samedi 18 mai 2013
jeudi 16 mai 2013
This Heat - This Heat [1979] - Deceit [1981]
THIS HEAT [1979]
La pièce est grande. 10 [dix] mètres de long, 5 [cinq] mètres de large, 5 [cinq] mètres de haut. Surface 50 [cinquante] m². Volume 250 [deux cent cinquante] m3. Au sol, béton brut. Sur les murs, béton brut. En plafond, béton brut. La seule lumière naturelle provient de deux pauvres fenêtres en hauteur, inaccessibles, des jours de souffrance. JOURS DE SOUFFRANCE.
Au plafond quelques luminaires d'atelier distillent péniblement une lumière fade et froide. Température de couleur, 600 [six cents] Kelvins, blanc industriel. Pas de soleil, pas de chauffage, température basse. Froide, froide.
Tout autour de la pièce sont réparties des portes en acier gris sans inscription. 11 [onze] portes en acier. Aucune inscription. Comme dans un remake de Cube, chaque porte mène vers un destin différent. Inconnu, mystère, danger ? Sortie, lumière, liberté ? 11 [onze] portes en acier gris.
Porte 01 : l'obscurité est complète. On entend des sons électroniques de provenance inconnue. Leur résonance est amplifiée par des dimensions insondables.
Porte 02 : L'obscurité est complète. Au loin, des échos de musique, un groupe post-punk est en répétition. Il fait froid, froid, froid.
Porte 03 : obscurité complète. Plongée dans le vide, espace, cosmos. Incantations d'origine inconnue, paroles incompréhensibles. Froid.
Porte 04 : obscurité complète. Tintinabulement, cloches. Présence humaine ? Pas des cloches, des gouttes d'eau qui tombent et percutent des récipients métalliques. Ploc. Ploc. Ploc. Humidité.
Porte 05 : lumière aveuglante. Des rythmes tribaux emplissent la pièce sans qu'on puisse en voir l'origine. Musique lancinante. Voix quasi-humaine, endroit habité. DE LA VIE.
Porte 06 : semi-obscurité. Bruits usine, sons machines. Engrenages, roulements, acier, machines tournent suintent huile vapeur.
Porte 07 : verrouillée. Nouvel essai. Verrouillée. travers porte sons stridents aigüs acides. Verrouillée.
Porte : obscurité Bourdonnement Voix .... lointaines .. choeurs .. étouffés souffle ..... puissant
Porte : bruit....................bruit...............................................................bruit
Porte : vue brouillée ......m s que ..............................................ch nts.....sons d f rm s *L RT* *L RT* *L RT* ....................5 1......35...................jkljihkghjg@#fdeffsgggggggggggggg
P r t : nt nds pl s r n..... f n
01. Testcard
02. Horizontal Hold
03. Not Waving
04. Water
05. Twilight Furniture
06. 24 Track Loop
07. Diet of Worms
08. Music Like Escaping Gas
09. Rainforest
10. The Fall of Saigon
11. Testcard
DECEIT [1981]
01. Sleep
02. Paper Hats7
03. Triumph
04. S.P.Q.R.
05. Cenotaph
06. Shrink Wrap
07. Radio Prague
08. Makeshift Swahili
09. Independence
10. A New Kind of Water
11. Hi Baku Sho (Suffer Bomb Disease)
Si vous cherchez un mot de passe, essayez donc downgrade.
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Merci aux visiteurs qui laissent une trace de leur passage.
Till
samedi 11 mai 2013
John Zorn/Pat Metheny - Tap: Book of Angels Volume 20 [2013]
En l'occurrence, il n'y a pas pléthore, que ce soit pour la tracklist ou le line-up (6 et 2) mais les émotions sont bien au rendez-vous et la rencontre de deux univers à priori pas exactement compatibles porte magnifiquement ses fruits. Pas qu'on n'en attendait quoique ce soit d'autre, notez, quand deux géants se croisent, ça fait forcément quelques étincelles... Et si peu de musiciens interviennent ici, c'est tout bonnement parce que Metheny bouffe toute la place faisant montre, comme il l'a souvent fait sur ses récentes livraisons, de ses qualités de producteur/arrangeur/multi-instrumentiste. De fait, il n'a recours qu'au seul Antonio Sanchez, frappeur de peau de service, pour s'inviter sur les plates bandes d'un Zorn ô combien consentant.
Musicalement, la surprise est, finalement, de ne jamais en rencontrer vraiment. Je m'explique... Si, en effet, le traitement que se voient infligées les compositions de John Zorn est unique (tout en étant multiple, j'y viens), il est totalement dans les valeurs et inclinaisons stylistiques de Metheny qui s'est, en la circonstance, totalement réapproprié les notes de son compositeur. En introduction, ça donne un Mastema au "klezmerisme" discret occulté qu'il est par la folie fusion à bruitages électroniques que commet Metheny... Et ça fonctionne du feu de Dieu (ou des Anges, c'est bienvenu pour la série !). Suit Albim qui, plus respectueux des cannons du compositeur Zorn, est une charmante ballade nous emmenant presque jusqu'à Buenos Aires avec sa guitare acoustique, son discret bandonéon, son doux chaloupement et sa fin dramatique, parfait, et parfaitement maîtrisé, ça va sans dire ! Tharsis, piste 3, plus électrique et rapide n'est pas bien différent, comme si les deux thèmes qui le précédent se retrouvaient... Si l'empreinte Zorn y est impossible à rater, ça ne signifie pas que Metheny se soit laisser aller à la facilité, pièce à la fois rythmée et ambiante, elle bénéficie de son exceptionnelle qualité de guitariste en plus de ses capacités d'arrangeur/metteur en son, devenant "autre chose" au contact d'un imaginaire riche, "autre chose" de particulièrement prenant en son magnifique crescendo.
