samedi 1 mars 2014
Peter Murphy + Trent Reznor - The 2006 Radio Session [2006]
A ma gauche, Peter Murphy, ex-voix de Bauhaus, icône du post-punk, prince de la cold-wave, docteur honoris causa de l'Université Dark Wave option gothique.
A ma droite, Trent Reznor, touche-à-tout talentueux du métal-indus, du post-indus, du goth-indus, de l'indus-indus, multi-instrumentiste du one-man band Nine Inch Nails, producteur des débuts de Marylin Manson.
Au centre, l'auditeur, juge et arbitre d'une rencontre qui n'est pas partie pour faire dans la rigolade.
On met un "s" à Sessions puisque les enregistrements ont été réalisés en plusieurs fois entre le 7 juin et le 8 juillet 2006, en backstage d'une tournée commune, chaque séance étant diffusée en live par une radio différente (99x, DC101, WAAF, Q101 et KITS). La session du 26 juin sur WAAF Radio, Boston, MA, est un duo à quatre en compagnie de Jeordie White et Atticus Ross.
01 - intro 99x
02 - head like a hole (originally by nine inch nails)
03 - sanity assassin (originally by bauhaus)
04 - hurt (originally by nine inch nails)
05 - outro 99x
06 - intro dc101
07 - dreams (originally by tv on the radio)
08 - final solution (originally by pere ubu)
09 - bela lugosi's dead (originally by bauhaus)
10 - intro waaf
11 - reptile (originally by nine inch nails)
12 - warm leatherette (originally by the normal)
13 - strange kind of love (originally by peter murphy)
14 - night clubbing (originally by iggy pop)
15 - outro waaf
17 - dead souls (originally by joy division)
18 - twenty four hours (originally by joy division)
19 - warsaw (originally by joy division)
20 - atmosphere (originally by joy division)
Le bitrate d'ensemble n'est pas formidable mais hein bon.
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Merci aux visiteurs qui laissent une trace de leur passage.
Till
mardi 25 février 2014
Various Artists - My Rocky Road To Dublin [2014]
121.2 mètres. The Spire, monument à la lumière, projette l'ombre fine de son aiguille sur O'Connell Street. Le pavé humide brille sous un pâle soleil matinal et la rue est déjà animée. Full Irish breakfast from 8 to 12. En descendant vers la Liffey je prends contact physiquement avec la mer proche. Le vent marin fouette le passant. Le vent marin entraîne le passant. Le vent marin s'amuse à retourner les parapluies. Ici le soleil est un intermittent du spectacle, la pluie presque un full-time job.
A cette heure, Temple Bar cuve les excès de la veille, l'ambiance est au sommeil. Profond. Je préfère partir vers l'est. La main dans la poche je sers très fort le peigne de nacre dérobé cette nuit à une banshee endormie. Les anciens m'avaient pourtant mis en garde. Au loin, le pont Samuel Beckett exhibe ses cordes mais mes pas me guident vers College Street. Plus j'approche de Trinity College, plus le peigne de la banshee vibre dans ma poche. Trinity l'anglicane. Mon peigne païen bascule en mode vibrations intenses.
Comme je passe le porche d'entrée, des forces mystérieuses et opposées se mettent en branle. Pris dans un tourbillon de légendes, je m'envole au-dessus des pelouses interdites et des arbres multi-centenaires. La banshee m'a retrouvé et m'entraîne dans son vol halluciné. Son cri déchire l'air, les voiles de sa robe m'emprisonnent. Je serre le peigne. Je serre les dents. Je serre les paupières pour éviter son visage. La voir c'est mourir. Comme les sirènes d'Ulysse. Ulysse de Joyce, la boucle est bouclée.
Mon Odyssée magique se poursuit au travers des rayonnages de la Old Library. Banshee's Airlines m'entraîne dans un décor d'Harry Potter. En vol furtif j'aperçois le Livre de Kells pendant qu'une voix me murmure à l'oreille une litanie de noms. George Berkeley, Samuel Beckett, Oscar Wilde, Jonathan Swift, Bram Stoker, Douglas Kennedy. Je traverse les fenêtres et les murs, je peux lire chaque mot de chaque livre. Du moins je le pourrais si la banshee ne m'entrainait pas encore plus loin.
Leister House, Dáil Éireann. Merrion Street en rase-mottes. Rouge, jaune, bleu, noir. La bande chromatique défile devant mes yeux au rythme des portes des façades georgiennes. Un virage serré me retourne l'estomac. Mon cerveau capte l'image furtive de façades de pubs. Guinness city glisse sous moi sans que je puisse la saisir. Et puis la pesanteur me reprend, j'entame une chute libre et j'atterris dans l'herbe. Chez Rousseau j'aurais eu droit au ruisseau, ici c'est l'herbe verte. Je sors en titubant de St. Stephen's Green. Envolé le peigne de la Banshee. Je suis la foule, elle m'entraine droit vers Molly Malone qui m'accueille avec son sourire. Avec des coques, avec des moules.
Molly Malone m'ouvre ses bras. Molly Malone essaie de me retenir. Mais je suis déjà loin, je flotte sur la foule qui descend Grafton Street. Une rivière humaine coule vers les pubs pour engloutir des rivières de bière. Temple Bar me voilà. The Quays, O'Neills, The Temple Bar, Oliver St. John Gogarty's. Tous déversent des flots de bière, des flots de clients, des flots de musique. Brouhaha, vacarme, cacophonie, les trilles d'une tin whistle tissent un fil invisible qui me ramène sur le pavé mouillé. Dans l’œil du cyclone, le tourbillon d'un fiddle, les secousses du bohdran. Allez Paddy, joue pour moi. Mes pieds de nouveau ont perdu le contact avec le sol. Une nuée d'uilleann pipes virevolte autour de moi, impossible de lutter contre le courant. Mais je sais enfin où nous allons.
