vendredi 24 janvier 2014

Mark Mulcahy - Dear Mark J. Mulcahy, I Love You [2013]


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Une enquête de Glen S. Baster

Juste un petit mot plié dans une enveloppe. Manifestement mon correspondant anonyme tenait à le rester. Étonnant : le type ne voulait pas me voir, pourtant, plutôt que de poster sa lettre, il l'avait glissé sous ma porte. Avec l'adresse sur l'enveloppe : Glen S. Baster, n°2 au fond de l'impasse. L'impasse j'y étais bel et bien et je risquais de ne pas en sortir de sitôt si je n'arrivais pas à donner du sens à ce message.

Bonjour.
C'est un ami qui m'envoie. Alors comme ça il paraît que t'es le meilleur en ville ?
Ca tombe bien, j'ai une mission pour toi, je te préviens c'est pas facile mais la récompense sera à la hauteur de l'enjeu. Voilà, je cherche un bon disque de Sting.
Je sais, tous tes collègues me l'ont dit, ce truc-là personne ne l'a encore jamais croisé mais si t'es vraiment le meilleur c'est le moment de le prouver. Une pleine caisse de Fanta orange pour toi en cas de réussite, ça ne se refuse pas hein ?
Je t'attendrai à l'angle de la 53eme et de la 3eme.
EWG

Un message dans une bouteille ne m'aurait pas rendu plus perplexe. Le ton familier, franchement narquois, le type me provoquait. Dans quel but ? Quelqu'un à qui une de mes enquêtes aurait causé du tort ? Une vengeance alors? Parfois dans le métier de privé il y a des dommages collatéraux, on ne peut pas faire gaffe à tout. Et puis ce rencard étraaaaaaange. La référence aux Ramones ne pouvait pas être un hasard. Bref, tout ça sentait l'arnaque à plein nez et là, même mon flair bidon ne pouvait me tromper.

Clic. Lux interior. Ma petite lumière intérieure venait de s'allumer à la lecture de la signature. Je n'arrivais  pas à toucher le truc, pourtant c'était là, tout près. Concentre-toi. Tu as déjà vu cette signature ?  Concentre-toi mieux. Qui est-ce ? D'où la connais-tu ?

Je repoussai ces réflexions à plus tard, j'avais besoin de m'oxygéner. J'avais besoin de rafraichir mes neurones. J'avais besoin d'air. RES - PI - RER. Ouvre la fenêtre mec et sens les fleurs de pêcher, les lys tigrés et les soucis. Quand j'ai refermé la fenêtre ma décision était prise. Mon client jouait la provoc. Mon client prétendait me faire trouver un bon disque de Sting. Mon client se foutait de ma gueule. Je décidai de mettre la Police dans le coup. J'avais gardé quelques bons contacts chez les cops. New-York City Cops...Toujours utile. Quelques coups de fils rapides et j'allais fouiller dans le stock de disques.

53rd & 3rd, debout dans la rue. Pile à l'heure. Je savais à quoi m'attendre. J'attendais à l'angle, mon single sous le bras. Fallout forcément. Pas besoin de vérifier, je sentais mes potes de la Police tout près. D'un bar voisin on entendait siruper une chanson parlant de Russes qui aimaient leurs enfants. Au carrefour de la 53ème et de la 3ème pas de EWG. Pas de surprise. 53rd & 3rd, tu es celui qu'ils ne chopent jamais hein ? Je savais à quoi m'attendre. Mon type ne m'avait pas cru capable de répondre à sa provoc. Il m'avait guetté au coin de la rue.  Il m'avait aperçu avec mon disque. Il avait filé. Comme une anguille.

Après quelques bières avec mes amis flics je rentrai au bureau. Pas de récompense, pas cette fois. Heureusement j'avais évité un piège grossier tendu par un escroc sans vergogne. La petite lumière intérieure continuait de s'allumer en mode Alerte. Mon sixième sens me disait que je n'étais pas au bout de mes surprises. Bingo ! En ouvrant la porte, un nouveau mot glissé dessous. Même papier, même enveloppe. Avant de l'ouvrir je décidai de me servir un verre de Lagavulin. Souvenir de Mr. X et de son disque de Dee Dee Ramone.

Calé dans ma chaise, les pieds sur le bureau. Phil Marlowe des temps modernes. Nestor Burma de la loooooose. Je déchirai délicatement l'enveloppe et j'étalai la lettre devant moi. Quelques mots tapés à la machine. Alors EWG, plus le cran d'écrire tes courriers à la main ? Si j'aimais les messages mystérieux, là j'étais gâté. Quelques mots tapés à la machine :  
Dear Mark J. Mulcahy, I love you.

La soirée promettait d'être longue. Mon Lagavulin 16 ans d'âge n'allait pas suffire.

01 I Taketh Away
02 Everybody Hustles Leo
03 She Makes the World Turn Backwards
04 Let the Fireflies Fly Away
05 He's a Magnet
06 My Rose Coloured Friend
07 Bailing out on Everything Again
08 Badly Madly
09 Poison Candy Heart
10 The Rabbit
11 Where's the Indifference Now?




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Till

vendredi 3 janvier 2014

[SINGLéS] - Dee Dee Ramone - I Am Seeing U.F.O's [1997]




Une enquête de Glen S. Baster

30 décembre, 19h.
Quand le type est entré j'ai tout de suite flairé la méprise. Erreur de casting. J'ai l'habitude. Sur cinq pékins qui franchissent le seuil de ma porte, quatre se sont trompés d'adresse. De peu faut dire, l'expert-comptable est au 2 bis. On n'a pas idée. Expert-comptable au fond d'une impasse que le soleil a oublié, faut pas avoir besoin de pécher le client. D'ailleurs quatre sur cinq sonnent chez lui après avoir avoir ouvert ma porte. Finalement c'est moi l'erreur de casting, j'aurais dû faire expert-comptable plutôt que détective privé.

