mardi 18 mars 2014

Grand Jeu 8 - Thème 5 - The Heartaches - Too Cool For School [2006]

 GRAND JEU DES BLOGUEURS MANGEURS DE DISQUES - HUITIÈME EDITION
THEME N° 5 - "LET'S GET IT ON !"
Le disque qui vous donne envie de jouer des hanches... et pas pour danser...

https://www52.zippyshare.com/v/D23UZu4T/file.html

Abrégé de Sciences Naturelles - Classe laborieuse

L'évolution des Espèces expliquée aux plus démunis.

Tout le monde le sait, au début il y avait les dinosaures. Enfin, pour être précis, au début il n'y avait rien mais juste après il y a eu les dinosaures. Ils étaient lourds, ils étaient lents, ils étaient mous et esthétiquement, pas franchement réussis, même aux yeux de Gilbert Montagné. Pour tout dire c'était chiant à mourir et d'ailleurs on mourait jeune. Tout le monde s'emmerdait ferme. Les soirées étaient tristes, les radios n'avaient pas encore inventé le are and bee, on entendait que des mugissements lamentables et l'herbe ne leur servait qu'à se nourrir.  Et on voudrait me faire croire qu'il y a un créateur derrière tout ça ?

Heureusement, un samedi soir, le Diable inventa le rock'n'roll et tout devint plus gai. Les soirées s'animèrent, la consommation de drogue prit les bons rails et on put enfin pratiquer le sexe dans les endroits les plus appropriés, parcs publics, concerts, banquette arrière des voitures. Ou les trois réunis pour ceux qui fréquentèrent Woodstock.

Les derniers dinosaures disparurent piteusement, étouffés par leur énième triple album live et on vit alors apparaître des espèces nouvelles auxquelles les scientifiques donnèrent les noms les plus étranges : des iguanes, des T-Rex, des Troggs envahissaient les studios et les salles de concert. Les plus grands spécialistes scientifiques, musicologues, rock-criticologues, se lancèrent dans l'étude de ces animaux étranges et ne tardèrent pas à découvrir qu'à la suite d'évolutions et de mutations diverses, ces espèces avaient rapidement disparu pour laisser la place à de nouvelles.

C'est ainsi que l'on découvrit un jour les Ramones, le Clash et encore beaucoup d'autres dont la filiation directe avec les précédentes espèces ne laissait dans la communauté scientifique aucune place au doute. Même chez Descartes, c'est dire. Sex, drugs, rock'n'roll, la Sainte Trinité avait enfin éclairé l'humanité de sa lumière céleste pour les siècles des siècles.

Or, ceci se passait il y a très très longtemps, à une époque que les historiens appellent le punkernaire, et que l'on peut situer aux environs de 20 ans avant Britney Spears. Imaginez qu'en ces temps reculés, les gens ne connaissaient pas internet, n'avaient ni téléphones portables ni twitter. Même pas Facebook. Ce qui ne les empêchait pas de se retrouver régulièrement pour communier au cours de concerts, de gigs, de sets,  en partageant la bière sacrée et en s'adonnant à leur danse rituelle : le pogo.

L'histoire était en marche, et avec elle, l'évolution qui ne lachait pas l'affaire, quitte à transformer Billy Idol en marchand de soupe peroxydé. Les générations spontanées succédèrent à Generation X et c'est à la suite d'une évolution, à faire pâlir les Darwiniens les plus convaincus, qu'un beau jour, ou peut-être une nuit, près d'un lac où je m'étais endormi, naquirent The Heartaches.

Sans empiéter sur le domaine de la génétique, qui fera l'objet d'un autre cours, on peut tout de même noter que le groupe se compose de cinq membres, ce qui constitue une anomalie génétique par rapport à la portée classique de cette espèce. En effet, celle-ci se caractérise généralement par des portées de quatre, les portées de cinq présentant souvent un individu déviant qui a la fâcheuse idée de jouer du synthé. Encore plus rarement on trouve des portées de trois, une sous-classe nommée power trio, mais là n'est pas l'objet de cette étude. The Heartaches sont cinq mais chez eux pas de déformation due au chromosome du synthétiseur. Ils sont cinq, c'est tout. Mais laissons-là la génétique, qui n'est finalement que l'acte sexuel agrandi au microscope électronique à balayage, le film de cul pour mal-voyants chez qui né cécité fait loi . Et concentrons-nous sur le fondement de ces cinq individus dont les peines de cœur font mal au cul.

Philosophiquement, la filiation ne fait pas l'ombre d'un doute. Je vous laisse le soin d'analyser le document d'étude, fourni en annexe, pour vous en convaincre. Les préoccupations sont, encore et toujours, centrées autour de la reproduction et de la survie de l'espèce. Je vous rappelle au passage les mots inoubliables de ce grand scientifique qu'est Ted Nugent dans son ouvrage live : survival of the fittest. Quant au disque de The Heartaches, Charles Darwin m'en a dit le plus grand bien, lui qui faillit un jour renoncer à sa théorie après avoir écouté un disque de prog. Les dinosaures étaient, par nature, appelés à disparaitre.  Les espèces les mieux adaptées pour survivre, avaient intégré les éléments naturels indispensables à la vie : sex, drugs and rock'n'roll.













