dimanche 16 mars 2014

Grand Jeu 8 - Thème 4 - Lhasa - La Llorona [1998]

 GRAND JEU DES BLOGUEURS MANGEURS DE DISQUES - HUITIÈME ÉDITION
THERE'S NO FUTURE, NO FUTURE, NO FUTURE FOR YOU
Le disque que vous écoutez quand tout semble sans issues, histoire de se rouler dans le désespoir...



Dans la médina de Tanger, Eve effleure les livres pour les relire en une fraction de seconde. Elle pense peinture, littérature, musique. Dans ses valises elle n'emporte que des livres. Les vêtements sont superflus, elle porte toujours les mêmes.

Dans le no man's land de Detroit, Adam vit au milieu de ses guitares de collection, ne compose que pour le plaisir de créer de la musique, écoute inlassablement Charlie Feathers ou Jack White, explique des théories scientifiques. Le monde tourne au rythme des vinyles sur une platine d'un autre temps.

Les vampires de Jarmusch ont la beauté des œuvres qu'ils chérissent. Comme autrefois les anges de Wenders, sous le ciel de  Berlin, ils sont le reflet de la belle face de la nature humaine, celle qui fait qu'on a envie de croire encore en l'humanité, qui lui donne la dimension spirituelle qui la rend plus belle.

Prenez une fille qui chante avec une voix profonde, une fille qui chante en espagnol avec une voix qui vous tire des frissons, une fille qui vous balance des mélodies et des rythmes qui viennent de plus loin qu'on ne peut imaginer. J'entends des guitares et des violons. Je vois des anges et des vampires. J'ai les larmes aux yeux et je ris. En même temps.


01.De cara a la pared
02.La Celestina
03.El desierto
04.Por eso me quedo
05.El payande
06.Los peces
07.Floricanto
08.Desdeñosa
09.El pájaro
10.Mi vanidad
11.El árbol del olvido


Lhasa de Sela : voix
Yves Desrosiers : guitares, "Lap steel" 6 et 8 cordes, "Lapsteel" basse, scie musicale, accordéon, banjo, percussions
Mario Légaré : basse semi-acoustique, contrebasse
François Lalonde : percussions, batterie, échantillonnage, programmation
Didier Dumoutier : accordéon (6, 10)
Mara Tremblay : violon (1, 7)
Jean Sabourin : sousaphone (7)
Duane "Nervous Norman" Larson : clarinette (2, 6)


A tous les camarades participants : j'ai programmé la parution des articles mais je suis absent pendant la majeure partie du Jeu. Je ne peux donc pas lire vos posts, laisser les commentaires qui vont bien, ni écouter vos choix qui sont forcément pertinents. J'essaierai, à mon retour, de faire un tour des blogs mais aucune chance que je puisse lire les articles de façon exhaustive. Sic transit gloria mundi (j'aime bien placer cette citation).

Si vous cherchez un mot de passe, essayez donc downgrade.
Merci aux visiteurs qui laissent une trace de leur passage.
 Till

29 commentaires:

  1. bravo mille fois... merci pour ce choix et ces mots .. j'en suis tout chamboulé..voire même jaloux :D

    biz

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    1. Bah sois pas jaloux, Lhasa est à tout le monde. Et ce disque me retourne à chaque fois.

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    1. Oui je trouve aussi. Ce disque m'est précieux.

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  3. Mallarmé, sors de ce corps !! Et rends-nous Baster, vite (jamais je n'aurais cru écrire ça un jour)
    Jack, mon Jacky, j'arrive c'est qu'ils me foutraient le bourdon tous là, à force ...

    J'ai croisé la dame au fil de certains posts, c'est très beau et son histoire est toujours aussi triste.

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    1. T'inquiètes pas, Baster reviendra bientôt, il ne renonce jamais.

      Lhasa, ces disques sont superbes, mais celui-ci me fout véritablement des frissons. Va voir le film de Jarmusch si c'est pas encore fait.