J'arrête là le menu non sans préciser que la seconde moitié des titres propose d'au moins aussi fortes émotions, d'au moins aussi belles révélations musicales pour une satisfaction finale évidemment acquise.
Formellement, les petits plats ont été mis dans les grands et, grande première dans la série sans doute motivée par quelques obligations contractuelles, ce Tap bénéficie d'une double sortie, chez Nonesuch (label attitré de Metheny) et chez Tzadik (la maison de qui vous savez). C'est finalement, sauf pour Tzadik peut-être, une bonne nouvelle qui, espérons-le, permettra à un compositeur toujours trop méconnu de récolter quelques suiveurs fanatiques supplémentaires dans l'opération, Zorn le mérite, Metheny le lui offre... Elle est pas belle la vie ?
Reste que cette rencontre (un sommet au sommet !) donne extrêmement envie d'en entendre plus, que John Zorn fasse plus de nouvelles rencontrent qui élargiront encore le spectre d'une série et d'un monde pourtant déjà si riche parce que, si vous ne l'aviez pas compris, ce Tap, 20ème Book of Angels, c'est de l'or en barre... Tout simplement !
- John Zorn: compositions
- Pat Metheny: production, arrangements, electric & acoustic guitars, baritone guitar, sitar guitar,
tiples, bass, piano, keyboards, marimba, bells, bandoneon, percussion, electronics, flugelhorn
- Antonio Sanchez: drums
1. Mastema 7:20
2. Albim 9:07
3. Tharsis 5:54
4. Sariel 11:09
5. Phanuel 10:55
6. Hurmiz 6:12
jeudi 9 mai 2013
The Golden Palominos - The Golden Palominos [1983], Visions of Excess [1985]
Formé par le batteur et compositeur Anton Fier en 1981, The Golden Palominos est un groupe à géométrie variable avec Fier, le bassiste/producteur Bill Laswell et le guitariste Nicky Skopelitis comme seuls membres récurrents.
Premier opus du projet mené par Anton Fier et, rien qu'à voir la splendide collection d'allumés que comprend la formation, on se doute que, si on risque fort de ne pas s'y ennuyer, on sera aussi mis à rude épreuve, sur le gril... Ou pris dans un furieux torrent, dont on risque de ne pas sortir indemne, à l'image des canassons de la pochette.
Il faut dire qu'on ne rencontre pas si souvent une fusion aussi étrange que celle proposée par l'éponyme des Golden Palominos, une sorte de funk mutant, blanchi aussi, où les bruitages, déviances sonores, grooves décalés et autres évènement percussifs inattendus tiennent le haut du pavé. Pas exactement le genre de machin à confier à toutes les (sensibles) oreilles mais pas non plus une œuvre si avant-gardiste qu'on ne puisse la conseiller qu'à quelques happy-fews. D'une part, il y a le côté historique de voir tous ces extraordinaires musiciens réunis (dont John Zorn qui rendra l'appareil à Fier en l'invitant sur son Locus Solus la même année) mais aussi l'impact d'un style, d'un son qui fera florès quelques années plus tard (par exemple chez les Talking Heads), évidence impossible à nier à l'écoute de l'introductif Clean Plate.
Ne le nions pas, The Golden Palominos, l'album, reste avant tout une étrangeté qui ne plaira qu'à ceux qui apprécient la "musique qui cherche", se donne le droit à l'erreur aussi (toutes les pistes ne fonctionnent pas ici avec le même bonheur) parce qu'elle se sent investie d'une mission prospective ô combien louable débouchant, qui plus est, sur une dose de fun plus que conséquente et même décisive dans le plaisir pris par l'auditeur.
Il n'en faut pas plus pour décréter qu'on tient bien là une vraie belle réussite en plus d'une odyssée sonique hors du commun.
1. Clean Plate 6:30
2. Hot Seat 5:16
3. Under the Cap 5:36
4. Monday Night 6:31
5. Cookout 4:40
6. I.D. 6:48
7. Two Sided Fist 7:43
- Anton Fier: drums, Oberheim DMX, percussion, production, mixing
- John Zorn: alto saxophone, clarinet, game calls
- Fred Frith: guitar, violin
- Bill Laswell: bass guitar, production, mixing
- Arto Lindsay: vocals, guitar, additional production
&
- Thi-Linh Le: vocals on "Monday Night", design, photography
- Mark E. Miller: vocals on "Hot Seat", turntables on "Hot Seat" and "Monday Night"
- David Moss: percussion on "Clean Plate", "Under the Cap" and "Two Sided Fist"
- Nicky Skopelitis: guitar on "Monday Night" and "I.D."