01 King Kong Party
02 Dance City
03 Kamikaze Love
04 Prisoner Of Love
05 T.C.F.S.
06 Rock N Roll UFO
07 Deliver My Heart
08 Teenage Love Affair
09 Built For Speed
10 Outta My Head
11 Teenage Hypochondriac
12 Arrows
13 Seven & Seven Is
14 Zooed Out
15 Time


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Till

dimanche 16 mars 2014

Grand Jeu 8 - Thème 4 - Lhasa - La Llorona [1998]

 GRAND JEU DES BLOGUEURS MANGEURS DE DISQUES - HUITIÈME ÉDITION
THERE'S NO FUTURE, NO FUTURE, NO FUTURE FOR YOU
Le disque que vous écoutez quand tout semble sans issues, histoire de se rouler dans le désespoir...



Dans la médina de Tanger, Eve effleure les livres pour les relire en une fraction de seconde. Elle pense peinture, littérature, musique. Dans ses valises elle n'emporte que des livres. Les vêtements sont superflus, elle porte toujours les mêmes.

Dans le no man's land de Detroit, Adam vit au milieu de ses guitares de collection, ne compose que pour le plaisir de créer de la musique, écoute inlassablement Charlie Feathers ou Jack White, explique des théories scientifiques. Le monde tourne au rythme des vinyles sur une platine d'un autre temps.

Les vampires de Jarmusch ont la beauté des œuvres qu'ils chérissent. Comme autrefois les anges de Wenders, sous le ciel de  Berlin, ils sont le reflet de la belle face de la nature humaine, celle qui fait qu'on a envie de croire encore en l'humanité, qui lui donne la dimension spirituelle qui la rend plus belle.

Prenez une fille qui chante avec une voix profonde, une fille qui chante en espagnol avec une voix qui vous tire des frissons, une fille qui vous balance des mélodies et des rythmes qui viennent de plus loin qu'on ne peut imaginer. J'entends des guitares et des violons. Je vois des anges et des vampires. J'ai les larmes aux yeux et je ris. En même temps.


01.De cara a la pared
02.La Celestina
03.El desierto
04.Por eso me quedo
05.El payande
06.Los peces
07.Floricanto
08.Desdeñosa
09.El pájaro
10.Mi vanidad
11.El árbol del olvido


Lhasa de Sela : voix
Yves Desrosiers : guitares, "Lap steel" 6 et 8 cordes, "Lapsteel" basse, scie musicale, accordéon, banjo, percussions
Mario Légaré : basse semi-acoustique, contrebasse
François Lalonde : percussions, batterie, échantillonnage, programmation
Didier Dumoutier : accordéon (6, 10)
Mara Tremblay : violon (1, 7)
Jean Sabourin : sousaphone (7)
Duane "Nervous Norman" Larson : clarinette (2, 6)


A tous les camarades participants : j'ai programmé la parution des articles mais je suis absent pendant la majeure partie du Jeu. Je ne peux donc pas lire vos posts, laisser les commentaires qui vont bien, ni écouter vos choix qui sont forcément pertinents. J'essaierai, à mon retour, de faire un tour des blogs mais aucune chance que je puisse lire les articles de façon exhaustive. Sic transit gloria mundi (j'aime bien placer cette citation).

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 Till

vendredi 14 mars 2014

Grand Jeu 8 - Thème 3 - Antonin Artaud - Pour En Finir Avec Le Jugement De Dieu [1947]


GRAND JEU DES BLOGUEURS MANGEURS DE DISQUES - HUITIÈME EDITION
THEME N°3 - JE LUI DIRAI LES MOTS BLEUS, LES MOTS MOTS QU'ON DIT AVEC LES YEUX
Un disque qui se passe de mots, et très bien, merci !




...







 01 - Texte d'ouverture
 02 - Bruitage qui vient se fondre dans le texte dit par Maria Casarès
 03 - Danse du Tutuguri, texte
 04 - Bruitage (xylophonie)
 05 - La recherche de la fécalité (dit par Roger Blin)
 06 - Bruitage et battements entre Roger Blin et moi
 07 - La question se pose de (texte dit par Paule Thévenin)
 08 - Bruitage et mon cri dans l'escalier
 09 - Conclusion, texte
 10 - Bruitage final

A tous les camarades participants : j'ai programmé la parution des articles mais je suis absent pendant la majeure partie du Jeu. Je ne peux donc pas lire vos posts, laisser les commentaires qui vont bien, ni écouter vos choix qui sont forcément pertinents. J'essaierai, à mon retour, de faire un tour des blogs mais aucune chance que je puisse lire les articles de façon exhaustive. Sic transit gloria mundi (j'aime bien placer cette citation).

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Till

mercredi 12 mars 2014

Grand Jeu 8 - Thème 2 - Einstürzende Neubauten - Zeichnungen Des Patienten O.T. [1983]

GRAND JEU DES BLOGUEURS MANGEURS DE DISQUES - HUITIÈME EDITION
THEME N°2 - "THERE'S TOO MUCH, TOO MUCH, TOO MUCH."
Un disque beaucoup trop compliqué, indigeste, ampoulé; il y a un peu trop de tout partout, mais... c'est pour cela que vous l'aimez...

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Une enquête de Glen S. Baster

Non mais ils me prennent pour qui ces deux-là ? Les mecs imaginent se pointer chez moi comme ça et essayer de me manipuler sans que je m'en rende compte ? C'est pas les premiers illuminés qui débarquent dans mon bureau, des collectionneurs en quête d'OVNI (1), des chercheurs de chansons impossibles (2), tout les branques, soi-disant amateurs de musique, ont une fâcheuse tendance à se retrouver au numéro 2 au fond de l'impasse. Dead End Street. Ça doit être ça qui les attire ici comme des mods à un concert d'Uncle Ray.