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  4. Beaux mots, beaux maux... Bien joué !

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    1. Merci. Content que tu ne me trouves pas hors-sujet pour une fois ;-)

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    2. Tu ne l'étais ni pour Joey Ramone ni pour Einsturzende Neubauten. Et même hors sujet il reste l'irremplaçable plaisir de lire un de tes trop rares billets. ^_^

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  5. Quelle voix!
    Très beau choix....

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    1. Oui quelle voix ! Je ne m'en lasse pas.

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  6. Pour un choix pareil Till..j'aurais pû avoir en ligne de mire Lhasa et Vic Chesnutt.. c'est à peu près la même douleur d'écoute pour moi.. sont partis en même temps, ils étaient passés chez Constellation tous les deux, je les avais crhoniqué juste un peu avant l'envol.. ça m'avait légèrement bousillé.
    C'est un grand disque merveilleux que tu nous proposes.

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    1. Yes, Chesnutt ça pouvait aussi. Moins évident pour moi parce que je l'ai moins écouté mais beaucoup d'émotions aussi.
      C'est pas les grands disques qui manquent, mais La Llorona c'est une sensation terrible.

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  7. Arf, il faudra que j'écoute ce disque un jour, absolument... Plus qu'à trouver le temps.

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    1. Absolument. J'ai envie de dire "Fonce, va l'écouter", Clique sur l'image, tu ne seras plus très loin du but.

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  8. Je connais que de nom mais j'ai jamais eu envie d'écouter. La voir comparée à Chesnutt inverse carrément ce manque d'envie.

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    1. Dans l'intensité, dans l'émotion, c'est surtout là que se situe la comparaison. Celui-ci est d'une puissance rare, les deux suivants sont très bons aussi, plus nord-américains.

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  9. La poésie du dimanche soir... Merci Till.

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    1. Je t'en prie. La poésie et la magie de ce disque qui ne n'en finit pas de me bouleverser. Il me prends littéralement aux tripes.

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  10. Très bon choix mais surtout très beau texte, très émouvant et poétique !!
    Magnifique le passage où tu parles de Jarmusch et de Wenders, 2 cinéastes immensément important pour moi. D'ailleurs, ça me fait penser que j'ai loupé le dernier Jarmusch qui parait terrible. Pour m'en remettre, j'ai revu il y a quelque jours "Limit Of Control", superbe errance onirique et funeste, tout en non-dit....comme son sommet indépassable "Dead Man" (1 des meilleurs films des 90's).
    Perfection de l'épure et du minimalisme, art de l'errance tel un geste poétique, splendeur visuelle, choix musicaux impeccable, personnages décalés.....autant de caractéristiques savamment travaillées qui font toute l'originalité et la force du cinéma de Jarmusch. Bref,j'arrête sinon j'en parlerai pendant des heures, désolé.
    Merci et à +

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    1. Pas de problème si tu veux parler de Jarmusch, la tribune est libre et le sujet passionnant. Je suis un fervent admirateur depuis ses débuts (y compris Permanent Vacation que j'ai découvert plus tard comme beaucoup).

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    2. Je me doutais que t'étais un grand fan du cinéma de Jarmusch. Pas le temps de m'étaler sur le sujet, pas l'envie qui m'en manque.
      Mon tiercé Jarmusch gagnant : n° 1 "Dead Man", n°2 "Down By Law" et n°3 "Ghost Dog"....suivi de très près par "The Limits of Control" (que j'ai réévalué récemment) et "Stranger Than Paradise"....et aussi "Broken Flowers". Oui je sais, j'ai presque cité tous ces films !!!
      "Year of the Horse" est pour moi un des meilleurs docu rock, ou rockumentaire de l'histoire !!!
      A +

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    3. Hé hé joli tiercé. J'aurais du mal à en isoler 3. Tes 3 premiers évidemment, Stranger than paradiseme parait essentiel - et ça a été mon premier Jarmusch - , Broken flowers excellent également et je pense qu'il vaut réévaluer Mystery Train - quelle distribution en plus, Strummer, Waits, Rufus Thomas, Screamin' Jay Hawkins, Buscemi... - et j'avoue que je me souviens moins bien de Night on earth. Only lovers... me parait être un des tous meilleurs aussi.