Quand j'ai accroché la plaque, je me voyais en plein roman noir. Un verre de whisky, un flingue, des femmes fatales qui tournent autour. Romantisme débile. Cliché à deux balles. Privé, du grand comique. Un boulot à la con ouais. Chiens perdus, adultères, fugues. Le grand frisson. La seule femme fatale c'était sur un disque du Velvet. Jamais eu besoin d'un flingue, jamais eu de flingue. Reste le whisky. Du single malt quand je signe un contrat juteux. Un blend minable du 1er janvier au 31 décembre.

Quand le type est entré, j'ai tout de suite flairé la méprise. Note perso : "Ne plus me fier à mon flair, il est bidon". En bon aiguilleur du ciel je l'ai réorienté sur le 2 bis. "Si vous venez pour faire le bilan de l'année, vous vous êtes trompé de maison. Les bilans c'est la porte à côté". Mais non. Un 30 décembre pluvieux et froid, au fond de mon impasse sombre, ce type venait pour moi. Ce type ne ressemblait à rien. Ce type me ressemblait. "J'ai eu du mal à vous trouver". Normal, le détective c'est moi. Quand même, j'avais soigné l'ambiance. Impasse, pluie, obscurité. La plaque bon marché au-dessus de la vitre sale. Pendant une fraction de seconde j'ai vu Jack Nicholson. Pendant une fraction de seconde j'ai entendu Tom Waits.

Maintenant qu'il m'avait trouvé, mon apprenti-client était bien disposé à me raconter le but de sa visite. Moi j'étais bien disposé à palper un peu d'oseille. Mon cerveau a formé l'image d'une étiquette de single malt écossais. Elle a percuté un panneau "31 décembre". Mes glandes salivaires se sont mises à travailler trèèèèèès vite. J'ai sorti mon mauvais blend hooooors d'âge et servi deux verres. De but en blanc le type a expliqué qu'il était à la recherche d'un disque, un truc rare. Mes oreilles se sont ouvertes en position XXL et mes yeux ont affiché $. Clignotant doré sur fond rouge. Comme une pochette de Nick Cave.

31 décembre, 11h.
Je relisais mes notes au rythme du marteau-piqueur qui scandait les travaux au fond de mon crâne. Difficile de dire ce qui était le pire, la pauvreté de ces fameuses notes ou l'intensité de ma gueule de bois. Pour trouver un disque c'est relativement simple normalement. Mais il faut un minimum d'indices, tout le monde sait ça. Un interprète, un titre, une pochette. De quoi lancer les recherches, faire parler les indics, fouiller dans les fichiers des flics. Il faut des indices, tout le monde sait ça. Pas mon client. Tout en sirotant mon tord-boyaux Mr. X m'avouait ne presque rien savoir de ce disque. Une histoire d'OVNI and that's it. Au quatrième verre il s'est rappelé un jean et des lunettes noires. Quel progrès.

Le quatrième verre c'est celui de la gueule de bois du lendemain. Migraine. Marteau-piqueur. Relis 20 fois les maigres notes. Téléphone. Recherche internet. Migraine. Tournée des indics. Wik, Diseur, Shark, ce ptit salaud de Napster. Marteau-piqueur. Bam bam bam bam bam. Virée dans tous les rades de la ville qui proposent un juke-box. Migraine. Consultation des catalogues des maisons de disques. Migraine. Piratage des bases de données. Sacem, MPAA, DMCA, CIA, FBI, FSB. Migraine. Résultat : des toooooooonnes d'informations. Des milliiiiiiiiiiers de chansons à propos d'OVNI, des wagooooooooooons de musiciens en jean et lunettes noires. Résultat : une migraine king-size. Dernier recours : soigner ma gueule de bois. Traiter le mal par le mal. Mauvais blend et musique. S'enfermer au milieu des milliers de disques en cherchant l'illumination. Ecouter, fouiller, retourner, regarder, comparer, écarter, farfouiller, vérifier, revérifier, encore et encore, quitte à y passer la nuit. Jusqu'à l'éclaircie, la lumière, la révélation. L'Illumination au milieu des vinyles et des vapeurs de malt.

1er janvier, 15h.
Impossible de bouger de ce foutu parquet. Les clous traversent mon crâne et me maintiennent au sol. Le roulis me fout la gerbe, la bouteille vide se fout de ma gueule et me chante One bourbon, one scotch, one beer. En boucle.

2 janvier, 9h.
"Monsieur X ? J'ai retrouvé votre disque. Pas facile, mais je l'ai trouvé." Sésame. Dans l'heure qui suivit j'ai vu arriver un chèque accompagné d'un paquet. Lagavulin, 16 ans, Monsieur X sait vivre. Je ne suis pas amateur de bilans, je préfère voir ce que cette nouvelle année propose. Je me sers le premier verre, je monte le son. I am seeing U.F.O's. Elle commence plutôt bien cette nouvelle année. I got a bad horoscope, mais je m'en fous, elle commence plutôt bien.


A. I Am Seeing U.F.O's [Feat. Joey Ramone]
B. Bad Horoscope [Feat. Lux Interior]

Line-up :
Dee Dee Ramone: Guitar
Barbara Ramone: Bass
Daniel Rey: Guitar
Marky Ramone: Drums
Joey Ramone: Lead Vocals (1)
Lux Interior: Lead Vocals (2)

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 Till

jeudi 12 décembre 2013

[Retour de concert] The Ex au Transbordeur - 11 décembre 2013





Préambule : le 11 décembre 2013 au Transbordeur, journée "Le Père Noël et ses rockers", action au profit du secours populaire. Animations pour les enfants l'après-midi avec déjà un set de The Ex, concert le soir. Le billet d'entrée ? Un jouet neuf. Ça m'a coûté 6 pots de peinture au doigt, je ne regrette rien. Non rien de rien. J'espère qu'avec ça je vais susciter une vocation et être à l'origine d'une grande carrière artistique. Petit(e), toi qui récupèreras mon joli cadeau, quand tu seras devenu(e) un(e) peintre renommé(e), souviens-toi que tout ça c'est grâce à The Ex.