Bref, mes deux lascars pensaient peut-être me la faire à l'envers, mais le vieux Baster en a vu d'autres. Et des plus coriaces. Je me remettais à peine de ma énième cuite de la semaine quand ils ont débarqué dans le bureau. Tout beaux, tout propres, bien coiffés. Et polis avec ça. Trop polis pour être honnêtes. Remarquez, la politesse au moins ça me changeait de l'affreux EWG (3) qui n'avait pas eu celle de se présenter en personne.

Au premier regard j'ai senti le malaise. L'embrouille. Bon commerçant, je leur sers quand même un verre avant qu'ils déballent leur boniment. En sirotant mon mauvais blend habituel je les ai écoutés débiter une loooooongue histoire tordue à propos d'un jeu, à propos d'un thème, à propos d'un disque à trouver. Pas net leur truc.

"Voilà Glen, on organise un jeu sur notre blog. On donne un thème et d'autres blogueurs doivent proposer un disque qui correspond au thème. On voudrait que tu nous aides sur un thème un peu compliqué." Merde, depuis quand on se tutoie les ptits gars ? On n'a pas gardé les punks ensemble. L'air de rien j'ai joué le mec intéressé. Le privé toujours sur le coup. Le mec cooooool. D'habitude quand on me propose une affaire, des engrenages s'activent au fond de mon cerveau. Ça sonne comme un tiroir-caisse et ça me joue Money en Dolby Surround. Là, que dalle. Ça sentait l’œuvre caritative à plein nez. Le Band Aid. Bon sang les mecs, y a pas écrit Bob Geldof sur ma plaque !

"Un disque beaucoup trop compliqué, indigeste, ampoulé; il y a un peu trop de tout partout, mais... c'est pour cela que vous l'aimez...." Voilà ce que cherche mon Boys Band. Un truc monté à la chantilly avec une crème au beurre. Un truc à gerber. Un truc à gâcher mon mauvais whisky. Un truc que je n'avais sûrement pas en rayon. "Attends Glen, c'est pas tout. On sait qu'il y a des mecs sans scrupule qui détournent les thèmes du jeu. On aimerait bien que tu mènes une enquête discrète là-dessus." Je ne me suis pas démonté, j'ai continué à jouer le mec attentif pendant que ma petite voix intérieure me chantait No one is innocent.

"Ok youngsters, je vais voir ce que je peux faire pour vous. Revenez me voir le 12 mars, j'aurai réglé votre affaire." Tu parles. Ça me laissait quelques jours pour voir venir. Ça me laissait quelques jours pour trouver la parade. Ça me laissait quelques jours pour me sortir de ce pétrin. Je me suis retrouvé seul avec mon blend. Seul avec cette affaire. Seul avec mon problème. Du coup je me sentais moins seul.

Dans ces cas-là j'ai une méthode quasi-infaillible. Je m'enferme dans ma pièce pleine de disques et je cherche, je fouille, j'écoute, jusqu'à ce que. Normalement ça marche. Mais allez trouver un disque indigeste dans une collection de si bon goût. Ceci dit, Baster ne recule jamais devant la difficulté. J'ai élargi mon champ d'investigations. J'ai mis des gants pour fouiller des discothèques douteuses. J'ai mis un masque respiratoire pour renifler des galettes de prog. J'ai eu le vertige, j'ai eu la nausée. J'ai même cru trouver. Yes ! Relayer précisément. Un truc ampoulé ? Yes ! Compliqué ? Yes ! Indigeste ? Yes yes yes ! Un lointain souvenir. A peine sorti du stade anal, j'avais acheté ce truc pas net. "c'est pour cela que vous l'aimez....". Ma petite voix me torturait. Non décidément, je ne pouvais pas.

Alors j'ai recommencé. J'ai fouillé, j'ai bu, j'ai gerbé. César de la loose. Comme souvent j'ai cherché l'inspiration dans la migraine. J'ai cherché looooongtemps. J'ai maudit mes voisins qui cognaient leurs radiateurs. J'ai ouvert les fenêtres, les travaux dans la rue ont envahi mon bureau. Le marteau-piqueur donnait le rythme, parfaitement synchrone avec ma migraine. Des vapeurs d'alcool a surgit l'idée. Siehst du Hyänen auf der Straße ? Siehst Du Kadaver Tanzen ?

En fait je n'ai rien vu mais j'ai tout vu. J'ai mis en marche le robot de la cuisine. J'ai allumé la télé et branché l'aspirateur. J'ai remonté de la cave la scie circulaire et le perforateur. J'ai fait sonner les réveils et les horloges. A clockwork symphony. J'ai fait hurler mes voisins. J'ai fait klaxonner les voitures sous mes fenêtres. J'ai respiré les hydrocarbures, les fumées d'usines, les vapeurs toxiques. J'ai mélangé tout ça, malaxé, pétrit. Et j'ai trouvé.

12 mars 2014. Alors youngsters, on y va ? Vous êtes prêts ? Je vous en foutrais moi de l'ampoulé, du compliqué, de l'indigeste.


(1) : voir les aventures précédentes de Glen S. Baster
(2) : il faut vous le dire comment ?
(3) : même plus envie de vous expliquer

01 Vanadium-I-Ching
02 Hospitalstische Kinder / Engel Der Vernichtung
03 Abfackeln!
04 Neun Arme
05 Herde
06 Merle (Die Elektrik)
07 Zeichnungen Des Patienten O.T.
08 Finger Und Zahne
09 Falschgeld
10 Styropor
11 Armenia
12 Die Genaue Zeit
13 Wasserturm
14 Der Herrscher Und Der Sieger
15 Affenroulette

Some Bizzare Label 1983.