      Et puis il y a Coffee and cigarettes, différent par son format saynètes mais un petit bijou malgré tout.

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  11. Ce n'est pas la première fois que je vois cette pochette (magnifique) sur un blog. Jusqu'à présent, je ne m'étais pas laissé tenté. Et bordel de nom de dieu de foutue merde à cul, qu'est-ce que j'ai eu tort !!! Ce disque est tout simplement extraordinaire. La musique est pétillante et pleine d'une tristesse colorée… colorée par le chant en Espagnol qui met beaucoup de piment à l'ensemble.
    Là encore, pas besoin d'un arsenal musical pour donner de l'âme aux chansons. Une guitare, une voix, quelques rares traits de violon ou d'accordéon, donnent à ces compositions une majesté naturelle.
    Et là je dis MONSIEUR Till

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  12. En guise de commentaire, mon petit billet d'il y a deux ans:
    Que les dieux et les diables s'enculent au fond de leur marais sanglant, les artistes sont immortels... Je me souviens de ma découverte de ce premier album de Lhasa de Sela (Américano-Mexicaine exilée au Québec), il m'avait pris le cœur en quelques secondes pour ne plus le lâcher jusqu'à la dernière note. Le monde de la musique est envahi de projets calibrés qui empestent l'ennui ou la vielle chaussette, La Llorona n'est que passion. Je ne l'avais plus écouté depuis la tragique disparition de la chanteuse, et une poignée de mesures a suffit pour me replonger dans l'enchantement... L'orchestre met en place sa généreuse complication de folklores (mexicains, américains ou gitans), alors, Lhasa vient déposer sa voix grave, profonde, envoûtante et tout l'univers chavire, comme emporté par des grâces mélancoliques et pourtant rayonnantes. Si vous ne l'avez jamais entendu, cet album - au combien magnifique - risque de vous faire découvrir des bouleversements insoupçonnés. Je pourrais convoquer les tributs de personnages imaginaires qui font les belles métaphores ou lâcher des larmes grosses comme un poing de boxeur, mais je préfère vous dire que lorsque la voix se voile sur la fin de certains couplets, on est en droit de considérer Lhasa comme l'égale des grands bluesmen pourvoyeurs de frissons majuscules. Que les nouveaux convertis n'hésitent pas à venir me remercier au sortir du coma émotionnel !
    Jimmy JIMMEREENO (Un grand merci aux visiteurs qui laissent des commentaires!)
    P.S. : tout le monde s'en moque, mais je viens de découvrir que Lhasa était née le même jour que moi, à quelques années de distance, et cela me rend extrêmement chose...

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    1. Je me souviens très bien de la première fois que je l'ai entendu. J'étais dans l'atelier d'une amie. Quand elle a mis ce disque j'ai posé les pinceaux, je ne pouvais plus peindre. J'ai été absolument saisi par la beauté, l'intensité, la puissance des chansons.

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  13. Non seulement s
    c'est un grand album, mais je refuse de le laisser à cette place, cette musique (les paroles je ne sais) est plein de sève et de vie.
    Je suis fou du titre "El Desierto", démarrage en causette entendu de nombreuse fois, facile et puis soudain quand la première syllabe chantée, du fond de sa gorge ... Tu veux vivre, tu veux aimer, tu veux sortir, tu veux...tu veux... Merci de me l'avoir fait repasser

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    1. Tout fonctionne dans ce disque. La musique est grandiose dans sa simplicité, la voix est bouleversant sans en faire des tonnes. Il y a peu de disques qui me prennent aux tripes, au sens propre, comme celui-ci.

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