Étrangement calme, la Liffey coule silencieusement. Millenium Bridge. Coule. Ha' Penny Bridge. Coule. Sean O'Casey Bridge. Coule. Un géant joue de la harpe avec les haubans du Sam Beckett Bridge . Hypnotisé j'écoute le tablier vibrer sous les graves. Mes poches sont vides, le peigne a disparu. C'est là que la banshee m'a retrouvé. Assise à côté de moi elle écoute le géant égrener des notes qui finissent par s'assembler. Ses cheveux roux s'envolent dans la brise marine. Ses yeux verts posent leur douceur sauvage sur moi. Pour la première fois j'entends sa voix. Un souffle, un murmure, une mélodie. Et quelques mots que je finis par discerner :
One, two, three, four five,
Hunt the hare and turn her
Down the rocky road
And all the ways to Dublin,
Whack-fol-lol-de-ra.
Un chœur masculin reprend inlassablement le refrain. Sans les voir je reconnais James, Samuel, Oscar, Jonathan, Seamus, William, Bram, et tous les autres. Ils sont partout, dans l'eau, dans le pavé, dans les câbles du pont, dans le vent marin. Ils sont l'air que je respire.
01. Liam Clancy - The Rocky Road to Dublin
02. The Dubliners - Rocky Road To Dublin
03. Dropkick Murphys - The Rocky Road To Dublin
04. Bert Jansch - The Rocky Road To Dublin
05. Orthodox Celts - Rocky Road To Dublin
06. GMT - Rocky Road (From Dublin)
07. Dave Swarbrick / Ian Campbell Folk Group - Rocky Road To Dublin / Drops Of Brandy
08 - Lisa Knapp - Hunt the Hare Part II [feat. Alasdair Roberts]
09. The High Kings - Rocky Road to Dublin
10. Lat & Trall - Rocky Road To Dublin
11. Cruachan - The Rocky Road To Dublin
12. Fergus - Rocky Road To Dublin
13. The Chieftains [with The Rolling Stones] - The Rocky Road to Dublin
14. The Pogues - The Rocky Road To Dublin
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Till
vendredi 24 janvier 2014
Mark Mulcahy - Dear Mark J. Mulcahy, I Love You [2013]
Une enquête de Glen S. Baster
Juste un petit mot plié dans une enveloppe. Manifestement mon correspondant anonyme tenait à le rester. Étonnant : le type ne voulait pas me voir, pourtant, plutôt que de poster sa lettre, il l'avait glissé sous ma porte. Avec l'adresse sur l'enveloppe : Glen S. Baster, n°2 au fond de l'impasse. L'impasse j'y étais bel et bien et je risquais de ne pas en sortir de sitôt si je n'arrivais pas à donner du sens à ce message.
Bonjour.
C'est un ami qui m'envoie. Alors comme ça il paraît que t'es le meilleur en ville ?
Ca tombe bien, j'ai une mission pour toi, je te préviens c'est pas facile mais la récompense sera à la hauteur de l'enjeu. Voilà, je cherche un bon disque de Sting.
Je sais, tous tes collègues me l'ont dit, ce truc-là personne ne l'a encore jamais croisé mais si t'es vraiment le meilleur c'est le moment de le prouver. Une pleine caisse de Fanta orange pour toi en cas de réussite, ça ne se refuse pas hein ?
Je t'attendrai à l'angle de la 53eme et de la 3eme.
EWG
Un message dans une bouteille ne m'aurait pas rendu plus perplexe. Le ton familier, franchement narquois, le type me provoquait. Dans quel but ? Quelqu'un à qui une de mes enquêtes aurait causé du tort ? Une vengeance alors? Parfois dans le métier de privé il y a des dommages collatéraux, on ne peut pas faire gaffe à tout. Et puis ce rencard étraaaaaaange. La référence aux Ramones ne pouvait pas être un hasard. Bref, tout ça sentait l'arnaque à plein nez et là, même mon flair bidon ne pouvait me tromper.
Clic. Lux interior. Ma petite lumière intérieure venait de s'allumer à la lecture de la signature. Je n'arrivais pas à toucher le truc, pourtant c'était là, tout près. Concentre-toi. Tu as déjà vu cette signature ? Concentre-toi mieux. Qui est-ce ? D'où la connais-tu ?
Je repoussai ces réflexions à plus tard, j'avais besoin de m'oxygéner. J'avais besoin de rafraichir mes neurones. J'avais besoin d'air. RES - PI - RER. Ouvre la fenêtre mec et sens les fleurs de pêcher, les lys tigrés et les soucis. Quand j'ai refermé la fenêtre ma décision était prise. Mon client jouait la provoc. Mon client prétendait me faire trouver un bon disque de Sting. Mon client se foutait de ma gueule. Je décidai de mettre la Police dans le coup. J'avais gardé quelques bons contacts chez les cops. New-York City Cops...Toujours utile. Quelques coups de fils rapides et j'allais fouiller dans le stock de disques.
53rd & 3rd, debout dans la rue. Pile à l'heure. Je savais à quoi m'attendre. J'attendais à l'angle, mon single sous le bras. Fallout forcément. Pas besoin de vérifier, je sentais mes potes de la Police tout près. D'un bar voisin on entendait siruper une chanson parlant de Russes qui aimaient leurs enfants. Au carrefour de la 53ème et de la 3ème pas de EWG. Pas de surprise. 53rd & 3rd, tu es celui qu'ils ne chopent jamais hein ? Je savais à quoi m'attendre. Mon type ne m'avait pas cru capable de répondre à sa provoc. Il m'avait guetté au coin de la rue. Il m'avait aperçu avec mon disque. Il avait filé. Comme une anguille.
Après quelques bières avec mes amis flics je rentrai au bureau. Pas de récompense, pas cette fois. Heureusement j'avais évité un piège grossier tendu par un escroc sans vergogne. La petite lumière intérieure continuait de s'allumer en mode Alerte. Mon sixième sens me disait que je n'étais pas au bout de mes surprises. Bingo ! En ouvrant la porte, un nouveau mot glissé dessous. Même papier, même enveloppe. Avant de l'ouvrir je décidai de me servir un verre de Lagavulin. Souvenir de Mr. X et de son disque de Dee Dee Ramone.