- Jamaaladeen Tacuma: Steinberger bass guitar on "Clean Plate" and "Two Sided Fist"
- Roger Trilling: tape on "Cookout"
- Michael Beinhorn: drums and Oberheim DMX on "Hot Seat", piano on "Cookout"
The Golden Palominos c'est, premièrement et avant tout, Anton Fier, batteur de son état et capitaine du navire ce que prouve clairement ce second opus au line-up ô combien différent de l'inaugural éponyme avec, cette fois, une sélection de musiciens/invités nettement moins versés dans la Downtown scene de la Big Apple et nettement plus vers un mainstream rock de qualité... Enfin, le line-up parce que, musicalement, si l'aspect bruitistes et les glissements avant-gardistes ont été largement revus à la baisse, le ton n'est tout de même pas à la facilité et au FM-compatible.
Concrètement, si on reconnait, via les éléments rythmiques et l'approche sonique des GP originels restants, de notables différences se font jour et les invités de l'occasion ne sont pas tout à fait innocents quand à ce renversement de tendance avec, en tête, un Michael Stipe de R.E.M. qui, présent sur les trois titres d'ouverture de Visions of Excess, donne le ton de l'ensemble. De fait, le format chanson, totalement absent des précédents ébats du collectif, est ici au centre des débats. Ca n'empêche évidemment pas quelques musiciens d'exception de faire montre de leurs sens artistiques et leurs capacités instrumentales au dessus de la moyenne. On citera notamment Bill Laswell, master bassiste, et Nicky Skopelitis, guitariste exubérant s'il en fut, ici particulièrement à leur aise et mis en valeur.
Si on peut regretter la relative facilité de l'ensemble, dans lequel à un avant-gardisme funkoide de bon aloi s'est substitué un côté presque stadium rock, on est obligé de louer l'efficacité et la réussite générales. Ca donne, forcément, une œuvre plus classique, moins aventureuse mais aussi un album dans lequel on reviendra plus volontiers picorer tel ou tel titre particulièrement marquant (les trois de Stipe en sont !), et, en définitive, une réussite encore plus totale.
1. Boy (Go) 5:30
2. Clustering Train 6:07
3. Omaha 3:11
4. The Animal Speaks 4:07
5. Silver Bullet 5:09
6. (Kind of) True 4:47
7. Buenos Aires 3:48
8. Only One Party 4:30
- Anton Fier: drums, DMX, percussion
- Bill Laswell: bass guitar
- Jody Harris: guitars, slide guitar
- Richard Thompson: guitars
- Mike Hampton: guitar
- Henry Kaiser: guitars
- Nicky Skopelitis: guitars
- Arto Lindsay: guitar, vocals
- Chris Stamey: guitar, piano, vocals
- Bernie Worrell: Hammond organ
- Carla Bley: Hammond organ
- Syd Straw: vocals
- Michael Stipe: vocals
- Jack Bruce: vocals, harp
- John Lydon: vocals
vendredi 3 mai 2013
John Zorn - The Mysteries [2013]
On prend les mêmes et on recommence.
Hé oui, voilà de retour Bill Frisell (guitare), Carol Emanuel (harpe) et Kenny Wollesen (vibraphone et cloches) soit la même (fine) équipe à qui nous devions, il y a une année de ça, l’excellent Gnostic Preludes. Cette fois, ça s’appelle The Mysteries mais le principe, l’univers sont fondamentalement les mêmes.
Entre jazz de salon et musique de chambre contemporaine, le trio égrène les mélopées précieuses d’un Zorn en mode « ear-friendly ». De fait, ça « bave » rarement, c’est (re)tenu et mélodique à souhait... à mille lieues d’exactions freejazzophiles ou d’explorations avant-gardistes bruitistes. Pas routinier, pour autant. Zorn aime à revenir en terrain connu pour creuser un filon encore riche de précieuses promesses et d'en profiter pour "pousser un peu les murs", ouvrir les fenêtres et voir/entendre ce que l'air du jour apporte.
Pas routinier, donc, mais pas réellement surprenant non plus, comme de réenfiler une veste légère à la remontée du thermomètre, de se rendre compte qu'elle a (rayer les mentions inutiles) élargi, rétréci, raccourci ou qu'elle vous va encore comme un gant (ce qui, pour une veste peut s'avérer problématique)... Mais trêves de comparaison costumières ! The Mysteries, nul doute !, plaira à ceux qui aiment leur Zorn harmonieux mais un peu savant quand même, ceux-là mêmes (les bonnes gens !) qui apprécièrent les deux volumes du Book of Angels du Masada String Trio, celui de Bar Kokhba ou l'entièreté de l'œuvre des Dreamers. Du "easy" Zorn, spirituel et éthéré, rythmé ce qu'il faut où il faut, enchanteur sans tapage, digne et beau.