Ambule : un mot du groupe qui a ouvert la soirée. Rien A Branler. RAB déboule sur scène avec de l'envie et une belle énergie. Ça fait du bruit, ça donne dans un genre punk/hardcore/métal : pas taper les gars, les étiquettes en vrai j'en ai Rien A Branler mais si je veux bosser un jour chez Rock&Folk il faut bien que je m'y mette. Bref, on sent le plaisir d'être là, l'envie de s'éclater et suffisamment d'autodérision pour me faire bouger les jambes. Et puis, je vous le dis tout net : jouer du hardcore avec des chemisettes à carreaux c'est la classe absolue, j'applaudis. C'était presque trop court mais il suffit de jeter un œil aux flyers qui tournent ici et là pour voir que du RAB y en a régulièrement en concert. Juste un truc les mecs : arrêtez avec ces effets stroboscopiques, à mon âge c'est mauvais. Vous me décollez la rétine, on va encore creuser le trou de la Sécu.

Ambule (suite) : j'ai eu plus de mal avec le deuxième groupe. Doberman Crew. Je ne dois pas être loin de la vérité si j'appelle ça du métal-fusion. Ah oui, ça existe encore ce genre. Désolé les gars mais même quand j'ai la rage contre la machine je bloque sur ce genre-là. Mais allez, là encore c'est fait avec de l'envie et de l'énergie alors continuez comme ça. Après tout, ça intéresse qui mon opinion ? A part moi ?

Postambule :  Nous y voilà.  Tom Cora avait une bonne excuse pour être absent, Getatchew Mekuria habite trop loin et le Brass Unbound est trop encombrant pour le Club Transbo. Allons-y en petite formation. The Ex c'est plug-and-play, pas de chichi, droit au but. Tout le monde est bien installé, Katherina derrière ses fûts, les autres accrochés à leur manche.

Sous l'effet des quelques bières qui m'ont aidé à patienter j'ai cru pendant quelques instants que la basse d'Andy Moor avait 5 cordes. En fait elle en a 6 comme toute bonne guitare baryton qui se respecte. La guitare de Terrie doit être plus vieille que ma basse et elle a d'évidence beaucoup plus souffert. Normal. Tout le long du set il entretient avec elle des rapports sado-maso, la frappant du poing ou la frottant avec une baguette quand il ne lui tord pas le cou. La peinture est usée, mais elle toujours là. Respect. Ajoutez à ces deux-là, la guitare d'Arnold De Boer dont le manche sert aussi à régler la pédale d'effets et vous aurez un tableau assez précis de l'ambiance.

Plus de basse donc depuis quelques années mais trois guitares depuis l'arrivée d'Arnold. Trois guitares étonnamment complémentaires. Une rythmique ici, un effet par-ci, un solo par-là. Permutez le tout, ça marche aussi. Derrière la caisse, Katherina n'est pas en reste. A la fois concentrée et souriante, Kat c'est la Moe Tucker hollandaise. Elle joue assise mais il lui arrive de faire entendre sa voix. Il arrive aussi que Kat/Moe se lève pour chanter sur le devant de la scène. Trois guitares, plus de batterie, avec The Ex ça marche aussi.

Maybe I Was The Pilot. Terrie joue en transe, se balance d'une jambe sur l'autre. Toute la bande s'amuse bien, visiblement contents d'être là, presque surpris de la farce qui dure depuis 30 ans. C'est communicatif, les 150 personnes qui assistent au concert prennent autant de plaisir. Ça chante, ça hurle, ça danse. Et quand les Ex font mine de quitter la scène c'est l'émeute. Vous déconnez les mecs, c'était beaucoup trop court. Merci beaucoup, vous êtes...très belles. De rien Arnold, c'est vraiment gentil de ta part. Un dernier effort et une apothéose noisy à souhait. La jeunesse sonique faisait du bruit, les anciens n'ont décidément rien à leur envier. C'était le 11 décembre 2013. J'y étais.






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Till

samedi 30 novembre 2013

Grand Jeu 7 - Thème 7 - The A-Lines - You Can Touch [2004]

GRAND JEU DES BLOGUEURS MANGEURS DE DISQUES - SEPTIÈME EDITION
THEME N°7 - FASTER PUSSYCAT, KILL, KILL !
Des filles qui en ont...



Never trust a girl wearing a A-Line dress. Never. Non ne lui faites jamais confiance, vous n'imaginez pas ce qui peut se cacher derrière cette petite robe, sage en apparence. Ne vous laissez pas influencer par ses allures de femme au foyer, vous pourriez finir dans celui de la cheminée. Méfiez-vous de ses airs de mère attentive et d'épouse modèle. ça cache forcément quelque chose. Qui saura jamais ce qui se passe dans la maison de la petite robe rouge ? Le matin les enfants partent à l'école, le gentil mari gagne son bureau au volant de son 4x4 flambant neuf, libérant du coup le garage. Le garage.

Quelle potion a bien pu préparer la dame dans sa robe en A ? Qu'est-ce qui fait que tout à coup Dr Jacqueline se transforme en Misses Wild ? Dès que le garage est vide elle déballe amplis, caisse claire, guitare, basse et micro. Et quand les copines débarquent c'est pas pour une réunion Tupperware. Pas non plus pour se raconter la varicelle du petit dernier. Pas plus pour parler chiffons, même pas pour comparer leurs robes rouges. Non, quand les misses Wild se retrouvent dans le garage, un seul mot d'ordre : rock'n'roll. Deux ou trois cafés serrés pour démarrer. Quelques bières pour les faire passer et en avant le riff qui défonce, la basse qui ronfle et les tambours qui claquent. Les gosses à la cantine, les maris au boulot. Lâchez les fauves.