Line-up :

Blixa Bargeld – lead vocals, guitars, misc.
Mark Chung – bass, backing vocals, misc.
N.U. Unruh – percussion, backing vocals, misc.
F.M. Einheit – percussion, backing vocals, misc.
Alexander Hacke – tapes, percussion, "thirsty animal", misc.
Jon Caffery – engineer
Beate Bartel – bass on "Falschgeld"


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Till

lundi 10 mars 2014

Grand Jeu 8 - Thème 1 - Joey Ramone - ...Ya Know ? [2012]



 GRAND JEU DES BLOGUEURS MANGEURS DE DISQUES - HUITIEME EDITION
THEME N°1 - OH HONEY, WHY DON'T YOU COME BACK ?
Le disque du retour, pour le meilleur ou pour le pire, à vous de choisir...

Salut Joey

Dis-donc, ça fait un bail. Ça fait combien d'années que tu ne m'avais pas donné de nouvelles ? Un bail. La dernière fois, je m'en souviens, tu m'avais dit : "Ne t'inquiète pas pour moi". Tu me connais, je ne suis pas le genre de mec à se faire de la bile pour rien, mais là quand même, merde Joey t'as déconné à bloc. C'était y a 10 ans mec, tu sais. 10 ans putain ! Tu te rends pas compte, une si longue absence, on peut imaginer toutes les conneries possibles.

Remarque, tu vas te marrer, mais des conneries j'en ai entendu depuis dix ans. Des histoires délirantes. Des mecs qui balançaient des trucs de maladies, avec des noms à la con, genre j'ai lu ça dans un putain de dico médical. Too much fun. Et attends, t'as pas entendu le meilleur. Y a des gens qui prétendent que t'es mort, tu sais. Rien que d'y penser je me marre. Mais bon, ces conneries c'est de ta faute, tu les as bien cherchées hein. Pas la moindre nouvelle depuis 10 putain d'années.

Enfin, te revoilà, c'est le principal. Et tu leur as bien cloué le bec à tous. T'as raison, la vraie réponse c'est le Rock'n'Roll, y a que ça. Et là chapeau ! Le Rock'n'roll fuse tout le long, tu m'as vraiment bluffé, tu sais. Bon sang, t'as encore la forme dis-donc. Je me passe Going Nowhere Fast en boucle, j'ai l'impression de t'entendre autrefois avec tes frangins, one two three four et tout le bazar. Mais là où tu m'épates le plus c'est quand tu nous fais ton rock'n'roll hero, ça marche à fond. Tu sais que j'ai toujours adoré ta voix, et là ça change pas, tu emportes toujours le morceau.

Entre nous, depuis le temps qu'on se connait je peux bien te le dire, tu as toujours fait partie de mes chanteurs préférés, y a pas beaucoup de voix comme la tienne tu sais. Je me demande parfois ce que j'ai fait pour te mériter. Continue de me raconter New York, continue avec ta poésie, je suis client tu sais. Par contre si tu pouvais éviter tes histoires de Noël, Merry Christmas et compagnie, je préfèrerais. Là avoue, tu t'es raté, ça fait vraiment sirop ce truc. Alors que ta balade avec Holy Beth au contraire ça sonne bien. Tu sais ça me rappelle ce duo avec Ronnie Spector autrefois, un truc en velours, un régal à écouter.

Je vais te dire, elle est bien cette galette, t'as pas perdu la recette. Parfois c'est un peu moins bon, mais je vais pas faire le difficile tu sais. Ça me fait plaisir de t'entendre après si longtemps. Surtout Joey, je compte sur toi hein, tu me fais pas attendre encore 10 putain d'années avant de me faire signe. En attendant, profite, éclate-toi et reviens-moi en forme. Comme tu le dis toi-même, la vie est une plaisanterie, alors ne sois pas triste parce que je serai là.



1. Rock 'n Roll Is the Answer
2. Going Nowhere Fast
3. New York City
4. Waiting for that Railroad
5. I Couldn't Sleep
6. What Did I Do to Deserve You?
7. Seven Days of Gloom
8. Eyes of Green
9. Party Line
10. Merry Christmas (I Don't Want to Fight Tonight)
11. 21st Century Girl
12. There's Got to Be More to Life
13. Make Me Tremble
14. Cabin Fever
15. Life's a Gas

Personnel :
Joey Ramone- lead vocals on tracks 1-15, production on 13
Greg Calbi- mastering on tracks 1-15
Ed Stasium- production, mixing on tracks 2-4, 6-8, 10-12, 14-15, guitar, backing vocals on 2-4, 6-9, 11, 14-15, bass on 2-4, 6-9, piano on 3, 7, 9, percussion on 4, 6, 8-9, 11, 14, accordion on 4, mellotron on 14
Mickey Leigh- guitar on tracks 1, 4-6, 8, 10, 11, bass on 1, 5, 10-11, percussion on 1,5, 10, 14-15, backing vocals on 1, 3-6, 10-11, 14, keyboards on 1, 10, 14, organ on 11, mixing on 1, 5, 11, production on 4-5, 11
Daniel Rey- production on tracks 2-4, 6-8, 10-12, 14-15
Andy Shernoff- bass on tracks 3, 8, 11, 13-14, production, guitar, keyboards, percussion on 13
Richie Ramone- drums on tracks 2, 6-7, 11
Holly Beth Vincent- backing vocals on tracks 3-4, 7, lead vocals on 9
Joe Blaney- production, mixing on tracks 1, 5, 11
Kyle "Slick" Johnson- assistant engineering on tracks 1, 5, 11
Al Maddy- backing vocals on tracks 3, 7, guitar on 14
Bun E. Carlos- traps on tracks 4, 7-8
J.P. "Thunderbolt" Patterson- drums on tracks 3, 14
Steven Van Zandt- backing vocals on tracks 3, guitar on 9
Handsome Dick Manitoba- backing vocals on tracks 3, 7
Richie Stotts- guitar on track 1
Charley Drayton- drums on track 1
Billy Hilfiger- backing vocals on track 1
Carla Lother- backing vocals on track 1
Jonathan Townes- digital editing on track 1
Ben Liscio- assistant engineering on track 1
Genya Ravan- backing vocals on track 3
Lenny Kaye- backing vocals on track 3
Pat Carpenter- drums on track 5
Amy Hartman- backing vocals on track 9
Dennis Diken- drums on track 9
Arno Hecht- saxophone on track 9
Steve Jordan- drums on track 10
Tommy Mandell- keyboards on track 10
Joan Jett- guitar, backing vocals on track 11
Kenny Laguna- keyboards on track 11
Toshikazu Yoshioka- assistant mixing on track 11
Jean Beauvoir- production, guitar, bass, drums, percussion, backing vocals on track 12