Evidemment, "easy", quand on en vient à évoquer un gentil fou tel que l'hyper productif compositeur New Yorkais, ça n'empêche pas quelques charmantes et bienvenues sorties de routes, dérapages dans un virage en épingle... Toujours contrôlé par un compositeur/arrangeur malin bien entouré d'un trio d'instrumentistes dont l'expertise et la sensibilité n'est plus à démontrer.
Si on s'adonnait au petit jeu de la comparaison et qu'on étalonnait The Mysteries à l'aulne des mérites de son glorieux prédécesseur, on dirait que, l'effet de surprise passé, le charme agit toujours mais que l'œuvre fondatrice, forcément, l'emporte. Mais fi de mauvais esprit, un an après, la fine équipe des Gnostic Preludes a, une fois encore, merveilleusement servi son compositeur. L'essentiel est là, on ne boude pas sa joie.
Youpi !
1. Sacred Oracle 5:35
2. Hymn of the Naassenes 5:05
3. Dance of Sappho 4:05
4. The Bacchanalia 2:56
5. Consolamentum 5:48
6. Ode to the Cathars 6:55
7. Apollo 3:27
8. Yaldabaoth 3:54
9. The Nymphs 10:47
mardi 30 avril 2013
John Zorn - Lemma [2013]
Attention ! Ce Zorn ci fait peur à beaucoup. Ce n’est pas celui qui cajole les oreilles de douces mélopées où se rencontrent klezmer, jazz, americana, etc. Non, ce Zorn ci donne dans la complexité, dans la recherche aussi, il exprime la facette contemporaine d’un compositeur toujours aussi multiple, jamais vraiment là où on l’attendrait malgré l’immense diversité de son catalogue.
En l’occurrence, un instrument est mis à l’honneur sur ce Lemma : le violon. Et trois instrumentistes, (mais pas le « régulier » Mark Feldman, sans doute occupé alors à d’autres explorations) : David Fulmer, Chris Otto et Pauline Kim. Et trois sections distinctes habitant les 17 pistes de la livraison : Apohthegms, Passagen et Ceremonial Magic.
On commence par Apophthegms duo de violons entre David Fulmer et Christopher Otto, progression en douze courtes vignettes dans les méandres du cerveau Zornien à son "avant-gardissime" soit une musique se jouant de la mélodie (plus qu'en jouant) pour produire des effets, des impressions, des émotions différentes. La partition, en l'occurrence, n'épargne pas les bizarreries d'usage à l'auditeur même s'il lui arrive, c'est heureux, de s'apaiser jusqu'à évoquer furtivement Bach ou Bartók. Pas simple tout ça mais diablement attirant et, en définitive, réussi.
Suit Passagen et ses 14 massives minutes. Et quelle beauté ! Pas besoin de plus qu'une violoniste précise et passionnée telle que Pauline Kim pour habiter cette pièce pour laquelle Zorn avoue s'être inspiré de quelques œuvres de grands compositeurs ayant dédié une partie de leur art à l'instrument qui nous intéresse ici (le violon, donc, et, nommément, Bach, Paganini, Bartók et Carter). On reste, ceci dit, en Zornerie l'inspiration étant plus stylistique qu'harmonique... Et c'est parfait comme ça !
Last but not least, Ceremonial Magic, déjà présent dans une version rythmée dans Music And Its Double (avec Kenny Wollesen à la batterie), déjà joué alors par David Fulmer dont la maîtrise instrumentale et le feeling ne se démentent pas ici. Pas une découverte, donc, que cette suite en quatre mouvements, juste la confirmation de la grâce déjà entendue et ici confirmée mais pas forcément la pièce à la marge entre précision compositionnelle et improvisation échevelée qu'il nous avait semblé entendre précédemment tant la réplique présente s'approche au plus près de l'enregistrement originel.
On ne le niera pas, ce Zorn là, le Zorn contemporain, en déstabilisera certains. De fait, il faut connaître cette grammaire musicale, cet esprit à la fois revêche et ludique, cette volonté régulièrement réaffirmée de ne pas simplement "faire" pour pleinement goûter au festin présentement offert. Quoique les moments de pure grâce soient, finalement, suffisamment nombreux pour offrir une porte d'entrée viable à cet univers ô combien particulier.
- David Fulmer : violon (Apophthegms; Ceremonal Magic)
- Pauline Kim : violon (Passagen)
- Christopher Otto : violon (Apophthegms)
Apophthegms
01. Apophthegms I 0:45
02. Apophthegms II 1:06
03. Apophthegms III 1:44
04. Apophthegms IV 1:22
05. Apophthegms V 1:34
06. Apophthegms VI 1:50
07. Apophthegms VII 2:40
08. Apophthegms VIII 1:48
09. Apophthegms IX 2:05
010. Apophthegms X 1:20
11. Apophthegms XI 1:55
12. Apophthegms XII 2:46
13. Passagen 14:19
Ceremonial Magic
14. Ceremonial Magic I 5:27
15. Ceremonial Magic II 4:04
16. Ceremonial Magic III 5:50
17. Ceremonial Magic IV 3:49
samedi 27 avril 2013
David Bedford - The Odyssey [1976]
Un petit préambule pour expliquer ma présence, maintes fois retardée, sur le blog de Till... Au départ, j'avais pensé ne proposer que du John Zorn ici (deux sont d'ailleurs à venir prochainement) et puis, finalement, débarrassé des obligations quotidiennes que je m'étais moi-même imposées et reprenant goût à bloguer à-qui-mieux-mieux, et un peu "coupable, aussi, de squatter quelques bonnes maisons (nommément Jeepeedee Rips et Les Jolies Compiles de Keith Michards), adorant enfin ce nouveau statut de partageur SBF (sans blog fixe), j'ai décidé d'élargir le spectre. En gardant une certaine cohérence de ton, tout de même...