Calé dans ma chaise, les pieds sur le bureau. Phil Marlowe des temps modernes. Nestor Burma de la loooooose. Je déchirai délicatement l'enveloppe et j'étalai la lettre devant moi. Quelques mots tapés à la machine. Alors EWG, plus le cran d'écrire tes courriers à la main ? Si j'aimais les messages mystérieux, là j'étais gâté. Quelques mots tapés à la machine :
Dear Mark J. Mulcahy, I love you.
La soirée promettait d'être longue. Mon Lagavulin 16 ans d'âge n'allait pas suffire.
01 I Taketh Away
02 Everybody Hustles Leo
03 She Makes the World Turn Backwards
04 Let the Fireflies Fly Away
05 He's a Magnet
06 My Rose Coloured Friend
07 Bailing out on Everything Again
08 Badly Madly
09 Poison Candy Heart
10 The Rabbit
11 Where's the Indifference Now?
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Till
vendredi 3 janvier 2014
[SINGLéS] - Dee Dee Ramone - I Am Seeing U.F.O's [1997]
Une enquête de Glen S. Baster
30 décembre, 19h.
Quand le type est entré j'ai tout de suite flairé la méprise. Erreur de casting. J'ai l'habitude. Sur cinq pékins qui franchissent le seuil de ma porte, quatre se sont trompés d'adresse. De peu faut dire, l'expert-comptable est au 2 bis. On n'a pas idée. Expert-comptable au fond d'une impasse que le soleil a oublié, faut pas avoir besoin de pécher le client. D'ailleurs quatre sur cinq sonnent chez lui après avoir avoir ouvert ma porte. Finalement c'est moi l'erreur de casting, j'aurais dû faire expert-comptable plutôt que détective privé.
Quand j'ai accroché la plaque, je me voyais en plein roman noir. Un verre de whisky, un flingue, des femmes fatales qui tournent autour. Romantisme débile. Cliché à deux balles. Privé, du grand comique. Un boulot à la con ouais. Chiens perdus, adultères, fugues. Le grand frisson. La seule femme fatale c'était sur un disque du Velvet. Jamais eu besoin d'un flingue, jamais eu de flingue. Reste le whisky. Du single malt quand je signe un contrat juteux. Un blend minable du 1er janvier au 31 décembre.
Quand le type est entré, j'ai tout de suite flairé la méprise. Note perso : "Ne plus me fier à mon flair, il est bidon". En bon aiguilleur du ciel je l'ai réorienté sur le 2 bis. "Si vous venez pour faire le bilan de l'année, vous vous êtes trompé de maison. Les bilans c'est la porte à côté". Mais non. Un 30 décembre pluvieux et froid, au fond de mon impasse sombre, ce type venait pour moi. Ce type ne ressemblait à rien. Ce type me ressemblait. "J'ai eu du mal à vous trouver". Normal, le détective c'est moi. Quand même, j'avais soigné l'ambiance. Impasse, pluie, obscurité. La plaque bon marché au-dessus de la vitre sale. Pendant une fraction de seconde j'ai vu Jack Nicholson. Pendant une fraction de seconde j'ai entendu Tom Waits.
Maintenant qu'il m'avait trouvé, mon apprenti-client était bien disposé à me raconter le but de sa visite. Moi j'étais bien disposé à palper un peu d'oseille. Mon cerveau a formé l'image d'une étiquette de single malt écossais. Elle a percuté un panneau "31 décembre". Mes glandes salivaires se sont mises à travailler trèèèèèès vite. J'ai sorti mon mauvais blend hooooors d'âge et servi deux verres. De but en blanc le type a expliqué qu'il était à la recherche d'un disque, un truc rare. Mes oreilles se sont ouvertes en position XXL et mes yeux ont affiché $. Clignotant doré sur fond rouge. Comme une pochette de Nick Cave.
31 décembre, 11h.
Je relisais mes notes au rythme du marteau-piqueur qui scandait les travaux au fond de mon crâne. Difficile de dire ce qui était le pire, la pauvreté de ces fameuses notes ou l'intensité de ma gueule de bois. Pour trouver un disque c'est relativement simple normalement. Mais il faut un minimum d'indices, tout le monde sait ça. Un interprète, un titre, une pochette. De quoi lancer les recherches, faire parler les indics, fouiller dans les fichiers des flics. Il faut des indices, tout le monde sait ça. Pas mon client. Tout en sirotant mon tord-boyaux Mr. X m'avouait ne presque rien savoir de ce disque. Une histoire d'OVNI and that's it. Au quatrième verre il s'est rappelé un jean et des lunettes noires. Quel progrès.
Le quatrième verre c'est celui de la gueule de bois du lendemain. Migraine. Marteau-piqueur. Relis 20 fois les maigres notes. Téléphone. Recherche internet. Migraine. Tournée des indics. Wik, Diseur, Shark, ce ptit salaud de Napster. Marteau-piqueur. Bam bam bam bam bam. Virée dans tous les rades de la ville qui proposent un juke-box. Migraine. Consultation des catalogues des maisons de disques. Migraine. Piratage des bases de données. Sacem, MPAA, DMCA, CIA, FBI, FSB. Migraine. Résultat : des toooooooonnes d'informations. Des milliiiiiiiiiiers de chansons à propos d'OVNI, des wagooooooooooons de musiciens en jean et lunettes noires. Résultat : une migraine king-size. Dernier recours : soigner ma gueule de bois. Traiter le mal par le mal. Mauvais blend et musique. S'enfermer au milieu des milliers de disques en cherchant l'illumination. Ecouter, fouiller, retourner, regarder, comparer, écarter, farfouiller, vérifier, revérifier, encore et encore, quitte à y passer la nuit. Jusqu'à l'éclaircie, la lumière, la révélation. L'Illumination au milieu des vinyles et des vapeurs de malt.
