Formé par le batteur et compositeur Anton Fier en 1981, The Golden Palominos est un groupe à géométrie variable avec Fier, le bassiste/producteur Bill Laswell et le guitariste Nicky Skopelitis comme seuls membres récurrents.
Premier opus du projet mené par Anton Fier et, rien qu'à voir la splendide collection d'allumés que comprend la formation, on se doute que, si on risque fort de ne pas s'y ennuyer, on sera aussi mis à rude épreuve, sur le gril... Ou pris dans un furieux torrent, dont on risque de ne pas sortir indemne, à l'image des canassons de la pochette.
Il faut dire qu'on ne rencontre pas si souvent une fusion aussi étrange que celle proposée par l'éponyme des Golden Palominos, une sorte de funk mutant, blanchi aussi, où les bruitages, déviances sonores, grooves décalés et autres évènement percussifs inattendus tiennent le haut du pavé. Pas exactement le genre de machin à confier à toutes les (sensibles) oreilles mais pas non plus une œuvre si avant-gardiste qu'on ne puisse la conseiller qu'à quelques happy-fews. D'une part, il y a le côté historique de voir tous ces extraordinaires musiciens réunis (dont John Zorn qui rendra l'appareil à Fier en l'invitant sur son Locus Solus la même année) mais aussi l'impact d'un style, d'un son qui fera florès quelques années plus tard (par exemple chez les Talking Heads), évidence impossible à nier à l'écoute de l'introductif Clean Plate.
Ne le nions pas, The Golden Palominos, l'album, reste avant tout une étrangeté qui ne plaira qu'à ceux qui apprécient la "musique qui cherche", se donne le droit à l'erreur aussi (toutes les pistes ne fonctionnent pas ici avec le même bonheur) parce qu'elle se sent investie d'une mission prospective ô combien louable débouchant, qui plus est, sur une dose de fun plus que conséquente et même décisive dans le plaisir pris par l'auditeur.
Il n'en faut pas plus pour décréter qu'on tient bien là une vraie belle réussite en plus d'une odyssée sonique hors du commun.
1. Clean Plate 6:30
2. Hot Seat 5:16
3. Under the Cap 5:36
4. Monday Night 6:31
5. Cookout 4:40
6. I.D. 6:48
7. Two Sided Fist 7:43
- Anton Fier: drums, Oberheim DMX, percussion, production, mixing
- John Zorn: alto saxophone, clarinet, game calls
- Fred Frith: guitar, violin
- Bill Laswell: bass guitar, production, mixing
- Arto Lindsay: vocals, guitar, additional production
&
- Thi-Linh Le: vocals on "Monday Night", design, photography
- Mark E. Miller: vocals on "Hot Seat", turntables on "Hot Seat" and "Monday Night"
- David Moss: percussion on "Clean Plate", "Under the Cap" and "Two Sided Fist"
- Nicky Skopelitis: guitar on "Monday Night" and "I.D."
- Jamaaladeen Tacuma: Steinberger bass guitar on "Clean Plate" and "Two Sided Fist"
- Roger Trilling: tape on "Cookout"
- Michael Beinhorn: drums and Oberheim DMX on "Hot Seat", piano on "Cookout"
The Golden Palominos c'est, premièrement et avant tout, Anton Fier, batteur de son état et capitaine du navire ce que prouve clairement ce second opus au line-up ô combien différent de l'inaugural éponyme avec, cette fois, une sélection de musiciens/invités nettement moins versés dans la Downtown scene de la Big Apple et nettement plus vers un mainstream rock de qualité... Enfin, le line-up parce que, musicalement, si l'aspect bruitistes et les glissements avant-gardistes ont été largement revus à la baisse, le ton n'est tout de même pas à la facilité et au FM-compatible.
Concrètement, si on reconnait, via les éléments rythmiques et l'approche sonique des GP originels restants, de notables différences se font jour et les invités de l'occasion ne sont pas tout à fait innocents quand à ce renversement de tendance avec, en tête, un Michael Stipe de R.E.M. qui, présent sur les trois titres d'ouverture de Visions of Excess, donne le ton de l'ensemble. De fait, le format chanson, totalement absent des précédents ébats du collectif, est ici au centre des débats. Ca n'empêche évidemment pas quelques musiciens d'exception de faire montre de leurs sens artistiques et leurs capacités instrumentales au dessus de la moyenne. On citera notamment Bill Laswell, master bassiste, et Nicky Skopelitis, guitariste exubérant s'il en fut, ici particulièrement à leur aise et mis en valeur.
Si on peut regretter la relative facilité de l'ensemble, dans lequel à un avant-gardisme funkoide de bon aloi s'est substitué un côté presque stadium rock, on est obligé de louer l'efficacité et la réussite générales. Ca donne, forcément, une œuvre plus classique, moins aventureuse mais aussi un album dans lequel on reviendra plus volontiers picorer tel ou tel titre particulièrement marquant (les trois de Stipe en sont !), et, en définitive, une réussite encore plus totale.
1. Boy (Go) 5:30
2. Clustering Train 6:07
3. Omaha 3:11
4. The Animal Speaks 4:07
5. Silver Bullet 5:09
6. (Kind of) True 4:47
7. Buenos Aires 3:48
8. Only One Party 4:30
- Anton Fier: drums, DMX, percussion
- Bill Laswell: bass guitar
- Jody Harris: guitars, slide guitar
- Richard Thompson: guitars
- Mike Hampton: guitar
- Henry Kaiser: guitars
- Nicky Skopelitis: guitars
- Arto Lindsay: guitar, vocals
- Chris Stamey: guitar, piano, vocals
- Bernie Worrell: Hammond organ
- Carla Bley: Hammond organ
- Syd Straw: vocals
- Michael Stipe: vocals
- Jack Bruce: vocals, harp
- John Lydon: vocals