Et les fauves ça rugit un rock'n'roll qui ferait passer le plus lourdingue des rockers machos pour un gentil présentateur de télé-achat. Sourire émail diamant et costume ringard. Les fauves donneraient à des rockeuses en pantalon cuir des airs de novices au couvent Sainte-Suzi-Quatro-Et-Pat-Benatar. Enterrées les provocs de Juliette Lewis, oubliées les tigresses et les rockeuses de diamant. Today it's only rock'n'roll. Et on aime ça. Les enragées n'inventent rien, elles ont bien raison. Le garage résonne, les murs tremblent, le gentil mari aura des vitres à changer ce soir.

Ce soir. Pas sûr que la marmite aura chauffé quand les gosses rentreront de l'école. Monte faire tes devoirs, maman joue de la musique avec ses copines. Plus de télé, désolée je l'ai fracassée avec ma guitare. Pas grave, it's only rock'n'roll. Ouais, méfiez-vous d'une femme qui porte une robe A-line.



01. Four
02. Nothing Personal
03. Can't Explain
04. Wrong Way Home
05. You Can Touch
06. Nice
07. More Wax Please
08. Sideways
09. Agitated
10. One Day
11. Day One
12. Last One There


Line-up :
Kyra De Coninck : voice
Julie Hamper : guitar
Delia Sparrow : bass
Bongo Debbie : drums


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Till

jeudi 28 novembre 2013

Grand Jeu 7 - Thème 6 - The Boys Next Door - Door, Door [1979]

 GRAND JEU DES BLOGUEURS MANGEURS DE DISQUES - SEPTIÈME EDITION
THEME N°6 - ENCORE UN PEU VERT !
Une première œuvre pas tout à fait mûre.
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 Hey Nicholas, faut qu'on discute tous les deux. Ton histoire de faire de la musique avec des potes, moi je suis tout à fait pour, j'ai même envie de t'encourager. Mais il faut quand même que tu changes quelque chose. Je sais, on est en pleine vague punk, ok tu aimes les Saints. Moi aussi j'aime les Saints, c'est pas la question. Mais regarde la tronche de Chris Bailey, c'est quand même le punk préféré des belles-mères. Il est sympa, il est plein de talent mais si on l'attend pour foutre le feu, les Anglais auront fait la révolution avant les Australiens. Imagine la Queen Elisa sans sa tête. Déjà qu'avec c'est pas folichon.

Donc tes potes et toi va falloir vous sortir les tripes comme on dit dans les bonnes boucheries. Tes potes je les aime bien, vous êtes des bons ptits gars. Ce Mick Harvey tu le gardes, Tracy Pew aussi. Pour tout dire, à mon avis ces deux-là c'est de la mauvaise graine et ça c'est bien. Il en faut. Mais c'est pas assez. Tu vas aller voir un mec qui s'appelle Roland S. Howard, il joue de la guitare, il est bien allumé, il va te trouver un son bien crade. Ambiance noir et glauque. Horreur et putréfaction. Ça sera votre marque de fabrique. Trash-Punk-Blues-Déjanté. On invente le genre.

Et c'est pas tout Nick. Toi aussi tu vas me sortir tout ce que tu as dedans. Inside out. T'as une voix, une vraie, une qu'on reconnait d'emblée, faut que t'en profites. Je veux t'entendre hurler, je veux que tu fasses trembler les murs, je veux que tu fasses péter les vitres. Imagine l'orgasme synchrone de Tank Girl et Booga les soirs de pleine Lune, ça secoue tout l'Outback pendant des plombes. Ça c'est rien à côté de ce que tu vas provoquer si tu t'y mets à fond. Tu vas nous tsunamiter les cotes aussies, un raz-de-marée XXL, les surfeurs bronzés on va les retrouver en backside au milieu du désert, le leash en guirlande autour de la tête. Avec les boules autour du cou ça va être Noël avant l'heure.

Et j'ai pas fini Nicholas. Ton groupe on va lui trouver un autre nom, un truc qui accroche, que dans 30 ans on s'en souviendra encore. Stop les gamins d'à côté, trop gentils. On va trouver mieux. Beaucoup mieux. En attendant vous allez travailler votre son. Dans 15 jours je donne une fête pour mon anniversaire, vous venez jouer et vous foutez le feu. Raconte-moi des histoires de mort, des histoires poisseuses, parle-moi de sous-bois, d'humus, de cadavres en décomposition, de fêtes qui tournent mal. Crache-moi ton blues. Je veux que ce soit ça ma Birthday Party. Tiens d'ailleurs je viens de le trouver le nom de ton groupe.

Et puis voyez large. Prenez le large. Oubliez Melbourne, à vous le monde. Direction Londres. Mieux, direction Berlin. Au pied du mur l'underground est roi, soyez les rois de l'underground. Avec ton talent dans 10 ans tu es connu comme le plus grand song-writer de ta génération. Je te parie qu'en 2013 je viens encore te voir en concert. Ne passe pas à côté de cette chance. Crois-moi ton album il est bien. Mais tu peux faire mieux. Beaucoup mieux.

 Line-up :

Nick Cave - Vocals
Phill Calvert - Drums
Mick Harvey - Guitar (tracks 1-7), Piano (tracks 8-10)
Roland S. Howard - Guitar (tracks 6-10)
Tracy Pew - Bass


01. The Nightwatchman
02. Brave Exhibitions
03. Friends of my World
04. The Voice
05. Roman Roman
06. Somebody's Watching
07. After a Fashion
08. Dive Position
09. I Mistake Myself
10. Shivers

Comme je sais que nombre d'entre vous sont amateurs de reprises, j'en profite pour vous livrer un [SINGLéS], (spéciale dédi à Fracas, grand pourvoyeur de singles du passé). En face A, leur reprise de These Boots Are Made For Walking, en face B Boy Hero.