1er janvier, 15h.
Impossible de bouger de ce foutu parquet. Les clous traversent mon crâne et me maintiennent au sol. Le roulis me fout la gerbe, la bouteille vide se fout de ma gueule et me chante One bourbon, one scotch, one beer. En boucle.
2 janvier, 9h.
"Monsieur X ? J'ai retrouvé votre disque. Pas facile, mais je l'ai trouvé." Sésame. Dans l'heure qui suivit j'ai vu arriver un chèque accompagné d'un paquet. Lagavulin, 16 ans, Monsieur X sait vivre. Je ne suis pas amateur de bilans, je préfère voir ce que cette nouvelle année propose. Je me sers le premier verre, je monte le son. I am seeing U.F.O's. Elle commence plutôt bien cette nouvelle année. I got a bad horoscope, mais je m'en fous, elle commence plutôt bien.
A. I Am Seeing U.F.O's [Feat. Joey Ramone]
B. Bad Horoscope [Feat. Lux Interior]
Line-up :
Dee Dee Ramone: Guitar
Barbara Ramone: Bass
Daniel Rey: Guitar
Marky Ramone: Drums
Joey Ramone: Lead Vocals (1)
Lux Interior: Lead Vocals (2)
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Till
jeudi 12 décembre 2013
[Retour de concert] The Ex au Transbordeur - 11 décembre 2013
Préambule : le 11 décembre 2013 au Transbordeur, journée "Le Père Noël et ses rockers", action au profit du secours populaire. Animations pour les enfants l'après-midi avec déjà un set de The Ex, concert le soir. Le billet d'entrée ? Un jouet neuf. Ça m'a coûté 6 pots de peinture au doigt, je ne regrette rien. Non rien de rien. J'espère qu'avec ça je vais susciter une vocation et être à l'origine d'une grande carrière artistique. Petit(e), toi qui récupèreras mon joli cadeau, quand tu seras devenu(e) un(e) peintre renommé(e), souviens-toi que tout ça c'est grâce à The Ex.
Ambule : un mot du groupe qui a ouvert la soirée. Rien A Branler. RAB déboule sur scène avec de l'envie et une belle énergie. Ça fait du bruit, ça donne dans un genre punk/hardcore/métal : pas taper les gars, les étiquettes en vrai j'en ai Rien A Branler mais si je veux bosser un jour chez Rock&Folk il faut bien que je m'y mette. Bref, on sent le plaisir d'être là, l'envie de s'éclater et suffisamment d'autodérision pour me faire bouger les jambes. Et puis, je vous le dis tout net : jouer du hardcore avec des chemisettes à carreaux c'est la classe absolue, j'applaudis. C'était presque trop court mais il suffit de jeter un œil aux flyers qui tournent ici et là pour voir que du RAB y en a régulièrement en concert. Juste un truc les mecs : arrêtez avec ces effets stroboscopiques, à mon âge c'est mauvais. Vous me décollez la rétine, on va encore creuser le trou de la Sécu.
Ambule (suite) : j'ai eu plus de mal avec le deuxième groupe. Doberman Crew. Je ne dois pas être loin de la vérité si j'appelle ça du métal-fusion. Ah oui, ça existe encore ce genre. Désolé les gars mais même quand j'ai la rage contre la machine je bloque sur ce genre-là. Mais allez, là encore c'est fait avec de l'envie et de l'énergie alors continuez comme ça. Après tout, ça intéresse qui mon opinion ? A part moi ?
Postambule : Nous y voilà. Tom Cora avait une bonne excuse pour être absent, Getatchew Mekuria habite trop loin et le Brass Unbound est trop encombrant pour le Club Transbo. Allons-y en petite formation. The Ex c'est plug-and-play, pas de chichi, droit au but. Tout le monde est bien installé, Katherina derrière ses fûts, les autres accrochés à leur manche.
Sous l'effet des quelques bières qui m'ont aidé à patienter j'ai cru pendant quelques instants que la basse d'Andy Moor avait 5 cordes. En fait elle en a 6 comme toute bonne guitare baryton qui se respecte. La guitare de Terrie doit être plus vieille que ma basse et elle a d'évidence beaucoup plus souffert. Normal. Tout le long du set il entretient avec elle des rapports sado-maso, la frappant du poing ou la frottant avec une baguette quand il ne lui tord pas le cou. La peinture est usée, mais elle toujours là. Respect. Ajoutez à ces deux-là, la guitare d'Arnold De Boer dont le manche sert aussi à régler la pédale d'effets et vous aurez un tableau assez précis de l'ambiance.
Plus de basse donc depuis quelques années mais trois guitares depuis l'arrivée d'Arnold. Trois guitares étonnamment complémentaires. Une rythmique ici, un effet par-ci, un solo par-là. Permutez le tout, ça marche aussi. Derrière la caisse, Katherina n'est pas en reste. A la fois concentrée et souriante, Kat c'est la Moe Tucker hollandaise. Elle joue assise mais il lui arrive de faire entendre sa voix. Il arrive aussi que Kat/Moe se lève pour chanter sur le devant de la scène. Trois guitares, plus de batterie, avec The Ex ça marche aussi.
Maybe I Was The Pilot. Terrie joue en transe, se balance d'une jambe sur l'autre. Toute la bande s'amuse bien, visiblement contents d'être là, presque surpris de la farce qui dure depuis 30 ans. C'est communicatif, les 150 personnes qui assistent au concert prennent autant de plaisir. Ça chante, ça hurle, ça danse. Et quand les Ex font mine de quitter la scène c'est l'émeute. Vous déconnez les mecs, c'était beaucoup trop court. Merci beaucoup, vous êtes...très belles. De rien Arnold, c'est vraiment gentil de ta part. Un dernier effort et une apothéose noisy à souhait. La jeunesse sonique faisait du bruit, les anciens n'ont décidément rien à leur envier. C'était le 11 décembre 2013. J'y étais.
