'n'rollienne absolument enthousiasmant. De l'énergie les gamins en ont à revendre, le set se déroule à un rythme endiablé et je ne choisis pas cet adjectif au hasard : je suis sûr que le diable leur a vendu son âme. Pete O'Hanlon en a récupéré un bout, plus le set avance, plus la folie s'empare de lui.
La chaleur monte, les vestes tombent. Les jolies coiffures s'affalent et les masques rejoignent les vestes. (Presque) finies les postures, mes youngsters sont dans leur trip. Et sortent leurs tripes. Rock'n'rollisent le Concrete Jungle des Specials. Dynamitent l'éternel Rollin' and Tumblin'. Incendient le cœur cœur de la ville de Nick Lowe. Pas encore charismatique le petit McClorey mais il essaie. Let's see those hands, c'est à peu près tout ce qu'on entend entre les titres, qui s'enchaînent au point que parfois, on ne sait plus si c'est encore la fin de What a shame ou déjà le début de Hometown Girls. Un parfait ouragan électrique s'abat sur la petite salle du Marché Gare. La seule occasion de reprendre son souffle c'est le très bluesy Angel Eyes qui a le bon goût de ne pas être juste une copie de l'album.
Dans l'assistance les papies et les mamies en veulent encore. Recharger leurs batteries avant de rentrer à l'hospice. Encore donc. You fancy a few more? Un peu mon neveu, envoie la sauce. Un Rockaway Beach overspeedé rallume la mèche illico. Suivi de près par Louie Louie, multibreaké, chanté en chœur par le public, si si je vous jure, et même a capella par Ross Farrelly qui montre, qu'à même pas 17 ans, il a déjà une sacrée voix. Mais il est déjà tard, les garçons va falloir penser à aller vous coucher. Allez, on s'en fait une dernière. Ç’aurait été dommage de l'oublier celle-là : You can't judge a book by looking at the cover.
C'était le 27 avril 214. J'y étais.
(*) après une petite recherche ce matin, Towerbrown s'est formé à Grenoble en 2009 autour de Yann "Cracker" Poitou des Firecrackers. On peut les écouter ici ou là et notamment sur leur blog : http://towerbrown.blogspot.fr
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Till
vendredi 11 avril 2014
Hugh Cornwell - Hooverdam [2008]
Qu'est-il arrivé à Léon Trotsky ?
Il avait un discours tranchant (1)
Qui lui a brûlé les oreilles
Qu'est-il arrivé à ce cher vieux Lenny ?
Le grand Elmyra (2), et Sancho Panza ?
Qu'est-il arrivé aux héros ?
Qu'est-il arrivé aux héros ?
Qu'est-il arrivé à tous les héros ?
Tous les Shakesperos(3) ?
Ils ont vu brûlé leur Rome.
Qu'est-il arrivé aux héros ?
Qu'est-il arrivé aux héros ?
Plus de héros du tout
Plus de héros du tout
Qu'est-il arrivé à tous les héros ?
Tous les Shakesperos ?
Ils ont vu brûlé leur Rome.
Qu'est-il arrivé aux héros ?
Qu'est-il arrivé aux héros ?
Plus de héros du tout
Plus de héros du tout
Qu'est-il arrivé aux Stranglers ?
A Jean-Jacques Burnel et à Greenfield ?
Qu'est-il arrivé aux héros ?
Qu'est-il arrivé aux héros ?
No more Stranglers anymore
No more Stranglers anymore
(1) débrouillez vous avec ça, le double sens est impossible à traduire. Pour ceux que ça intéresse, ça se passe entre "He got an ice peak" et "He got a nice speak".
(2) sauf si on me prouve le contraire, Elmyra est une féminisation du prénom de Elmyr de Hory, peintre et faussaire hongrois.
(3) faites un effort ! Le jeu de mots passe mieux en anglais.