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Till

mardi 4 mars 2014

Grand Jeu Sans Frontières Des Blogueurs Mangeurs De Disques - 8ème Edition




C'est Jimmy qui le dit dans le Club des Mangeurs de Disques :
Les thèmes de cette huitième édition ont été fomentés par nos amis du blog La Pop d'Alexandre Et Etienne - et ils vont vous régaler... Si vous souhaitez les découvrir en participant à cette nouvelle quinzaine de folie, vous pouvez vous inscrire dès à présent à l'adresse du Club : mangeur.de.disques@gmail.com
Voici la règle du jeu pour d'éventuels nouveaux venus : poster un album, un jour sur deux, selon un thème défini. Y'a pas plus simple et y'a pas mieux non plus ! Je vous attends nombreux...     
Jimmy JIMI

 Et maintenant la liste des participant. Comme vous le voyez ci-dessous, de plus en plus de bloggers se pressent au portillon. Il sera bientôt plus facile de compter ceux qui ne participent pas.

Alexandre et Etienne pour La Pop D'Alexandre Et Etienne :

Appro pour Approximative But Fair :

Sadaya pour Impulsions Electriques :

Jeepeedee pour Jeepeedee Rips :

Devant pour Le Gaitapis (ou peut-être un nouveau blog communautaire...) :

Charlu pour Les Chroniques De Charlu :

Toorsch' pour Les Chroniques De Toorsch' :

Keith Michards pour Les Jolies Compiles De Keith Michards :

Chris pour Ma Petite Boîte A Musique :

Le Zornophage pour Mangemesdix :

Francky 01 pour Muziks Et Culture :

Fracas pour Smells Like Rock Spirit :

Till pour This Beautiful Downgrade :
 
Rabbit & Dcalc pour Des Cendres A La Cave :
 
Vincent pour La Musique A Papa :

Lemok pour Audiolemok :

Warf pour Terre Du  Loup :
http://terreduloup.blogspot.fr

El Norton pour Last Stop ? This Blog ! :
 
Xavier pour Blinkinglights :

Everett W. Gilles, Sorgual, Evgueni Iscarian & Jimmy Jimi pour Le Club Des Mangeurs De Disques [Arewenotmen? a présenté un billet d'excuses !] :



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 Till

samedi 1 mars 2014

Peter Murphy + Trent Reznor - The 2006 Radio Session [2006]



 A ma gauche,  Peter Murphy, ex-voix de Bauhaus, icône du post-punk, prince de la cold-wave, docteur honoris causa de l'Université Dark Wave option gothique.

A ma droite, Trent Reznor, touche-à-tout talentueux du métal-indus, du post-indus, du goth-indus, de l'indus-indus, multi-instrumentiste du one-man band Nine Inch Nails, producteur des débuts de Marylin Manson.

Au centre, l'auditeur, juge et arbitre d'une rencontre qui n'est pas partie pour faire dans la rigolade.

On met un "s" à Sessions puisque les enregistrements ont été réalisés en plusieurs fois entre le 7 juin et le 8 juillet 2006, en backstage d'une tournée commune, chaque séance étant diffusée en live par une radio différente (99x, DC101, WAAF, Q101 et KITS). La session du 26 juin sur WAAF Radio, Boston, MA, est un duo à quatre en compagnie de Jeordie White et Atticus Ross.

01 - intro 99x
02 - head like a hole (originally by nine inch nails)
03 - sanity assassin (originally by bauhaus)
04 - hurt (originally by nine inch nails)
05 - outro 99x
06 - intro dc101
07 - dreams (originally by tv on the radio)
08 - final solution (originally by pere ubu)
09 - bela lugosi's dead (originally by bauhaus)
10 - intro waaf
11 - reptile (originally by nine inch nails)
12 - warm leatherette (originally by the normal)
13 - strange kind of love (originally by peter murphy)
14 - night clubbing (originally by iggy pop)
15 - outro waaf
17 - dead souls (originally by joy division)
18 - twenty four hours (originally by joy division)
19 - warsaw (originally by joy division)
20 - atmosphere (originally by joy division)

Le bitrate d'ensemble n'est pas formidable mais hein bon.

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Till

mardi 25 février 2014

Various Artists - My Rocky Road To Dublin [2014]




 121.2 mètres. The Spire, monument à la lumière, projette l'ombre fine de son aiguille sur O'Connell Street. Le pavé humide brille sous un pâle soleil matinal et la rue est déjà animée. Full Irish breakfast from 8 to 12. En descendant vers la Liffey je prends contact physiquement avec la mer proche. Le vent marin fouette le passant. Le vent marin entraîne le passant. Le vent marin s'amuse à retourner les parapluies. Ici le soleil est un intermittent du spectacle, la pluie presque un full-time job.