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Till
samedi 30 novembre 2013
Grand Jeu 7 - Thème 7 - The A-Lines - You Can Touch [2004]
GRAND JEU DES BLOGUEURS MANGEURS DE DISQUES - SEPTIÈME EDITION
THEME N°7 - FASTER PUSSYCAT, KILL, KILL !
Des filles qui en ont...
Never trust a girl wearing a A-Line dress. Never. Non ne lui faites jamais confiance, vous n'imaginez pas ce qui peut se cacher derrière cette petite robe, sage en apparence. Ne vous laissez pas influencer par ses allures de femme au foyer, vous pourriez finir dans celui de la cheminée. Méfiez-vous de ses airs de mère attentive et d'épouse modèle. ça cache forcément quelque chose. Qui saura jamais ce qui se passe dans la maison de la petite robe rouge ? Le matin les enfants partent à l'école, le gentil mari gagne son bureau au volant de son 4x4 flambant neuf, libérant du coup le garage. Le garage.
Quelle potion a bien pu préparer la dame dans sa robe en A ? Qu'est-ce qui fait que tout à coup Dr Jacqueline se transforme en Misses Wild ? Dès que le garage est vide elle déballe amplis, caisse claire, guitare, basse et micro. Et quand les copines débarquent c'est pas pour une réunion Tupperware. Pas non plus pour se raconter la varicelle du petit dernier. Pas plus pour parler chiffons, même pas pour comparer leurs robes rouges. Non, quand les misses Wild se retrouvent dans le garage, un seul mot d'ordre : rock'n'roll. Deux ou trois cafés serrés pour démarrer. Quelques bières pour les faire passer et en avant le riff qui défonce, la basse qui ronfle et les tambours qui claquent. Les gosses à la cantine, les maris au boulot. Lâchez les fauves.
Et les fauves ça rugit un rock'n'roll qui ferait passer le plus lourdingue des rockers machos pour un gentil présentateur de télé-achat. Sourire émail diamant et costume ringard. Les fauves donneraient à des rockeuses en pantalon cuir des airs de novices au couvent Sainte-Suzi-Quatro-Et-Pat-Benatar. Enterrées les provocs de Juliette Lewis, oubliées les tigresses et les rockeuses de diamant. Today it's only rock'n'roll. Et on aime ça. Les enragées n'inventent rien, elles ont bien raison. Le garage résonne, les murs tremblent, le gentil mari aura des vitres à changer ce soir.
Ce soir. Pas sûr que la marmite aura chauffé quand les gosses rentreront de l'école. Monte faire tes devoirs, maman joue de la musique avec ses copines. Plus de télé, désolée je l'ai fracassée avec ma guitare. Pas grave, it's only rock'n'roll. Ouais, méfiez-vous d'une femme qui porte une robe A-line.
01. Four
02. Nothing Personal
03. Can't Explain
04. Wrong Way Home
05. You Can Touch
06. Nice
07. More Wax Please
08. Sideways
09. Agitated
10. One Day
11. Day One
12. Last One There
Line-up :
Kyra De Coninck : voice
Julie Hamper : guitar
Delia Sparrow : bass
Bongo Debbie : drums
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Till
jeudi 28 novembre 2013
Grand Jeu 7 - Thème 6 - The Boys Next Door - Door, Door [1979]
GRAND JEU DES BLOGUEURS MANGEURS DE DISQUES - SEPTIÈME EDITION
THEME N°6 - ENCORE UN PEU VERT !
Une première œuvre pas tout à fait mûre.
Hey Nicholas, faut qu'on discute tous les deux. Ton histoire de faire de la musique avec des potes, moi je suis tout à fait pour, j'ai même envie de t'encourager. Mais il faut quand même que tu changes quelque chose. Je sais, on est en pleine vague punk, ok tu aimes les Saints. Moi aussi j'aime les Saints, c'est pas la question. Mais regarde la tronche de Chris Bailey, c'est quand même le punk préféré des belles-mères. Il est sympa, il est plein de talent mais si on l'attend pour foutre le feu, les Anglais auront fait la révolution avant les Australiens. Imagine la Queen Elisa sans sa tête. Déjà qu'avec c'est pas folichon.
Donc tes potes et toi va falloir vous sortir les tripes comme on dit dans les bonnes boucheries. Tes potes je les aime bien, vous êtes des bons ptits gars. Ce Mick Harvey tu le gardes, Tracy Pew aussi. Pour tout dire, à mon avis ces deux-là c'est de la mauvaise graine et ça c'est bien. Il en faut. Mais c'est pas assez. Tu vas aller voir un mec qui s'appelle Roland S. Howard, il joue de la guitare, il est bien allumé, il va te trouver un son bien crade. Ambiance noir et glauque. Horreur et putréfaction. Ça sera votre marque de fabrique. Trash-Punk-Blues-Déjanté. On invente le genre.
Et c'est pas tout Nick. Toi aussi tu vas me sortir tout ce que tu as dedans. Inside out. T'as une voix, une vraie, une qu'on reconnait d'emblée, faut que t'en profites. Je veux t'entendre hurler, je veux que tu fasses trembler les murs, je veux que tu fasses péter les vitres. Imagine l'orgasme synchrone de Tank Girl et Booga les soirs de pleine Lune, ça secoue tout l'Outback pendant des plombes. Ça c'est rien à côté de ce que tu vas provoquer si tu t'y mets à fond. Tu vas nous tsunamiter les cotes aussies, un raz-de-marée XXL, les surfeurs bronzés on va les retrouver en backside au milieu du désert, le leash en guirlande autour de la tête. Avec les boules autour du cou ça va être Noël avant l'heure.
Et j'ai pas fini Nicholas. Ton groupe on va lui trouver un autre nom, un truc qui accroche, que dans 30 ans on s'en souviendra encore. Stop les gamins d'à côté, trop gentils. On va trouver mieux. Beaucoup mieux. En attendant vous allez travailler votre son. Dans 15 jours je donne une fête pour mon anniversaire, vous venez jouer et vous foutez le feu. Raconte-moi des histoires de mort, des histoires poisseuses, parle-moi de sous-bois, d'humus, de cadavres en décomposition, de fêtes qui tournent mal. Crache-moi ton blues. Je veux que ce soit ça ma Birthday Party. Tiens d'ailleurs je viens de le trouver le nom de ton groupe.