Voilà, ainsi, comment se partagera ma "carrière" de blogueur "mercenaire" :
- Chez Jeepeedee tout ce qui reste, à mon humble avis, d'un accès assez aisé.
- Chez Keith Michards, les compiles maisons, évidemment !!!
- Chez Till (This Beautiful Downgrade), tout ce qui demande un investissement un peu plus important de l'auditeur, le zarbi mélodique aussi...
et enfin
- Sur "Mangemesdix", les jeux divers et variés proposés par notre informelle fratrie (Jimmy Mangeur de Disques en tête !).
Ces digressions explicatives achevées, il est grand temps de passer à la musique !!!
Parfois complètement planante (évoquant parfois le meilleur de Klaus Schulze, souvent le versant "new-ageux" d'Oldfield), parfois quasiment lysergique (sur le central et épatant The Sirens et ses 10 minute de grâce éthérée) la musique présentement proposée par Bedford a évidemment beaucoup recours aux synthétiseurs divers et variés si typiquement et couramment employés dans ces glorieuses Septantes. Certes, on ne peut donc pas dire que Bedford brille particulièrement par son originalité, ces territoires sont bien connus de tout amateur de prog' qui se respecte, le bougre se rattrape, par contre, par une expertise harmonique permettant à l'auditeur de surfer sur des vagues de sons exemptes de tout couac-à-chaos (à peine sur l'épique et guerrier The Battle in the Hall, même pas sur le sautillant et trippé Scylla And Charybdis... Wakeman sort de ce corps !). Quand en plus quelques pièces proposent des instrumentistes "de complément" de la trempe de Mike Oldfield (à la baladeuse guitare sur The Phaecian Games et le précité The Sirens) ou Andy Summers alors futur The Police, déjà un guitariste versatile et inventif ou le diaphane timbre des vocalistes Sophie Dickson et Vicky Cooper, on ne peut que se réjouir de la belle trouvaille qu'on a fait là.
Evidemment, si vous ne supportez ni Schulze, ni Wakeman, ni Oldfield, ni Emerson... Ca ne le fera pas trop. Si vous avez, par contre, ne serait-ce qu'une vague curiosité pour la chose progressive planante (pas à la Floyd !) vous tomberez, en l'occurrence, sur une belle petite pépite (presque) perdue, de ces albums qu'on fait écouter au pote qui a Rubycon de Tangerine Dream ou un Jon & Vangelis.dans sa collec' comme au cousin Germain qui aime bien la "grande musique" ou à tante Albertine qui a le sonotone de toute façon plus si performant. Bref... De la musique d'hier qu'on peut encore encaisser aujourd'hui parce qu'elle est, fondamentalement, mélodiquement réussie et même pas marquée par un Gabriel-bis ou un Wetton de supérette. Du beau boulot, vraiment.
01. Penelope's Shroud I 1:37
02. King Aeolus 4:44
03. Penelope's Shroud II 1:20
04. The Phaeacian Games 3:59
05. Penelope's Shroud III 1:03
06. The Sirens 10:17
07. Scylla And Charybdis 7:59
08. Penelope's Shroud IV 0:48
09. Circe's Island 7:44
10. Penelope's Shroud Completed 0:31
11. The Battle In The Hall 7:55
The Band:
— David Bedford /ARP 2600 Synthesizer, Stringman String Synthesizer, Fender
Rhodes Electric Piano,Steinway Grand Piano, Clavinet, Vibraphone, Hammond
Organ, Wine Glasses, Timpani, Cymbal, Gong
— Mike Oldfield / guitar (4,6)
— Andy Summers / guitar (9)
— Anne Murray / recorder (11)
— Rosalind Kandler / recorder (11)
— Layne Halstead / oboe (11)
— Nicolette Alvey / ARP Synthesizer (2,7), Wine Glasses (9)
— Sophie Dickson / Vocals, Wine Glasses (9)
— Vicky Cooper / Vocals (6)
— Elly Lemos / Wine Glasses (9)
— Serena Macready-Sellars / Wine Glasses (9)
— Queen's College Choir / Choir (6)
Voilà, ainsi, comment se partagera ma "carrière" de blogueur "mercenaire" :
- Chez Jeepeedee tout ce qui reste, à mon humble avis, d'un accès assez aisé.
- Chez Keith Michards, les compiles maisons, évidemment !!!