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Comme je sais que nombre d'entre vous sont TRES amateurs de reprises, prochainement un ou deux bootlegs de sets joués avant l'enregistrement de l'album et composés en grande partie de reprises. Des noms ?  Allez, pour vous faire saliver, en vrac Ramones, Alice Cooper, Screamin' Jay Hawkins, Van Morrison.


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 Till

mardi 26 novembre 2013

Grand Jeu 7 - Thème 5 - Various Artists - Drug Songs [1917-1944]

 GRAND JEU DES BLOGUEURS MANGEURS DE DISQUES - SEPTIÈME EDITION
THEME N°5 - SUGAR SUGAR
Une œuvre narcotique, le type de drogue n'a pas d'importance




FLASHBACKS VOLUME 1 : DRUG SONGS 1917-1944 - HIGH AND LOW


Psychotrope hallucinogène peyotl mescaline héroïne chanvre ligne alcool chocolat dexedrine benzédrine amphétamine speed LSD haschich musique cocaïne opium neuroleptique tabac barbiturique cannabis coca psylocybe THC buvard spliff dose fix Grand Jeu codéïne nutella phénobarbital afghan religion laudanum joint méthadone belladone valium télévision pétard sibutramine méthamphétamine colle sexe thiopental pouvoir skuff kétamine khat shit herbe rail chips STP space-cake football neuroleptique antidépresseur ayahuasca café sédatif beuh internet stupéfiant ecstasy GHB jeu mescaline alcaloïde endorphine EPO héroïne pavot absinthe haschich acide éther poppers MDMA......................................................................................................................................................

Cher lecteur, un produit psychotrope redoutable s'est glissé insidieusement dans mon ordonnance. Sauras-tu le retrouver ?


01. THE INK SPOTS - That cat is high
02. CHAMPION JACK DUPREE - Junker's blues
03. HARRY "THE HIPSTER" GIBSON - Who put the benzedrine In Mrs. Murphy's Ovaltine
04. BLUE LU BARKER - Don't you make me high
05. KASAS JOE & MEMPHIS MINI - I'm wild about my stuff
06. STRUFF SMITH & HIS ONYX CLUB BOYS - You're a viper
07. MCKINNEY'S COTTON PICKERS - Selling that stuff
08. PETER CLEIGHTON w/ BLIND JOHN DAVIS - Moonshine man blues
09. FLORENCE DESMOND - Cigarettes, Cigars
10. MILLS BLUES RHYTHM BAND - Minnie the Moochers wedding day
11. CAB CALLOWAY - The ghost of Smokey Joe
12. WARING'S PENNSYLVANIANS - Let's have another cup of coffee
13. VICTORIA SPIVEY & LONNIE JOHNSON - Dope head blues
14. ELA FITZGERALD & CHICK WEBB w/ HIS ORCHESTRA - Wacky Dust
15. BUKKA WHITE - Fixin' To Die Blues
16. MEMPHIS JUG BAND - Cocaine habit blues
17. BARON LEE & THE BLUE RHYTHM BAND - Refer Man
18. DICK JUSTICE - Cocaine
19. ASA MARTIN - Jake walk papa
20. LOUIS ARMSTRONG - Kickin' the gong around
21. ROSETTA HOWARD & HARLEM HAMFATS - The Candy Man
22. RAY NOBLE & THE NEW MAYFAIR ORCHESTRA - Repeal the blues
23. BENE KRUPA & HIS ORCHESTRA - Feeling high and happy
24. BIG BILL BROONZY & JEAN BRADY - Knockin' myself out
25. HERBERT PAYNE - Smoke Clouds



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Till

dimanche 24 novembre 2013

Grand Jeu 7 - Thème 4 - Kortatu [1985-1988]

 GRAND JEU DES BLOGUEURS MANGEURS DE DISQUES - SEPTIÈME EDITION
THEME N°4 - LIFE ON MARS ?
Une musique d'une autre planète ou presque.
 

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 Ils sont là ! Ils sont arrivés. Les aliens. Leur vaisseau a atterri, il est vert, il est rouge, il est blanc. Des mots étranges sont écrits sur la carlingue, une langue inconnue par ici. Les portes de la soucoupe violente se sont ouvertes et ils sont apparus. Ils étaient trois, menaçants, armés,  portant des tenues étranges.

Lui il agite les bras dans tous les sens comme si ça pouvait aider à comprendre. Le ton monte, la colère gronde, la voix vocifère. C'est qu'il est en colère le monsieur et pas qu'un peu. Le général Marshall "Napster" Dumber aime être obéi. Il n'aime pas passer pour un imbécile et il a une réputation à défendre. Commandant-En-Chef-Des-Forces-Armées des États-Unis de la Culture Officielle, c'est un job à grosses responsabilités. Alors on aime être obéi.

Gling, gling, tching. Ca c'est le bruit des décorations qui clochettent sur la poitrine de son uniforme quand il agite les bras dans tous les sens. A gauche c'est la DMCA Cross. Là au milieu, regarde, l'insigne de Grand Officier de l'Ordre de la Sacem, ici la Croix d'Honneur de la Bataille d'Hadopi. Et ça, on dirait la MPAA Medal. Et quand il agite les bras ça fait gling gling tching. C'est joli, c'est musical. Normal, c'est un grand ami des Arts le général Marshall "Napster" Dumber.

Ses hommes l'ont surnommé Napster depuis qu'il a réussi à démanteler ce réseau de pirates communistes qui prétendaient partager de la musique sans passer au tiroir-caisse. Grâce à lui le Monde Libre s'en est sorti grandi. Depuis, il est de toutes les batailles pour la cause de la culture officielle. C'est que la vermine attaque inlassablement, sans vergogne, de tous les côtés. Même de l'Espace maintenant.