Et puis voyez large. Prenez le large. Oubliez Melbourne, à vous le monde. Direction Londres. Mieux, direction Berlin. Au pied du mur l'underground est roi, soyez les rois de l'underground. Avec ton talent dans 10 ans tu es connu comme le plus grand song-writer de ta génération. Je te parie qu'en 2013 je viens encore te voir en concert. Ne passe pas à côté de cette chance. Crois-moi ton album il est bien. Mais tu peux faire mieux. Beaucoup mieux.
Line-up :
Nick Cave - Vocals
Phill Calvert - Drums
Mick Harvey - Guitar (tracks 1-7), Piano (tracks 8-10)
Roland S. Howard - Guitar (tracks 6-10)
Tracy Pew - Bass
01. The Nightwatchman
02. Brave Exhibitions
03. Friends of my World
04. The Voice
05. Roman Roman
06. Somebody's Watching
07. After a Fashion
08. Dive Position
09. I Mistake Myself
10. Shivers
Comme je sais que nombre d'entre vous sont amateurs de reprises, j'en profite pour vous livrer un [SINGLéS], (spéciale dédi à Fracas, grand pourvoyeur de singles du passé). En face A, leur reprise de These Boots Are Made For Walking, en face B Boy Hero.
Comme je sais que nombre d'entre vous sont TRES amateurs de reprises, prochainement un ou deux bootlegs de sets joués avant l'enregistrement de l'album et composés en grande partie de reprises. Des noms ? Allez, pour vous faire saliver, en vrac Ramones, Alice Cooper, Screamin' Jay Hawkins, Van Morrison.
Si vous cherchez un mot de passe, essayez donc downgrade.
Merci aux visiteurs qui laissent une trace de leur passage.
Till
mardi 26 novembre 2013
Grand Jeu 7 - Thème 5 - Various Artists - Drug Songs [1917-1944]
GRAND JEU DES BLOGUEURS MANGEURS DE DISQUES - SEPTIÈME EDITION
THEME N°5 - SUGAR SUGAR
Une œuvre narcotique, le type de drogue n'a pas d'importance
FLASHBACKS VOLUME 1 : DRUG SONGS 1917-1944 - HIGH AND LOW
Psychotrope hallucinogène peyotl mescaline héroïne chanvre ligne alcool chocolat dexedrine benzédrine amphétamine speed LSD haschich musique cocaïne opium neuroleptique tabac barbiturique cannabis coca psylocybe THC buvard spliff dose fix Grand Jeu codéïne nutella phénobarbital afghan religion laudanum joint méthadone belladone valium télévision pétard sibutramine méthamphétamine colle sexe thiopental pouvoir skuff kétamine khat shit herbe rail chips STP space-cake football neuroleptique antidépresseur ayahuasca café sédatif beuh internet stupéfiant ecstasy GHB jeu mescaline alcaloïde endorphine EPO héroïne pavot absinthe haschich acide éther poppers MDMA......................................................................................................................................................
Cher lecteur, un produit psychotrope redoutable s'est glissé insidieusement dans mon ordonnance. Sauras-tu le retrouver ?
Cher lecteur, un produit psychotrope redoutable s'est glissé insidieusement dans mon ordonnance. Sauras-tu le retrouver ?
01. THE INK SPOTS - That cat is high
02. CHAMPION JACK DUPREE - Junker's blues
03. HARRY "THE HIPSTER" GIBSON - Who put the benzedrine In Mrs. Murphy's Ovaltine
04. BLUE LU BARKER - Don't you make me high
05. KASAS JOE & MEMPHIS MINI - I'm wild about my stuff
06. STRUFF SMITH & HIS ONYX CLUB BOYS - You're a viper
07. MCKINNEY'S COTTON PICKERS - Selling that stuff
08. PETER CLEIGHTON w/ BLIND JOHN DAVIS - Moonshine man blues
09. FLORENCE DESMOND - Cigarettes, Cigars
10. MILLS BLUES RHYTHM BAND - Minnie the Moochers wedding day
11. CAB CALLOWAY - The ghost of Smokey Joe
12. WARING'S PENNSYLVANIANS - Let's have another cup of coffee
13. VICTORIA SPIVEY & LONNIE JOHNSON - Dope head blues
14. ELA FITZGERALD & CHICK WEBB w/ HIS ORCHESTRA - Wacky Dust
15. BUKKA WHITE - Fixin' To Die Blues
16. MEMPHIS JUG BAND - Cocaine habit blues
17. BARON LEE & THE BLUE RHYTHM BAND - Refer Man
18. DICK JUSTICE - Cocaine
19. ASA MARTIN - Jake walk papa
20. LOUIS ARMSTRONG - Kickin' the gong around
21. ROSETTA HOWARD & HARLEM HAMFATS - The Candy Man
22. RAY NOBLE & THE NEW MAYFAIR ORCHESTRA - Repeal the blues
23. BENE KRUPA & HIS ORCHESTRA - Feeling high and happy
24. BIG BILL BROONZY & JEAN BRADY - Knockin' myself out
25. HERBERT PAYNE - Smoke Clouds
02. CHAMPION JACK DUPREE - Junker's blues
03. HARRY "THE HIPSTER" GIBSON - Who put the benzedrine In Mrs. Murphy's Ovaltine
04. BLUE LU BARKER - Don't you make me high
05. KASAS JOE & MEMPHIS MINI - I'm wild about my stuff
06. STRUFF SMITH & HIS ONYX CLUB BOYS - You're a viper
07. MCKINNEY'S COTTON PICKERS - Selling that stuff
08. PETER CLEIGHTON w/ BLIND JOHN DAVIS - Moonshine man blues
09. FLORENCE DESMOND - Cigarettes, Cigars
10. MILLS BLUES RHYTHM BAND - Minnie the Moochers wedding day
11. CAB CALLOWAY - The ghost of Smokey Joe
12. WARING'S PENNSYLVANIANS - Let's have another cup of coffee
13. VICTORIA SPIVEY & LONNIE JOHNSON - Dope head blues
14. ELA FITZGERALD & CHICK WEBB w/ HIS ORCHESTRA - Wacky Dust
15. BUKKA WHITE - Fixin' To Die Blues
16. MEMPHIS JUG BAND - Cocaine habit blues
17. BARON LEE & THE BLUE RHYTHM BAND - Refer Man
18. DICK JUSTICE - Cocaine
19. ASA MARTIN - Jake walk papa
20. LOUIS ARMSTRONG - Kickin' the gong around
21. ROSETTA HOWARD & HARLEM HAMFATS - The Candy Man
22. RAY NOBLE & THE NEW MAYFAIR ORCHESTRA - Repeal the blues
23. BENE KRUPA & HIS ORCHESTRA - Feeling high and happy
24. BIG BILL BROONZY & JEAN BRADY - Knockin' myself out
25. HERBERT PAYNE - Smoke Clouds
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Till
dimanche 24 novembre 2013
Grand Jeu 7 - Thème 4 - Kortatu [1985-1988]
GRAND JEU DES BLOGUEURS MANGEURS DE DISQUES - SEPTIÈME EDITION
THEME N°4 - LIFE ON MARS ?