- Chez Till (This Beautiful Downgrade), tout ce qui demande un investissement un peu plus important de l'auditeur, le zarbi mélodique aussi...
et enfin
- Sur "Mangemesdix", les jeux divers et variés proposés par notre informelle fratrie (Jimmy Mangeur de Disques en tête !).
Ces digressions explicatives achevées, il est grand temps de passer à la musique !!!
Mais qui connait David Bedford ? Probablement pas grand
monde et, tudiou, ô immense injustice des hasards de la notoriété, c’est bougremment dommage ! Pour situer le personnage,
musicien/compositeur d’avant-garde formé à la Royal Academy of Music de
Londres, il a opéré sa transition vers le "rock" en collaborant
avec Kevin Ayers ou Soft Machine, on pourrait imaginer pire. Se faisant, il
rencontra Mike Oldfield et se lia d’amitié avec le taciturne progueux qui n’hésitera
pas à l’employer à quelques reprises (et réciproquement). Commençant sa carrière solo aux
naissantes 70s, ses albums les plus "connus" sont Rime of the Ancient Mariner,
Nurses Song With Elephants et, celui dont il s’agit ici, Odyssey, son
magnum opus comme qui dirait... Inspiré par l'Odyssée d'Homère en plus.
Et donc, nous sommes en 1976, période d'apogée d'un certain progressisme "suffisant" (pour rester aimable avec messieurs, Emerson, Wakeman & Anderson, Schulze, Vangelis et consorts...) auquel, on ne va pas se mentir, David Bedford pourrait être facilement assimilé s'il n'y avait une relative simplicité dans les grilles harmoniques et un défini goût pour la retenue chez le compositeur. Ainsi, là où la plupart de ses contemporains étalent largement des capacités instrumentales tape à l'œil, l'objectif de Bedford semble être, avant tout, de glorifier son travail de création mélodique. Parfois complètement planante (évoquant parfois le meilleur de Klaus Schulze, souvent le versant "new-ageux" d'Oldfield), parfois quasiment lysergique (sur le central et épatant The Sirens et ses 10 minute de grâce éthérée) la musique présentement proposée par Bedford a évidemment beaucoup recours aux synthétiseurs divers et variés si typiquement et couramment employés dans ces glorieuses Septantes. Certes, on ne peut donc pas dire que Bedford brille particulièrement par son originalité, ces territoires sont bien connus de tout amateur de prog' qui se respecte, le bougre se rattrape, par contre, par une expertise harmonique permettant à l'auditeur de surfer sur des vagues de sons exemptes de tout couac-à-chaos (à peine sur l'épique et guerrier The Battle in the Hall, même pas sur le sautillant et trippé Scylla And Charybdis... Wakeman sort de ce corps !). Quand en plus quelques pièces proposent des instrumentistes "de complément" de la trempe de Mike Oldfield (à la baladeuse guitare sur The Phaecian Games et le précité The Sirens) ou Andy Summers alors futur The Police, déjà un guitariste versatile et inventif ou le diaphane timbre des vocalistes Sophie Dickson et Vicky Cooper, on ne peut que se réjouir de la belle trouvaille qu'on a fait là.
Evidemment, si vous ne supportez ni Schulze, ni Wakeman, ni Oldfield, ni Emerson... Ca ne le fera pas trop. Si vous avez, par contre, ne serait-ce qu'une vague curiosité pour la chose progressive planante (pas à la Floyd !) vous tomberez, en l'occurrence, sur une belle petite pépite (presque) perdue, de ces albums qu'on fait écouter au pote qui a Rubycon de Tangerine Dream ou un Jon & Vangelis.dans sa collec' comme au cousin Germain qui aime bien la "grande musique" ou à tante Albertine qui a le sonotone de toute façon plus si performant. Bref... De la musique d'hier qu'on peut encore encaisser aujourd'hui parce qu'elle est, fondamentalement, mélodiquement réussie et même pas marquée par un Gabriel-bis ou un Wetton de supérette. Du beau boulot, vraiment.
01. Penelope's Shroud I 1:37
02. King Aeolus 4:44
03. Penelope's Shroud II 1:20
04. The Phaeacian Games 3:59
05. Penelope's Shroud III 1:03
06. The Sirens 10:17
07. Scylla And Charybdis 7:59
08. Penelope's Shroud IV 0:48
09. Circe's Island 7:44
10. Penelope's Shroud Completed 0:31
11. The Battle In The Hall 7:55
The Band:
— David Bedford /ARP 2600 Synthesizer, Stringman String Synthesizer, Fender
Rhodes Electric Piano,Steinway Grand Piano, Clavinet, Vibraphone, Hammond
Organ, Wine Glasses, Timpani, Cymbal, Gong
— Mike Oldfield / guitar (4,6)
— Andy Summers / guitar (9)
— Anne Murray / recorder (11)
— Rosalind Kandler / recorder (11)
— Layne Halstead / oboe (11)
— Nicolette Alvey / ARP Synthesizer (2,7), Wine Glasses (9)
— Sophie Dickson / Vocals, Wine Glasses (9)
— Vicky Cooper / Vocals (6)
— Elly Lemos / Wine Glasses (9)
— Serena Macready-Sellars / Wine Glasses (9)
— Queen's College Choir / Choir (6)
lundi 8 avril 2013
Lol Coxhill - The Rock On The Hill [2011]
Des mouches aux pattes démesurément longues vrombissent autour de ma tête. Le bruit assourdissant des battements amplifiés de leurs ailes rend plus insupportable encore l'air irrespirable, le sature de vapeurs toxiques. Leurs pattes démesurément longues transportent des notes de musique, un Do file sous mon nez, un Ré frôle ma bouche. Je les vois parfaitement dans l'obscurité épaisse. Elles tourbillonnent, note contre note, se regroupent en accords, les escadrilles se succèdent près de mes tympans. Et toujours impossible de bouger, impossible de les chasser d'un revers de main, impossible de me débarrasser de ce bourdonnement incessant et oppressant.Je ne suis pas attaché, ni ligoté. Je ne peux pas bouger, c'est comme ça, une impossibilité physique.