Là c'est le pompon ! A moins de 20 ans de la retraite c'est la tuile. Marshall "Napster" Dumber ne comprend pas ce qui se passe et ça le fout en rogne. Et quand il est en rogne il agite les bras dans tous les sens. Gling, gling, tching. La tuile. Un vaisseau d'aliens, occupé par des aliens qui prétendent jouer leur musique d'aliens sans être inscrits sur la liste officielle du Gouvernement de la Culture Officielle. Et puis quoi encore ? Est-ce que Céline Dion se permet de donner des concerts dans un champ ou de sortir des disques sur des labels indépendants ?

Les rapports succèdent aux rapports et son aide-de-camp va et vient entre le poste avancé et le QG de campagne. Les rapports : on a pu établir le contact mon Général. Et aussi, on ne comprend pas leur langue mais nos logiciels de traduction s'activent. Qu'est-ce qu'ils veulent ces enfoirés ? fulmine le fulminant général. Les rapports : ils ont dit Kolpes Kolpe. D'après nos hyper-logiciels ça signifie Coup pour coup. Bon sang ils veulent se battre refulmine Marshall. Les rapports : ils ont dit aussi Makurtu Gabe. Ça voudrait dire Sans plier. Des durs, ça va être rude. Mais ils ne sont que trois, on peut les écraser échafaude le général culturel. Les rapports : ils ont dit Ehun Gigen. On pense que ça signifie plus de cent. Ça va être dur mais on les aura clame le Clamant Stratège.

Les aliens ont branché leurs instruments et lancé l'attaque. Ça basse, ça riffe, ça tambourine et ça crie dans une langue inconnue. Ils bougent comme des guerriers. Ils jouent comme des sauvages. Dumber attend son heure, réfléchit, hésite devant l'inconnu. Les super-calculateurs du Monde Libre ont enfin pu retracer la trajectoire du vaisseau spatial et déterminer sa planète d'origine : Euskadi


KORTATU - 1985


01- Don Vito y la revuelta en el frenopático
02-Jimmy Jazz
03- La cultura
04- Nicaragua sandinista
05- Zu atrapatu arte» (Hasta atraparte)
06- Tolosa, iñauteriak
07- Hernani 15/6/84
08- Sospechosos
09- Sarri, Sarri
10- La familia Iskariote
11- Tatuado
12- Mr. Snoid entre sus amigos los humanos
13- Desmond Tutu
14- Mierda de ciudad
15- El último ska de Manolo Rastaman

EL ESTADO DE LAS COSAS - 1986

01- La línea del frente
02- El estado de las cosas
03- Aizkolari
04- Hotel Monbar
05- 9 zulo (9 agujeros)
06- Equilibrio
07- Jaungoikoa eta lege zarra (Dios y ley vieja)
08- Cartel en el casco viejo de Bilbao
09- Nivel 30
10- Esto no es el Oeste, pero aquí también hay tiros (A Billy the Kid)
11- Hay algo aquí que va mal
12- A la calle
13- Desmond dub


 KOLPEZ KOLPE - 1988

01- After-Boltxebike (After-Bolchevique)
02- Etxerat!» (¡A casa!)
03- Gernika 37-87
04- Denboraren menpe (Subordinado del tiempo)
05- A.E.K.'ko beteranoak (Los veteranos de A.E.K.)
06- Kolpez kolpe (Golpe a golpe)
07- ker nago (Estoy confundido)
08- Ehun ginen (Éramos cien)
09- Platinozko sudurrak (Narices de platino)
10- Makurtu gabe (Sin rendirse)



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 Till

vendredi 22 novembre 2013

Grand Jeu 7 - Thème 3 - The Residents - Eskimo [1979]

 GRAND JEU DES BLOGUEURS MANGEURS DE DISQUES - SEPTIÈME EDITION
THEME N°3 - MUSIC FROM THE NORTH COUNTRY
Un seul mot d'ordre : Nordique !


Il fait encore nuit quand Aponi sort de la maison en bois. Évidemment, en cette saison il fait nuit toute la journée donc ça ne nous renseigne pas sur l'heure. Mais traditionnellement Aponi se lève à l'heure du lever. La vie est ainsi réglée dans le village. Pas de soleil, pas de coq. Aponi ne sait pas ce qu'est un coq, ça ne pousse pas par chez elle. Aponi se réveille tous les matins avec un radio-réveil électrique. Et quand elle sort de la maison en bois il fait encore nuit. Normal.

Grand-Père Amarok lui a souvent raconté l'époque où la tribu habitait dans des maisons faites de blocs de glace. Des igloos il appelait ça. Grand-Père Amarok et ses histoires...Des igloos, pas de radio-réveil, pas de lumière quand il fait nuit dehors. En sortant Aponi trouve la température plutôt clémente pour la saison. Le thermomètre publicitaire accroché à côté de la porte lui confirme aussitôt : -30°, Aponi est habituée à moins.

Les hommes sont déjà regroupés au centre du village, prêts à partir à la chasse. Aponi ne part avec eux. Aponi n'a que 12 ans. Et les hommes n'emmènent jamais les filles à la chasse. Les armes sont prêtes, elles brilleraient s'il y avait du soleil, mais là dans la nuit elles sont grises. Gris les quelques harpons à l'ancienne. Rares. Gris les fusils modernes. Nombreux. Les hommes sont regroupés et on entend les pétarades des moteurs. Les scooters des neiges rutilent dans l'obscurité, crachent leur fumée grise et attendent.

Grand-Père Amarok lui a souvent raconté des histoires de chasse au morse. Les aboiements des chiens de traineau au petit matin, les hommes qui les attèlent, les femmes qui affutent les pointes des harpons. Grand-Père Amarok et ses histoires...Tout le monde participait aux préparatifs, femmes et enfants attendaient avec impatience le retour des hommes. Le soir tout le village se réunissait pour la Grande Fête. Là les hommes attendent le signal du départ. Dans l'obscurité du petit matin ils sont étrangement illuminés par intermittence. Les lumières clignotantes bleues et rouges d'un panneau publicitaire jettent un éclairage  surréaliste sur le groupe de chasseurs. Coca-Cola. C'est Picadilly Circus sur la banquise, Time Square On Ice.