01 Please Don't Put Me On A Slowboat To Trowbridge
02 Going To The City
03 Delightful Nightmare
04 Within Or Without You
05 Rain On The River
06 Beat Of My Heart
07 Philip K. Ridiculous
08 The Pleasure of Your Company
09 Wrong Side Of The Tracks
10 Banging On the Same Old Beat
Line up :
Hugh Cornwell : guitar and vocals
Caroline Campbell : bass guitar and vocals
Chris Bell : drums
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Till
mardi 8 avril 2014
[Retour de concert] Batlik au Marché Gare - 03 avril 2014
J'ai une confidence à vous faire. Ça fait belle lurette que les comiques français ne me font plus rire. Mais plus rire du tout. J'exagère. A peine. A vrai dire je n'ai pas besoin de la main entière pour compter sur mes doigts ceux que je trouve vraiment drôles. Non, finalement je ris plus avec des artistes qui ne sont pas là pour faire rire. Ne vous méprenez pas, il ne s'agit pas de se moquer, il m'arrive de sortir en laissant le cynisme à la maison. Mais sur scène, un type qui ne se prend pas au sérieux, tout en jouant sérieusement sa musique, peut être bien plus marrant que les pseudo-comiques qu'on essaie de nous fourguer à longueur d'année(s).
Parce qu'il est comme ça le père Batlik. La musique, les paroles c'est du sérieux. Ça on le savait déjà, pour peu qu'on ait eu le bon goût d'écouter ses disques. C'est bien écrit, c'est personnel, ça sonne bien. Même si parfois la voix dérape un peu. Ou parce qu'elle dérape un peu justement. Bref, j'en ai déjà parlé, Batlik est un artiste et un artisan. Ce n'est pas un hasard si les deux mots ont la même racine.
Mais ce que ses disques ne rendent pas c'est sa simplicité et ses rapports tranquilles avec le public. Pour un peu, on le sentirait presque gêné d'être debout sur la scène, juste un peu au-dessus des spectateurs. Faut dire qu'au Marché Gare, la scène est assez basse, ça lui évite de nous prendre de haut. En même temps, le garçon est à l'aise, presque comme chez lui. Son chien est là qui se balade dans le public. Batlik discute avec les spectateurs. Batlik discute avec ses musiciens. Les musiciens discutent avec les spectateurs. Parfois même les spectateurs discutent entre eux, surtout les trois derrière moi, et ça c'est plus chiant.
Du coup l'ambiance est franchement détendue. Ça parle presque autant que ça chante et on sent bien qu'on a affaire à un mec qui ne se prend pas au sérieux. Un mec qui pratique l'humour et l'auto-dérision avec bonheur. Parce qu'on rit de bon cœur pendant un concert de Batlik. Au passage, Gaspard, ta blague elle était pas si pourrie, tout le monde s'est bien marré. Nous y voilà. Ça a été long pour en arriver là. La blague, je ne vous la raconterai pas. C'est impossible par écrit. Mais allez voir Batlik en concert il vous la racontera sûrement.
Si vous avez encore un brin d'attention, on peut aussi parler musique. Évidemment le set fait la part belle aux chansons du nouvel album Mauvais Sentiments, sans négliger pour autant les précédents. Le virage un peu plus rock des deux derniers disques se confirme sur scène. Ça n'est pas pour me déplaire. La guitare se fait un peu plus agressive, la batterie plus lourde. Surtout quand elle est jouée avec des marteaux. Batlik martèle plus fort ses cordes. Il ose parfois une guitare électrique.
Et puis. Et puis, il y a la contrebasse de James Sindatry. Ah le plaisir de se prendre de bonnes vibrations graves. Des sensations physiques ! Au sens propre. Celles qu'on ressent dans les muscles, dans les os, dans les tripes. Celles qui font que, décidément, le disque et le concert sont bien deux univers différents. Le concert c'est aussi l'histoire d'amour entre James Sindatry et sa contrebasse. Il faut le voir l'étreindre, l'enlacer, gratter amoureusement ses cordes pour comprendre ce qui peut unir un musicien et son instrument.
Il faut aussi voir et entendre la complicité évidente entre les musiciens pour comprendre ce qui fait la réussite d'une formation. Reconnaitre le rire d'une spectatrice qu'on a déjà entendu lors du précédent concert lyonnais. Déballer les trucs et astuces qui peuvent sauver un chanteur qui oublie ses paroles. Je vous ai dit que Batlik avait de l'humour ? Ses musiciens aussi. Qui se ressemble s'assemble parait-il. Ceux-là doivent se ressembler beaucoup pour s'assembler aussi bien. Guitare, contrebasse, batterie. Le trio leur va si bien.
C'était le 3 avril 2014, j'y étais.
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Till
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