La plus grande des mouches s'arrête en vol stationnaire à trente centimètres de mon visage. Elle me fixe de sa multitude d'yeux diptériques, je perçois clairement le sourire ironique qu'elle m'adresse. La plus grande des mouches a les pattes les plus démesurément longues de toutes. Elle transporte à elle seule une série d'accords, je les entends, leur son couvre en partie le brouhaha. La plus grande des mouches parle maintenant : "Tu ne peux pas bouger hein ? C'est toi, uniquement toi, depuis le début. Tu commences à suffoquer, tu le sens ? C'est pas fini, pas fini et ça va durer. Longtemps".
Sa tête noire apparait clairement dans l'obscurité, ses milliers de regards fixes me clouent au sol. J'entends son rire énorme pendant que des centaines de mouches s'engouffrent dans ma bouche fermée. Le vacarme est dans ma tête en même temps que dehors. Elles envahissent mon nez, mes oreilles. J'essaie de hurler, aucun son de sort, je ne fais qu'amplifier le bourdonnement. Respirer ? J'ai oublié comment on fait. Respirer quoi ? L'air est irrespirable, malgré moi je respire des mouches , je respire des accords de mouches assourdissants, je respire une musique qui m'étouffe. Respirer m'étouffe.
La lézarde dans le mur apparait en même temps que ce son inconnu. La lézarde devient deux, trois, dix, cent. La lézarde devient le mur, le mur n'est plus. A sa place la lumière aveuglante apaise mes yeux. Les mouches ont disparu, le bourdonnement a disparu, la plus grande des mouches aux pattes démesurément longues a disparu. Je bouge, pourquoi ne pourrais-je pas bouger ? Je me lève, je traverse le mur-lézarde-lumière. Non, le mur n'est plus, la lumière est partout. Et partout j'entends ce son. Autour de moi je découvre une faune et une flore inconnues. Pourtant je connais le nom de chaque plante et chaque animal.
Le sol est couvert à l'infini d'herbatterie plus fraiche et moelleuse qu'on ne peut le rêver. Ici et là on peut voir bondir parfois un Tac parfois un Poum qui disparait en gambadant joyeusement dans l'herbatterie. On les repère aisément au son particulier qu'ils émettent en bondissant et qui s'atténue en un écho harmonieux. Plus loin en contrebas pousse un bosquet d'arbres à quatre cordes. Une brise légère et rafraichissante les fait vibrer doucement en un son grave.
Il y a un chemin, il y a toujours un chemin. Je serpente avec lui entre les arbres à quatre cordes, un Tac me file entre les jambes, l'herbatterie s'étend partout à l'infini. J'ai oublié comment respirer, pourtant je respire. Le son est l'air, je respire l'air, je respire le son, l'air-son. L'air-son s'immisce naturellement en moi, me ramène à des souvenirs que je n'ai pas. Le chemin serpente, je serpente en direction du saxofonus sopranus dont la silhouette élancée envahit l'horizon. Les Tacs et les Poums m'accompagnent, me crocnotent, les arbres à quatre cordes vibrent et milarésolent, je serpente vers la colline.
Le saxofonus sopranus étend ses racines aériennes, ses branches octopussiennes bourgeonnotent vers le ciel, tentaculent l'air, rythment les rythmes. De ses bras sopranus des nuées de notaigües s'envolent, leurs ailes battent l'air-son d'un mouvement gracieux. Les notaigües tourbillonnent autour de moi, se mêlent aux Tacs, aux Poums, aux Milarésols puis disparaissent. D'autres notaigües les remplacent dans l'air-son, parfois un, parfois cent, répondant à un appel mystérieux.
Au somment de la colline, ivre d'air-son je titubécoute encore quelques pas d'oreilles avant de m'effondrer sur le matelas d'herbatterie moelleuse, sèche et grasse en même temps. Je continue à m'enivrer de cet air improbable. Les yeux fermés je vois l'air-son, je vois le saxofonus sopranus qui pousse toujours librement et exhibe de nouveaux bourgeons-notes. Sur la pierre à côté de moi, un visiteur facétieux a gravé trois lettres barrées : LOL.
