jeudi 28 février 2013

Juke-Box Mental #17.1 - Le Salon Des Refusés



Le plaisir éprouvé à composer le juke-box mental pour le Club de Jimmy a, malgré tout, laissé de la place à la frustration. Celle de devoir écarter des chansons, des artistes, parce qu'il faut faire des choix drastiques, impitoyables, au nom de la cohérence de l'ensemble, à cause de la limite des 15 titres, parce qu'il y a des règles. Mais les règles n'empêchent pas une séance de rattrapage pour montrer une autre vision de ce qu'aurait pu être ce juke-box mental. Une façon aussi de réparer les injustices de la première compilation.

Alors, comme pour les peintres impressionnistes, exclus du Salon officiel de l'Académie, voici mon Salon des Refusés. :


01. Chanson pour la route : Dropkick Murphys - The Rocky Road To Dublin
Une route caillouteuse et une route très rock que nous proposent Dropkick Murphys, des irlando-américains de Boston, plus électriques que les Pogues, des racines celtes sous amphétamine.

02. Chanson pour la soif : Gogol Bordello - Alcohol
Qui a bu boira ! Ceux-là chantent la fin de soirée alcoolisée, à boire jusqu'à plus soif.

03. Chanson sexy : Willy Deville - Demasiado Corazon
Ah quand Willy envoie les trompettes mexicaines ça me fait des ..., et puis des ...

04. Chanson en colère : Jacques Brel - Au Suivant
Depuis mon enfance le Grand Jacques me transporte. Cette chanson-là m'a toujours filé des frissons. Comme d'habitude avec Brel, ce crescendo dans l'intensité dramatique.

05. Chanson pour le retour d'un ami : The Gun Club - Come Back Jim
Honnêtement ? Je n'ai pas réussi à trouver les paroles pour vérifier mon choix. Mais je suis sûr que ça colle au thème.

06. Chanson pour chialer dans sa bière : David Bowie - Rock 'N' Roll Suicide
La mort de Ziggy, quand même.Mince, ça me rend tout triste.

07. Chanson pour un dimanche pluvieux : Big Audio  Dynamite - Sunday Best
Je refuse de me laisser gagner par l'ambiance d'un dimanche pluvieux. Mick Jones c'est pareil, il enfile ces fringues du dimanche.

08. Chanson hommage : Happy Birthday Elvis
La preuve qu'on peut être marseillais et jouer autre chose que du rap. Et ceux-là n'ont pas oublié leurs racines musicales.

09. Chanson que tu aurais aimé reprendre : Placebo - Every You Every Me
Il y en a plein d'autres que j'aurais aimé reprendre. Etant donné le nombre de fois que j'ai chanté celle-ci ça m'a paru une évidence.

10. Chanson à fumer : The Ruts - Jah War
J'avoue sans honte le détournement. Ce n'est pas une chanson à fumer, plutôt une chanson à fumée. Celle des cocktails molotov, des grenades lacrimo. Celle des bidons d'essence en feu, des voitures cramées. Barricades de fortune, verre brisé, voitures renversées, la police charge. The Ruts chante l'émeute et les combats de rue dans un des plus grands morceaux jamais écrits.

11. Chanson évoquant une fille : Baxter Dury - Isabel
Bon sang ne saurait mentir. Le fils de Ian reprend le flambeau, basse en avant, pour nous raconter l'histoire d'Isabel.  La troublante ressemblance de la voix...

12. Chanson évoquant un lieu : Ramones - Havana Affair
One, Two, Three, Four...Les Ramones nous emmènent à Cuba, la C.I.A suit de près. Baby, make me a loco.

13. Chanson pour un peintre : John Cale - Magritte
Après Picasso, Magritte. Et John Cale présent dans la compilation au même titre que Bowie, deux injustices réparées.

14. Chanson martienne : Alain Bashung - Vénus
Mars ? Bashung m'a toujours emmené bien plus loin...

15. Chanson pour finir une compile en beauté : Serge Gainsbourg - Le Claqueur De Doigts
Juke-box, juke-box, j'suis claqueur de doigts devant les juke-boxes. Tout est dit non ?


01.  Dropkick Murphys - The Rocky Road To Dublin
02. Gogol Bordello - Alcohol
03. Willy Deville - Demasiado Corazon
04. Jacques Brel - Au Suivant
05. The Gun Club - Come Back Jim
06. David Bowie - Rock 'N' Roll Suicide
07. Big Audio  Dynamite - Sunday Best
08. Cowboys From Outerspace - Happy Birthday Elvis
09. Placebo - Every You Every Me
10. The Ruts - Jah War
11. Baxter Dury - Isabel
12. Ramones - Havana Affair
13. John Cale - Magritte
14. Alain Bashung - Vénus
15. Serge Gainsbourg - Le Claqueur De Doigts



Si vous cherchez un mot de passe, essayez donc downgrade.
Merci aux visiteurs qui laissent une trace de leur passage.
Till

dimanche 24 février 2013

James Chance & Les Contortions



 James Chance a la bonne idée de venir faire une petite tournée en Europe.
Le Sonic a la bonne idée de le faire passer sur sa péniche à Lyon le 7 mars 2013.
J'ai la mauvaise idée d'être absent de Lyon à ce moment-là. Too bad.

J'ai bondi de joie quand j'ai reçu la programmation du Sonic la mois dernier. James Chance, éternel sax maniac new-yorkais, embarque sur la péniche. Comme c'est déjà arrivé par le passé, ses Contortions - prononcez Conetorcheuns - devenues depuis Terminal City, ne sont pas du voyage pour cause de restrictions budgétaires. Et comme par le passé elles sont remplacées par Les Contortions - prononcez Contorsions - également connues sous le nom de French Contortions. La rencontre s'était faite par hasard et par nécessité et la mayonnaise avait pris, au point que le concert programmé s'était transformé en mini-tournée. La rencontre se produit à nouveau pour quelques dates en France et - je crois - chez certains voisins européens.