A cette heure, Temple Bar cuve les excès de la veille, l'ambiance est au sommeil. Profond. Je préfère partir vers l'est. La main dans la poche je sers très fort le peigne de nacre dérobé cette nuit à une banshee endormie. Les anciens m'avaient pourtant mis en garde. Au loin, le pont Samuel Beckett exhibe ses cordes mais mes pas me guident vers College Street. Plus j'approche de Trinity College, plus le peigne de la banshee vibre dans ma poche. Trinity l'anglicane. Mon peigne païen bascule en mode vibrations intenses.

Comme je passe le porche d'entrée, des forces mystérieuses et opposées se mettent en branle. Pris dans un tourbillon de légendes, je m'envole au-dessus des pelouses interdites et des arbres multi-centenaires. La banshee m'a retrouvé et m'entraîne dans son vol halluciné. Son cri déchire l'air, les voiles de sa robe m'emprisonnent. Je serre le peigne. Je serre les dents. Je serre les paupières pour éviter son visage. La voir c'est mourir. Comme les sirènes d'Ulysse. Ulysse de Joyce, la boucle est bouclée.

Mon Odyssée magique se poursuit au travers des rayonnages de la Old Library. Banshee's Airlines m'entraîne dans un décor d'Harry Potter. En vol furtif j'aperçois le Livre de Kells pendant qu'une voix me murmure à l'oreille une litanie de noms. George Berkeley, Samuel Beckett, Oscar Wilde, Jonathan Swift, Bram Stoker, Douglas Kennedy. Je traverse les fenêtres et les murs, je peux lire chaque mot de chaque livre. Du moins je le pourrais si la banshee ne m'entrainait pas encore plus loin.

Leister House, Dáil Éireann. Merrion Street en rase-mottes. Rouge, jaune, bleu, noir. La bande chromatique défile devant mes yeux au rythme des portes des façades georgiennes. Un virage serré me retourne l'estomac. Mon cerveau capte l'image furtive de façades de pubs. Guinness city glisse sous moi sans que je puisse la saisir. Et puis la pesanteur me reprend, j'entame une chute libre et j'atterris dans l'herbe. Chez Rousseau j'aurais eu droit au ruisseau, ici c'est l'herbe verte. Je sors en titubant de St. Stephen's Green. Envolé le peigne de la Banshee. Je suis la foule, elle m'entraine droit vers Molly Malone qui m'accueille avec son sourire. Avec des coques, avec des moules.

Molly Malone m'ouvre ses bras. Molly Malone essaie de me retenir. Mais je suis déjà loin, je flotte sur la foule qui descend Grafton Street. Une rivière humaine coule vers les pubs pour engloutir des rivières de bière. Temple Bar me voilà. The Quays, O'Neills, The Temple Bar, Oliver St. John Gogarty's. Tous déversent des flots de bière, des flots de clients, des flots de musique. Brouhaha, vacarme, cacophonie, les trilles d'une tin whistle tissent un fil invisible qui me ramène sur le pavé mouillé. Dans l’œil du cyclone, le tourbillon d'un fiddle, les secousses du bohdran. Allez Paddy, joue pour moi. Mes pieds de nouveau ont perdu le contact avec le sol. Une nuée d'uilleann pipes virevolte autour de moi, impossible de lutter contre le courant. Mais je sais enfin où nous allons.

Étrangement calme, la Liffey coule silencieusement. Millenium Bridge. Coule. Ha' Penny Bridge. Coule.  Sean O'Casey Bridge. Coule. Un géant joue de la harpe avec les haubans du Sam Beckett Bridge . Hypnotisé j'écoute le tablier vibrer sous les graves. Mes poches sont vides, le peigne a disparu. C'est là que la banshee m'a retrouvé. Assise à côté de moi elle écoute le géant égrener des notes qui finissent par s'assembler. Ses cheveux roux s'envolent dans la brise marine. Ses yeux verts posent leur douceur sauvage sur moi. Pour la première fois j'entends sa voix. Un souffle, un murmure, une mélodie. Et quelques mots que je finis par discerner :

One, two, three, four five,
Hunt the hare and turn her
Down the rocky road
And all the ways to Dublin,
Whack-fol-lol-de-ra.

Un chœur masculin reprend inlassablement le refrain. Sans les voir je reconnais James, Samuel, Oscar, Jonathan, Seamus, William, Bram, et tous les autres. Ils sont partout, dans l'eau, dans le pavé, dans les câbles du pont, dans le vent marin. Ils sont l'air que je respire.


01. Liam Clancy - The Rocky Road to Dublin
02. The Dubliners - Rocky Road To Dublin
03. Dropkick Murphys - The Rocky Road To Dublin
04. Bert Jansch - The Rocky Road To Dublin
05. Orthodox Celts - Rocky Road To Dublin
06. GMT - Rocky Road (From Dublin)
07. Dave Swarbrick / Ian Campbell Folk Group - Rocky Road To Dublin / Drops Of Brandy
08 - Lisa Knapp - Hunt the Hare Part II [feat. Alasdair Roberts]
09. The High Kings - Rocky Road to Dublin
10. Lat & Trall - Rocky Road To Dublin
11. Cruachan - The Rocky Road To Dublin
12. Fergus - Rocky Road To Dublin
13. The Chieftains [with The Rolling Stones] - The Rocky Road to Dublin
14. The Pogues - The Rocky Road To Dublin


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Till

vendredi 24 janvier 2014

Mark Mulcahy - Dear Mark J. Mulcahy, I Love You [2013]


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Une enquête de Glen S. Baster

Juste un petit mot plié dans une enveloppe. Manifestement mon correspondant anonyme tenait à le rester. Étonnant : le type ne voulait pas me voir, pourtant, plutôt que de poster sa lettre, il l'avait glissé sous ma porte. Avec l'adresse sur l'enveloppe : Glen S. Baster, n°2 au fond de l'impasse. L'impasse j'y étais bel et bien et je risquais de ne pas en sortir de sitôt si je n'arrivais pas à donner du sens à ce message.