Aponi suit du regard les 23 skidoo(*) qui quittent le village et s'éloignent dans le vacarme des moteurs Arctic Cat. Aponi se dirige vers l'enclos où les quelques Huskys que possède encore le village aboient au passage des scooters. Sûrement une forme de ressentiment envers ces engins qui les ont remplacés. Aponi nourrit les chiens, c'est son rôle, elle prend le temps de les caresser et retourne chez elle. Aponi aimerait bien allumer la boîte à images qui trône dans la grande pièce. Mais la boîte à images est réservée pour le soir, c'est le deal avec ses parents. En bonne Inuite bien élevée, elle s'acquitte de ses tâches ménagères pendant les deux heures qui la séparent de l'école. Aponi n'a jamais compris ce que sa mère trouvait d'extraordinaire à cet aspirateur électrique. Même si Grand-Père Amarok et ses histoires...

Encore une journée passée à apprendre maths, sciences et langue inouite. Géographie. L'imagination d'Aponi décolle en flèche quand elle voit les photos de ces grandes villes d'Amérique du nord ou d'Europe. Décollage immédiat. Vol 666 pour New York City, Los Angeles, Londres, Paris. Aller simple pour Hollywood-sur-Seine. L'esprit d'Aponi s'envole vers des contrées magiques comme dans les histoires de Grand-Père Amarok. Mais dans les histoires de Grand-Père Amarok il n'y avait pas de grandes villes, il n'y avait pas de cinéma. Pas de lumières qui brillent sur tous les immeubles.

Dans les histoires de Grand-Père Amarok il y avait les hommes qui rentraient le soir de la chasse. Il y avait les femmes qui les accueillaient au centre du village. Il y avait la grande veillée et les chants traditionnels pour remercier les esprits d'avoir favoriser la chasse. Ce soir les hommes rentrent en skidoo de la chasse et tout le village se réunit dans la grand salle commune. Pas de chants ce soir. Les villageois se réunissent pour un repas en commun et pour la musique quelqu'un glissera un CD dans le lecteur. Par la fenêtre on voit des lumières bleues et rouges qui clignotent sur la place.

(*) un petit plaisir personnel, je n'ai pas résisté.

01. The walrus hunt
02. Birth
03. Arctic hysteria
04. The angry angakok
05. A spirit steals a child
06. The festival of death


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Till

mercredi 20 novembre 2013

Grand Jeu 7 - Thème 2 - The Stranglers - Black And White [1978]

 GRAND JEU DES BLOGUEURS MANGEURS DE DISQUES - SEPTIÈME EDITION
THEME N°2 - TEEN TITAN
Un disque usé jusqu'à la corde étant ado !


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BLACK AND WHITE


 Sur la table basse du salon il y a quelques livres qui traînent. Tiens, celui-ci est de Victor Hugo, regarde, celui-là est signé Mishima, et là un autre d'Asimov. Par la fenêtre on perçoit la lumière famélique d'une fin d'après-midi d'hiver. Campagne anglaise. A cette heure, en cette saison, les arbres sont noirs. Les rochers sont noirs. Le sol est noir.

Par la fenêtre, dans la lumière famélique on perçoit les flocons qui tombent paresseusement. Si on s'approche de la fenêtre on s'aperçoit qu'une fine pellicule de neige commence à recouvrir le sol de la campagne anglaise. White on black.

Dans un coin une télé, que personne ne regarde, vomit ses informations en flot continu. Les informations : sur le mode invasion soviétique en Afghanistan. Image de tanks qui déboulent à Kaboul. Drive, drive. Sur la table un des livres est ouvert. Gilliat affronte les éléments, Gilliat se bat contre la pieuvre, Gilliat retourne chez lui mais elle l'a oublié.

Referme Les travailleurs de la mer, écoute dans la pièce à coté, une radio qui chuchote. C'est le seul bruit à des kilomètres à la ronde. A part celui des flocons qui tombent délicatement sur la campagne anglaise. Par la fenêtre on aperçoit les flocons qui tombent. Par la fenêtre on aperçoit une silhouette noire qui marche dans la neige. Black on white.

La radio passe Sinatra. Le ciel passe des nuages. Le temps passe lentement. Nice'n Easy sirupe doucement à travers les ondes alors que la télé chante en silence combats, guerre civile et couvre-feu. Jeté par terre, un journal froissé confirme : combats, guerre civile et couvre-feu. C'est écrit là. Noir sur blanc. C'est sûrement vrai.

Sur la table basse du salon le sang de Mishima coule en noir et blanc, serpente en un réseau de ruisseaux qui s'éloignent et se rejoignent. Le sang de Mishima goutte à goutte sur le journal. Il parle de mort. Il parle de nuit. Il parle de suicide.

Par la fenêtre on aperçoit la nuit qui se mêle à la neige. On aperçoit des traces de pas qui pointillent de noir le tapis blanc. They turn the day into night. Black and white becomes.