Une musique d'une autre planète ou presque.
Ils sont là ! Ils sont arrivés. Les aliens. Leur vaisseau a atterri, il est vert, il est rouge, il est blanc. Des mots étranges sont écrits sur la carlingue, une langue inconnue par ici. Les portes de la soucoupe violente se sont ouvertes et ils sont apparus. Ils étaient trois, menaçants, armés, portant des tenues étranges.
Lui il agite les bras dans tous les sens comme si ça pouvait aider à comprendre. Le ton monte, la colère gronde, la voix vocifère. C'est qu'il est en colère le monsieur et pas qu'un peu. Le général Marshall "Napster" Dumber aime être obéi. Il n'aime pas passer pour un imbécile et il a une réputation à défendre. Commandant-En-Chef-Des-Forces-Armées des États-Unis de la Culture Officielle, c'est un job à grosses responsabilités. Alors on aime être obéi.
Gling, gling, tching. Ca c'est le bruit des décorations qui clochettent sur la poitrine de son uniforme quand il agite les bras dans tous les sens. A gauche c'est la DMCA Cross. Là au milieu, regarde, l'insigne de Grand Officier de l'Ordre de la Sacem, ici la Croix d'Honneur de la Bataille d'Hadopi. Et ça, on dirait la MPAA Medal. Et quand il agite les bras ça fait gling gling tching. C'est joli, c'est musical. Normal, c'est un grand ami des Arts le général Marshall "Napster" Dumber.
Ses hommes l'ont surnommé Napster depuis qu'il a réussi à démanteler ce réseau de pirates communistes qui prétendaient partager de la musique sans passer au tiroir-caisse. Grâce à lui le Monde Libre s'en est sorti grandi. Depuis, il est de toutes les batailles pour la cause de la culture officielle. C'est que la vermine attaque inlassablement, sans vergogne, de tous les côtés. Même de l'Espace maintenant.
Là c'est le pompon ! A moins de 20 ans de la retraite c'est la tuile. Marshall "Napster" Dumber ne comprend pas ce qui se passe et ça le fout en rogne. Et quand il est en rogne il agite les bras dans tous les sens. Gling, gling, tching. La tuile. Un vaisseau d'aliens, occupé par des aliens qui prétendent jouer leur musique d'aliens sans être inscrits sur la liste officielle du Gouvernement de la Culture Officielle. Et puis quoi encore ? Est-ce que Céline Dion se permet de donner des concerts dans un champ ou de sortir des disques sur des labels indépendants ?
Les rapports succèdent aux rapports et son aide-de-camp va et vient entre le poste avancé et le QG de campagne. Les rapports : on a pu établir le contact mon Général. Et aussi, on ne comprend pas leur langue mais nos logiciels de traduction s'activent. Qu'est-ce qu'ils veulent ces enfoirés ? fulmine le fulminant général. Les rapports : ils ont dit Kolpes Kolpe. D'après nos hyper-logiciels ça signifie Coup pour coup. Bon sang ils veulent se battre refulmine Marshall. Les rapports : ils ont dit aussi Makurtu Gabe. Ça voudrait dire Sans plier. Des durs, ça va être rude. Mais ils ne sont que trois, on peut les écraser échafaude le général culturel. Les rapports : ils ont dit Ehun Gigen. On pense que ça signifie plus de cent. Ça va être dur mais on les aura clame le Clamant Stratège.
Les aliens ont branché leurs instruments et lancé l'attaque. Ça basse, ça riffe, ça tambourine et ça crie dans une langue inconnue. Ils bougent comme des guerriers. Ils jouent comme des sauvages. Dumber attend son heure, réfléchit, hésite devant l'inconnu. Les super-calculateurs du Monde Libre ont enfin pu retracer la trajectoire du vaisseau spatial et déterminer sa planète d'origine : Euskadi
KORTATU - 1985
01- Don Vito y la revuelta en el frenopático
02-Jimmy Jazz
03- La cultura
04- Nicaragua sandinista
05- Zu atrapatu arte» (Hasta atraparte)
06- Tolosa, iñauteriak
07- Hernani 15/6/84
08- Sospechosos
09- Sarri, Sarri
10- La familia Iskariote
11- Tatuado
12- Mr. Snoid entre sus amigos los humanos
13- Desmond Tutu
14- Mierda de ciudad
15- El último ska de Manolo Rastaman
EL ESTADO DE LAS COSAS - 1986
01- La línea del frente
02- El estado de las cosas
03- Aizkolari
04- Hotel Monbar
05- 9 zulo (9 agujeros)
06- Equilibrio
07- Jaungoikoa eta lege zarra (Dios y ley vieja)
08- Cartel en el casco viejo de Bilbao
09- Nivel 30
10- Esto no es el Oeste, pero aquí también hay tiros (A Billy the Kid)
11- Hay algo aquí que va mal
12- A la calle
13- Desmond dub
KOLPEZ KOLPE - 1988
01- After-Boltxebike (After-Bolchevique)
02- Etxerat!» (¡A casa!)