Bonjour.
C'est un ami qui m'envoie. Alors comme ça il paraît que t'es le meilleur en ville ?
Ca tombe bien, j'ai une mission pour toi, je te préviens c'est pas facile mais la récompense sera à la hauteur de l'enjeu. Voilà, je cherche un bon disque de Sting.
Je sais, tous tes collègues me l'ont dit, ce truc-là personne ne l'a encore jamais croisé mais si t'es vraiment le meilleur c'est le moment de le prouver. Une pleine caisse de Fanta orange pour toi en cas de réussite, ça ne se refuse pas hein ?
Je t'attendrai à l'angle de la 53eme et de la 3eme.
EWG

Un message dans une bouteille ne m'aurait pas rendu plus perplexe. Le ton familier, franchement narquois, le type me provoquait. Dans quel but ? Quelqu'un à qui une de mes enquêtes aurait causé du tort ? Une vengeance alors? Parfois dans le métier de privé il y a des dommages collatéraux, on ne peut pas faire gaffe à tout. Et puis ce rencard étraaaaaaange. La référence aux Ramones ne pouvait pas être un hasard. Bref, tout ça sentait l'arnaque à plein nez et là, même mon flair bidon ne pouvait me tromper.

Clic. Lux interior. Ma petite lumière intérieure venait de s'allumer à la lecture de la signature. Je n'arrivais  pas à toucher le truc, pourtant c'était là, tout près. Concentre-toi. Tu as déjà vu cette signature ?  Concentre-toi mieux. Qui est-ce ? D'où la connais-tu ?

Je repoussai ces réflexions à plus tard, j'avais besoin de m'oxygéner. J'avais besoin de rafraichir mes neurones. J'avais besoin d'air. RES - PI - RER. Ouvre la fenêtre mec et sens les fleurs de pêcher, les lys tigrés et les soucis. Quand j'ai refermé la fenêtre ma décision était prise. Mon client jouait la provoc. Mon client prétendait me faire trouver un bon disque de Sting. Mon client se foutait de ma gueule. Je décidai de mettre la Police dans le coup. J'avais gardé quelques bons contacts chez les cops. New-York City Cops...Toujours utile. Quelques coups de fils rapides et j'allais fouiller dans le stock de disques.

53rd & 3rd, debout dans la rue. Pile à l'heure. Je savais à quoi m'attendre. J'attendais à l'angle, mon single sous le bras. Fallout forcément. Pas besoin de vérifier, je sentais mes potes de la Police tout près. D'un bar voisin on entendait siruper une chanson parlant de Russes qui aimaient leurs enfants. Au carrefour de la 53ème et de la 3ème pas de EWG. Pas de surprise. 53rd & 3rd, tu es celui qu'ils ne chopent jamais hein ? Je savais à quoi m'attendre. Mon type ne m'avait pas cru capable de répondre à sa provoc. Il m'avait guetté au coin de la rue.  Il m'avait aperçu avec mon disque. Il avait filé. Comme une anguille.

Après quelques bières avec mes amis flics je rentrai au bureau. Pas de récompense, pas cette fois. Heureusement j'avais évité un piège grossier tendu par un escroc sans vergogne. La petite lumière intérieure continuait de s'allumer en mode Alerte. Mon sixième sens me disait que je n'étais pas au bout de mes surprises. Bingo ! En ouvrant la porte, un nouveau mot glissé dessous. Même papier, même enveloppe. Avant de l'ouvrir je décidai de me servir un verre de Lagavulin. Souvenir de Mr. X et de son disque de Dee Dee Ramone.

Calé dans ma chaise, les pieds sur le bureau. Phil Marlowe des temps modernes. Nestor Burma de la loooooose. Je déchirai délicatement l'enveloppe et j'étalai la lettre devant moi. Quelques mots tapés à la machine. Alors EWG, plus le cran d'écrire tes courriers à la main ? Si j'aimais les messages mystérieux, là j'étais gâté. Quelques mots tapés à la machine :  
Dear Mark J. Mulcahy, I love you.

La soirée promettait d'être longue. Mon Lagavulin 16 ans d'âge n'allait pas suffire.

01 I Taketh Away
02 Everybody Hustles Leo
03 She Makes the World Turn Backwards
04 Let the Fireflies Fly Away
05 He's a Magnet
06 My Rose Coloured Friend
07 Bailing out on Everything Again
08 Badly Madly
09 Poison Candy Heart
10 The Rabbit
11 Where's the Indifference Now?




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Till

vendredi 3 janvier 2014

[SINGLéS] - Dee Dee Ramone - I Am Seeing U.F.O's [1997]




Une enquête de Glen S. Baster

30 décembre, 19h.
Quand le type est entré j'ai tout de suite flairé la méprise. Erreur de casting. J'ai l'habitude. Sur cinq pékins qui franchissent le seuil de ma porte, quatre se sont trompés d'adresse. De peu faut dire, l'expert-comptable est au 2 bis. On n'a pas idée. Expert-comptable au fond d'une impasse que le soleil a oublié, faut pas avoir besoin de pécher le client. D'ailleurs quatre sur cinq sonnent chez lui après avoir avoir ouvert ma porte. Finalement c'est moi l'erreur de casting, j'aurais dû faire expert-comptable plutôt que détective privé.