01. Tank
02. Nice N' Sleazy
03. Outside Tokyo
04. Sweden (All Quiet On The Eastern Front)
05. Hey! (Rise Of The Robots)
06. Toiler On The Sea
07. Curfew
08. Threatened
09. Do You Wanna
10. Death And Night And Blood
11. In The Shadows
12. Enough Time

Bonus CD :
13.  Mean To Me
14. Walk On By

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Till

lundi 18 novembre 2013

Grand Jeu 7 - Thème 1 - Kid Congo And The Pink Monkey Birds - Gorilla Rose [2010]


 GRAND JEU DES BLOGUEURS MANGEURS DE DISQUES - SEPTIÈME EDITION
THEME N°1 - THE WEAR DON'T MAKE THE MONK !
Pochette hideuse mais disque génial.


https://www12.zippyshare.com/v/nij0mvcu/file.html



UN BON CV C'EST IMPORTANT

Tout le monde le sait, un bon CV c'est le passeport pour la réussite. Ha, ha, ha. Bien sûr dans votre CV vous ne manquerez pas de parler de vos hobbies, passions, passe-temps, distractions, activités en tout genre, ça donnera de vous l'image d'une personne ouverte, sociable, aimant partager, propre à évoluer au sein d'un groupe. Par exemple si vous jouez de la guitare, parlez-en. Mettez en avant votre côté à la fois artiste et technicien. Vous composez et écrivez des chansons ? Encore mieux, parlez de votre talent, parler de votre créativité, parlez de votre imagination. Fascinez les recruteurs avec vos compositions.

Attention toutefois à bien cibler votre public. Si vous êtes guitariste au sein d'un groupe de rock votre profil pourrait ne pas intéresser tous les recruteurs. Il est possible que ça ne vous aide pas à postuler pour la fonction de Directeur de la polyclinique Tamère à Pouale-sur-Le Naîthe. Il n'est pas certain que ça vous permette de décrocher l'emploi dont vous rêvez depuis votre enfance, à la direction du contrôle de la qualité de la chaîne de fabrication des boulons en acier doux destinés à la fixation des roulettes de bacs poubelles spécialisés dans le tri des déchets recyclables à l'exception du verre qui doit être déposé dans les conteneurs dédiés qu'on trouve au coin de la rue, à 50 mètres à droite en sortant. Je ne jurerais pas non plus que votre talent de guitariste rock facilite votre recrutement de responsable du développement du nouvel imachin de la marque Big (Brother) Apple. Donc ciblez votre public.

Mais quels que soient vos hobbies, passions, passe-temps, distractions, activités en tout genres, ils ne sont rien sans une expérience solide. Les diplômes c'est bien, mais soyons clairs, les diplômes on s'en fout un peu. Alors que l'expérience, ah l'expérience...C'est d'ailleurs le conseil que je donne régulièrement à ces jeunes diplômés qui, à 22 ans, tout frais bardés de diplômes rutilants, viennent postuler à un emploi : "Qu'espérez-vous faire sans expérience ? Commencez par travailler dix ans et quand vous aurez acquis ces dix d'expérience alors vous pourrez sereinement chercher du travail."

Donc votre expérience. C'est la clef de votre CV, mettez-la en avant, embellissez sans mentir, forcez le trait sans exagérer. N'hésitez pas à vanter même la plus petite, la plus insignifiante, elle fera peut-être pencher la balance en votre faveur. En un mot, vendez-vous. Par exemple, et pour reprendre l'illustration du guitariste,  supposons que vous soyez un membre fondateur du Gun Club, que vous ayez commencé l'aventure du groupe en 1979 aux côtés de Jeffrey Lee Pierce, que vous ayez joué en première partie de X ou des Blasters. Parlez-en c'est important.

Imaginons que vous ayez quitté le Gun Club en 1980 pour rejoindre les Cramps, que vous ayez côtoyé Lux Interior et Poison Ivy pendant 3 ans, que vous ayez participé à l'enregistrement de l'album Psychedelic Jungle. Parlez-en c'est nécessaire.

Imaginons toujours, que vous ayez quitté les Cramps en 1983 pour réintégrer le Gun Club jusqu'en 1988, que vous ayez enregistré avec le groupe des albums aussi importants que The Las Vegas Story et Mother Juno. Parlez-en c'est indispensable.

Supposons encore qu'en quittant le Gun Club en 1988 vous ayez rejoint les Bad Seeds de Nick Cave, qu'avec eux, avec lui, vous ayez enregistré les albums Tender Prey et The Good Son, joué à Berlin puis à São Paulo, sillonné les scènes du monde entier. Parlez-en c'est primordial.

Supposons toujours qu'après les Bad Seeds vous ayez préféré prêter vos talents de guitariste à des groupes moins connus comme Die Haut, The Divine Horsemen, The Angels Of Light, que ayez ensuite joué en duo avec Sally Novell. Parlez-en, ça peut compter aussi.

Imaginons enfin qu'après vingt ans de travail en groupe, vingt ans de collaborations, vingt ans au service d'un collectif, vous ayez décidé de monter votre propre entreprise. Tout le monde sait qu'il est difficile de trouver le nom de sa société, le nom qui sonne bien, le nom qu'on retient, le nom qui situe tout de suite votre activité. Alors Kid Congo And The Pink Monkey Birds, pourquoi pas ? Ça ou autre chose après tout. L'important c'est surtout ce que votre entreprise propose comme produit, la qualité de votre travail, la créativité, l'innovation.

Mais que vous soyez Directeur de clinique, responsable qualité des boulons, développeur de itrucs en toc ou rock star, gardez en permanence à l'esprit une chose importante : votre CV est la première image qu'un recruteur a de vous. Alors soignez sa présentation, ordonnez-le clairement, hiérarchisez les informations, rendez-le attractif, agréable à lire. Tenez, pour reprendre l'exemple du guitariste : imaginons encore que vous sortiez en 2010 un album qui reçoit les faveurs de la critique, le contenu est bon, percutant, décalé, plein d'humour. Mais comment peut-on publier un aussi bon disque dans une pochette aussi hideuse ?


01. Bo Bo Boogaloo
02. Goldin Browne
03. Bunker Mentality
04. At the Ruin of Others
05. Bubble Trouble
06. Catsuit Fruit
07. Our Other World
08. Hills of Pills
09. Flypaper
10. Injun War Crimes
11. Lord Bloodbathington
12. Lullaby in Paradise
13. Gorilla Rose



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 Till