03- Gernika 37-87
04- Denboraren menpe (Subordinado del tiempo)
05- A.E.K.'ko beteranoak (Los veteranos de A.E.K.)
06- Kolpez kolpe (Golpe a golpe)
07- ker nago (Estoy confundido)
08- Ehun ginen (Éramos cien)
09- Platinozko sudurrak (Narices de platino)
10- Makurtu gabe (Sin rendirse)
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Merci aux visiteurs qui laissent une trace de leur passage.
Till
vendredi 22 novembre 2013
Grand Jeu 7 - Thème 3 - The Residents - Eskimo [1979]
GRAND JEU DES BLOGUEURS MANGEURS DE DISQUES - SEPTIÈME EDITION
THEME N°3 - MUSIC FROM THE NORTH COUNTRY
Un seul mot d'ordre : Nordique !
Il fait encore nuit quand Aponi sort de la maison en bois. Évidemment, en cette saison il fait nuit toute la journée donc ça ne nous renseigne pas sur l'heure. Mais traditionnellement Aponi se lève à l'heure du lever. La vie est ainsi réglée dans le village. Pas de soleil, pas de coq. Aponi ne sait pas ce qu'est un coq, ça ne pousse pas par chez elle. Aponi se réveille tous les matins avec un radio-réveil électrique. Et quand elle sort de la maison en bois il fait encore nuit. Normal.
Grand-Père Amarok lui a souvent raconté l'époque où la tribu habitait dans des maisons faites de blocs de glace. Des igloos il appelait ça. Grand-Père Amarok et ses histoires...Des igloos, pas de radio-réveil, pas de lumière quand il fait nuit dehors. En sortant Aponi trouve la température plutôt clémente pour la saison. Le thermomètre publicitaire accroché à côté de la porte lui confirme aussitôt : -30°, Aponi est habituée à moins.
Les hommes sont déjà regroupés au centre du village, prêts à partir à la chasse. Aponi ne part avec eux. Aponi n'a que 12 ans. Et les hommes n'emmènent jamais les filles à la chasse. Les armes sont prêtes, elles brilleraient s'il y avait du soleil, mais là dans la nuit elles sont grises. Gris les quelques harpons à l'ancienne. Rares. Gris les fusils modernes. Nombreux. Les hommes sont regroupés et on entend les pétarades des moteurs. Les scooters des neiges rutilent dans l'obscurité, crachent leur fumée grise et attendent.
Grand-Père Amarok lui a souvent raconté des histoires de chasse au morse. Les aboiements des chiens de traineau au petit matin, les hommes qui les attèlent, les femmes qui affutent les pointes des harpons. Grand-Père Amarok et ses histoires...Tout le monde participait aux préparatifs, femmes et enfants attendaient avec impatience le retour des hommes. Le soir tout le village se réunissait pour la Grande Fête. Là les hommes attendent le signal du départ. Dans l'obscurité du petit matin ils sont étrangement illuminés par intermittence. Les lumières clignotantes bleues et rouges d'un panneau publicitaire jettent un éclairage surréaliste sur le groupe de chasseurs. Coca-Cola. C'est Picadilly Circus sur la banquise, Time Square On Ice.
Aponi suit du regard les 23 skidoo(*) qui quittent le village et s'éloignent dans le vacarme des moteurs Arctic Cat. Aponi se dirige vers l'enclos où les quelques Huskys que possède encore le village aboient au passage des scooters. Sûrement une forme de ressentiment envers ces engins qui les ont remplacés. Aponi nourrit les chiens, c'est son rôle, elle prend le temps de les caresser et retourne chez elle. Aponi aimerait bien allumer la boîte à images qui trône dans la grande pièce. Mais la boîte à images est réservée pour le soir, c'est le deal avec ses parents. En bonne Inuite bien élevée, elle s'acquitte de ses tâches ménagères pendant les deux heures qui la séparent de l'école. Aponi n'a jamais compris ce que sa mère trouvait d'extraordinaire à cet aspirateur électrique. Même si Grand-Père Amarok et ses histoires...
Encore une journée passée à apprendre maths, sciences et langue inouite. Géographie. L'imagination d'Aponi décolle en flèche quand elle voit les photos de ces grandes villes d'Amérique du nord ou d'Europe. Décollage immédiat. Vol 666 pour New York City, Los Angeles, Londres, Paris. Aller simple pour Hollywood-sur-Seine. L'esprit d'Aponi s'envole vers des contrées magiques comme dans les histoires de Grand-Père Amarok. Mais dans les histoires de Grand-Père Amarok il n'y avait pas de grandes villes, il n'y avait pas de cinéma. Pas de lumières qui brillent sur tous les immeubles.
Dans les histoires de Grand-Père Amarok il y avait les hommes qui rentraient le soir de la chasse. Il y avait les femmes qui les accueillaient au centre du village. Il y avait la grande veillée et les chants traditionnels pour remercier les esprits d'avoir favoriser la chasse. Ce soir les hommes rentrent en skidoo de la chasse et tout le village se réunit dans la grand salle commune. Pas de chants ce soir. Les villageois se réunissent pour un repas en commun et pour la musique quelqu'un glissera un CD dans le lecteur. Par la fenêtre on voit des lumières bleues et rouges qui clignotent sur la place.
(*) un petit plaisir personnel, je n'ai pas résisté.
01. The walrus hunt
02. Birth
03. Arctic hysteria
04. The angry angakok
05. A spirit steals a child
06. The festival of death
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Till
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