Des papillons aux ailes démesurément longues vrombissent silencieusement autour de ma tête, avec une grâce infinie.
01. Rivers Bend
02. Anything So Natural
03. Scratch
04. Ergo Somme
05. The World In A Grain Of Sand
06. Tarentelle For Nelly
07. Full Of Butterflies
Si vous cherchez un mot de passe, essayez donc downgrade.
Merci aux visiteurs qui laissent une trace de leur passage.
Till
mercredi 27 mars 2013
Ballade à Paris, du soir au matin
Je ne suis pas peu fier d'annoncer la première collaboration de DamNed à ce blog. Première collaboration tout en délicatesse qui nous propose une superbe balade/ballade à la découverte du Paris nocturne. Le plus beau dans l'histoire c'est qu'on annonce déjà une suite. Mais il vaut mieux que je lui laisse la parole.
Till
Un petit film pour les oreilles, en dehors des repères du temps. On y rencontre le Paris des Parisiens et un peu le Paris des touristes, on s’y penche sur la Seine et on met les ponts en perspective. La nuit tombe doucement sur des saynètes de la rue, des cafés aux clients variés, pendant qu’il fait presque noir dans quelques petites rues oubliées et vides. On n’est pourtant jamais loin du complémentaire, quitte à se faire des surprises. On traverse un grand poème d’Aragon, et le jour se lève avant l’arrivée des travailleurs du matin, qui ont encore le temps de rêver les yeux ouverts dans le métro du matin.
DamNed
01 – Les Mystères de Paris – Etienne Grandjean et la Nouvelle Société
02 - L’accordéon désaccordé – Jacques Higelin
03 – Rive Gauche – Alain Souchon
04 – Le Bateau-mouche – David McNeil
05 – Le Vent – René Aubry
06 – Dans la salle du bar-tabac de la rue des Martyrs – Pigalle
07 – Sex, accordéon et alcool – Java
08 – Quartier Saint-Merri – Azzola, Caratini, Fosset
09 – Je suis snob – Boris Vian
10 – Les amants de la place Dauphine – Françoise Kucheida et Pierre Barouh
11 – Paris s’éveille – Jacques Dutronc
12 – Le parc Montsouris – Jacques Higelin
13 – Le poinçonneur des Lilas – Serge Gainsbourg
14 – Les passantes – Francis Cabrel
15 – Sous le ciel de Paris – La Campagnie des Musiques à Ouïr
Ici une balade qui musarde de rue en rue, les morceaux fondus les uns dans les autres.
Là une balade qui s'arrête à chaque station d'omnibus.
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vendredi 15 mars 2013
Et bien moi je n'irai pas !
Le 15 juillet prochain Neil Young et son Crazy Horse seront en concert au théâtre antique de Vienne. Quand j'ai vu l'affiche j'ai pensé que ce serait une bonne idée d'aller voir le vieux Young en couple. Nous ne l'avons jamais vu en concert et sa dernière pilule psychédélique montre un retour en forme intéressant.
Mais il est une autre pilule, autrement plus difficile à avaler : le prix. Les tarifs, divisés en trois catégories, s'étalent de 67.50€ à 122.50€. 67.50€ pour être installé tout en haut des gradins où certes, grâce aux Romains, on entend très bien mais où on ne voit rien ou presque.
Depuis le temps que je fréquente des concerts de rock et de jazz au théâtre antique de Vienne - ça remonte à plus de 30 ans - j'ai toujours connu les tarifs uniques qui permettaient de s'installer à sa guise dans les gradins ou dans le proscenium - la fosse quoi. Cette fois on me propose - si être assis tout en haut, au pied de Notre-Dame du Pipet, ne me convenait pas - d'être debout dans le proscenium pour la modique somme de 95€.
Je fais partie de ces vieux cons qui s'acharnent encore et toujours à convertir en francs certaines sommes en euros quand ça les arrange. 65€ à deux ça représente 850 F. Dans la fosse ça monte à 1250 F. Pour un concert ? De qui se moque-t-on ? De moi manifestement et de tous ceux qui ont envie d'aller voir un vieux héros du rock sans devoir contracter un emprunt auprès de leur banque.
Je ne sais pas qui est responsable d'un tarif aussi prohibitif. Est-ce le Loner qui prépare tardivement sa retraite après avoir oublier tout sa vie de cotiser auprès d'une caisse du même nom ? Est-ce le vieux chef indien qui est devenu aussi fou que son cheval ? Est-ce l'organisateur (un EPIC, Etablissement Public à caractère Industriel ou Commercial a pris le relai depuis quelques années de Vienne Action Culturelle) ? Est-ce la mafia russe ? L'intelligentsia judeo-maçonnique (ta mère) ? Les forces de Véga ? Les Klingons ?
Je ne sais pas. Je me méfie des Klingons, mais en regardant les tarifs des autres concerts du Crazy Horse en France j'ai un élément de réponse.
Ce que je sais par contre c'est que je n'irai pas à ce concert. Il y a quelques mois j'ai vu Blurt pour 9 €. NEUF EUROS !
Sorry Mr Young. On se verra une autre fois. Peut-être.
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Till
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