J'ai bondi de joie avant de hurler de déception quelques semaines plus tard quand j'ai réalisé que je serai absent à cette date. Mais si vous avez l'occasion de passer la soirée sur la péniche du Sonic, ne vous privez pas : pour encourager James Chance à revenir nous voir bientôt et pour encourager le Sonic à nous proposer des concerts que personne ne programme ailleurs. Au mois de novembre dernier, Blurt a joué au Sonic devant de 60 personnes et c'était un très bon concert. Merci le Sonic.

Alors n'hésitez pas, allez-y et surtout Contort Yourself.
Et pensez à moi.Quant à moi j'ai décidé de me consoler avec deux lives historiques de James et c'est déjà pas si mal.

Live aux Bains-Douches, mai 1980. Quelques mois après avoir accueilli Joy Division, les Bains-Douches recevaient James Chance & The Contortions. La légende prétend qu'un certain ProjectObject était présent dans l'assistance.



Live in New-York. Fin 1980, début 1981 James et ses Contortions jouent à domicile.



Si vous cherchez un mot de passe, essayez donc downgrade.
Merci aux visiteurs qui laissent une trace de leur passage.

 Till

dimanche 10 février 2013

Manuel Guajiro Mirabal - Buena Vista Social Club Presents





La vieille Chevy Bel Air bleu ciel avance leeeeeentement dans la rue. Ralenti, soleil de plomb, poussière. A cette heure de la journée le soleil tape fort sur La Habana. Très fort. Ombres courtes, palmiers au loin, très loin, tout au bout de la calle.

La vieille Chevy Bel Air bleu ciel se gare leeeeeentement le long du trottoir. Feliz s'en extrait leeeeeentement. Tout compte fait, il fait moins chaud dehors que dedans. La Chevy a tendance à chauffer un peu trop. L'âge sans doute, elle est plus vieille que lui. A l'abri sous son panama couleur crème, Feliz inspecte la rue. Pas grand monde à cette heure-ci. Tu m'étonnes. Le soleil matraque, les chromes impeccables de la Chevy brillent sous la lumière, les façades aux tons pastels, délavés par des années de soleil et d'abandon, s'écaillent comme la peau d'un lépreux. Feliz les remarque à peine, ils les a toujours connues comme ça.

Feliz et son panama abandonnent el coche à son trottoir et traverse la calle de la Libertad. Direction la vieille bodega en face. L'enseigne reste accrochée au mur par une opération divine, mais la peinture a rendu l'âme, on ne lit plus le nom de l'établissement. ¿ Quién le importa ? Feliz s'en fout du nom. En s'approchant Feliz entend des rires et des conversations mais quand il pousse la porte il est accueilli par un silence qui dure, dure, duuuuuuure. Une bonne seconde, le temps que les types qui tapent le carton autour de trois ou quatre tables le dévisagent et reprennent leur partie. Une bonne seconde qui lui permet d'enregistrer la scène et de capter la musique. Dans la même seconde il a repéré la radio d'où la chanson se fraie un chemin malgré le brouhaha.

La radio au-dessus du bar. Impec, Feliz veut boire una cerveza et écouter la musique. Ensemble. Trop tôt pour le rhum, Palma Cristal parfait avec cette chaleur. Tabouret de bar, bière, musique. La sueur colle la chemise à sa peau, au plafond un ventilateur essoufflé brasse péniiiiiiiblement la fumée des cigares. Si péniblement que la fumée a fini par noircir le grand portrait du Lider Maximo qui trône au fond de la salle. ¿ Quién le importa ? Feliz s'en fout de Fidel. Feliz veut boire una cerveza et écouter la musique. Ensemble. Feliz écoute la radio qui passe un morceau de Manuel Guajiro Mirabal.

Et Feliz est heureux. C'est comme ça, il le porte dans son prénom. Il aime la bière fraiche et il aime la musique de Mirabal. Mirabal, comme Compay, comme Eliades, comme Ibrahim, c'est el son cubaño, la musique d'ici. El rincon caliente, ah ah ah le coin chaud, tout à fait de circonstance. Les percus claquent, la trompette de Mirabal titille l'échine. Sensuelle.  Para bailar el montuno. Le montuno, l'hommage à Arsenio Rodriguez. Feliz demande au barman de monter le son. Quelques acclamations montent des tables des joueurs de cartes. Ici tout le monde aime ça. Feliz reprend une bière. Feliz boit leeeeeentement. La bière coule, la musique coule. El reloj de pastora. Les joueurs de cartes reprennent le refrain en chœur. Tu reloj, dame tu reloj de pastora, tu reloj. La trompette vrille, les cuivres se déchaînent. Ambiance.

La vieille Chevy Bel Air bleu ciel attend sagement le long de son trottoir. En fredonnant Feliz reprend le volant et démarre en trombe. Les pneus crissent et couvrent les chants qui montent encore de la vieille bodega. Les pneus crissent, la poussière vole. Le soleil matraque sur La Habana.


01. El Rincon Caliente
02. Para Bailar El Montuno
03. Deuda
04. El Roloj De Pastora
05. Me Bote De Guano
06. Mi Corazon No Tiene Quien Lo Llore
07. Tengo Que Olvidarte
08. Canta Montero
09. Chicarronero
10. Medley
11. Dombe Dombe

Si vous cherchez un mot de passe, essayez donc downgrade.
Merci aux visiteurs qui laissent une trace de leur passage.
Till