Quand j'ai accroché la plaque, je me voyais en plein roman noir. Un verre de whisky, un flingue, des femmes fatales qui tournent autour. Romantisme débile. Cliché à deux balles. Privé, du grand comique. Un boulot à la con ouais. Chiens perdus, adultères, fugues. Le grand frisson. La seule femme fatale c'était sur un disque du Velvet. Jamais eu besoin d'un flingue, jamais eu de flingue. Reste le whisky. Du single malt quand je signe un contrat juteux. Un blend minable du 1er janvier au 31 décembre.

Quand le type est entré, j'ai tout de suite flairé la méprise. Note perso : "Ne plus me fier à mon flair, il est bidon". En bon aiguilleur du ciel je l'ai réorienté sur le 2 bis. "Si vous venez pour faire le bilan de l'année, vous vous êtes trompé de maison. Les bilans c'est la porte à côté". Mais non. Un 30 décembre pluvieux et froid, au fond de mon impasse sombre, ce type venait pour moi. Ce type ne ressemblait à rien. Ce type me ressemblait. "J'ai eu du mal à vous trouver". Normal, le détective c'est moi. Quand même, j'avais soigné l'ambiance. Impasse, pluie, obscurité. La plaque bon marché au-dessus de la vitre sale. Pendant une fraction de seconde j'ai vu Jack Nicholson. Pendant une fraction de seconde j'ai entendu Tom Waits.

Maintenant qu'il m'avait trouvé, mon apprenti-client était bien disposé à me raconter le but de sa visite. Moi j'étais bien disposé à palper un peu d'oseille. Mon cerveau a formé l'image d'une étiquette de single malt écossais. Elle a percuté un panneau "31 décembre". Mes glandes salivaires se sont mises à travailler trèèèèèès vite. J'ai sorti mon mauvais blend hooooors d'âge et servi deux verres. De but en blanc le type a expliqué qu'il était à la recherche d'un disque, un truc rare. Mes oreilles se sont ouvertes en position XXL et mes yeux ont affiché $. Clignotant doré sur fond rouge. Comme une pochette de Nick Cave.

31 décembre, 11h.
Je relisais mes notes au rythme du marteau-piqueur qui scandait les travaux au fond de mon crâne. Difficile de dire ce qui était le pire, la pauvreté de ces fameuses notes ou l'intensité de ma gueule de bois. Pour trouver un disque c'est relativement simple normalement. Mais il faut un minimum d'indices, tout le monde sait ça. Un interprète, un titre, une pochette. De quoi lancer les recherches, faire parler les indics, fouiller dans les fichiers des flics. Il faut des indices, tout le monde sait ça. Pas mon client. Tout en sirotant mon tord-boyaux Mr. X m'avouait ne presque rien savoir de ce disque. Une histoire d'OVNI and that's it. Au quatrième verre il s'est rappelé un jean et des lunettes noires. Quel progrès.

Le quatrième verre c'est celui de la gueule de bois du lendemain. Migraine. Marteau-piqueur. Relis 20 fois les maigres notes. Téléphone. Recherche internet. Migraine. Tournée des indics. Wik, Diseur, Shark, ce ptit salaud de Napster. Marteau-piqueur. Bam bam bam bam bam. Virée dans tous les rades de la ville qui proposent un juke-box. Migraine. Consultation des catalogues des maisons de disques. Migraine. Piratage des bases de données. Sacem, MPAA, DMCA, CIA, FBI, FSB. Migraine. Résultat : des toooooooonnes d'informations. Des milliiiiiiiiiiers de chansons à propos d'OVNI, des wagooooooooooons de musiciens en jean et lunettes noires. Résultat : une migraine king-size. Dernier recours : soigner ma gueule de bois. Traiter le mal par le mal. Mauvais blend et musique. S'enfermer au milieu des milliers de disques en cherchant l'illumination. Ecouter, fouiller, retourner, regarder, comparer, écarter, farfouiller, vérifier, revérifier, encore et encore, quitte à y passer la nuit. Jusqu'à l'éclaircie, la lumière, la révélation. L'Illumination au milieu des vinyles et des vapeurs de malt.

1er janvier, 15h.
Impossible de bouger de ce foutu parquet. Les clous traversent mon crâne et me maintiennent au sol. Le roulis me fout la gerbe, la bouteille vide se fout de ma gueule et me chante One bourbon, one scotch, one beer. En boucle.

2 janvier, 9h.
"Monsieur X ? J'ai retrouvé votre disque. Pas facile, mais je l'ai trouvé." Sésame. Dans l'heure qui suivit j'ai vu arriver un chèque accompagné d'un paquet. Lagavulin, 16 ans, Monsieur X sait vivre. Je ne suis pas amateur de bilans, je préfère voir ce que cette nouvelle année propose. Je me sers le premier verre, je monte le son. I am seeing U.F.O's. Elle commence plutôt bien cette nouvelle année. I got a bad horoscope, mais je m'en fous, elle commence plutôt bien.


A. I Am Seeing U.F.O's [Feat. Joey Ramone]
B. Bad Horoscope [Feat. Lux Interior]

Line-up :
Dee Dee Ramone: Guitar
Barbara Ramone: Bass
Daniel Rey: Guitar
Marky Ramone: Drums
Joey Ramone: Lead Vocals (1)
Lux Interior: Lead Vocals (2)

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 Till